L'Avenir Agricole et Rural 26 juillet 2018 à 09h00 | Par Florence PERY

Emploi agricole : les sujets sur la table

Réunie à Strasbourg et Schiltigheim les 28 et 29 juin, la commission nationale emploi de la FNSEA a abordé de nombreux dossiers liés à l’emploi agricole. Son président, Jérôme Volle, explique le rôle de la CNE et les principaux chantiers en cours.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Une trentaine de membres de la CNE ont participé à la réunion décentralisée à Strasbourg. Ils ont été rejoints par les membres de la commission régionale de l’emploi. Au premier rang, Jérôme Volle, Anne Sander et Joseph Lechner, président du Geopa.
Une trentaine de membres de la CNE ont participé à la réunion décentralisée à Strasbourg. Ils ont été rejoints par les membres de la commission régionale de l’emploi. Au premier rang, Jérôme Volle, Anne Sander et Joseph Lechner, président du Geopa. - © D.R. FNSEA

La commission nationale emploi (CNE) de la FNSEA a été mise en place pour représenter les employeurs de la production agricole élargie. Elle se compose d’une soixantaine de membres qui se réunissent huit à neuf fois par an, dont une fois en réunion décentralisée, comme à Strasbourg les 28 et 29 juin derniers. Le premier après-midi, les membres de la CNE et de la CRE Grand Est, son équivalent au plan régional, se sont réunis au Parlement européen, où ils ont pu rencontrer la députée européenne Anne Sander. Le lendemain, ils se retrouvaient à la Chambre d’agriculture d’Alsace, à Schiltigheim, pour continuer leurs travaux.
La CNE travaille sur de nombreux sujets liés à l’emploi en agriculture. Elle porte les propositions de la production agricole face aux organisations syndicales, elle accompagne et défend les employeurs grâce à ses différents services, notamment juridique, et œuvre pour faire changer le cadre réglementaire afin qu’il soit applicable aux très petites entreprises que sont les exploitations agricoles, explique Jérôme Volle, son président. L’emploi agricole au sens strict, ce sont 235 000 permanents et 850 000 emplois saisonniers. Si l’on y ajoute les entreprises du paysage, les Cuma, les entreprises du territoire, la forêt privée, les secteurs du lin et du bois, l’on monte à 315 000 salariés permanents et 1,2 million de contrats saisonniers.

Coût du travail : une priorité

Le coût du travail est l’un des grands dossiers sur lesquels planche la CNE. Il était aussi au cœur des manifestations du mois de juin durant lesquelles les adhérents de la FNSEA et des JA, qui réclamaient la fin des distorsions de concurrence, ont bloqué les dépôts pétroliers dans plusieurs villes de France. Le retrait du CICE à compter de 2019 et la baisse des exonérations sur les travailleurs occasionnels demandeurs d’emploi vont alourdir le coût du travail en agriculture, estime la CNE. « Si on perd ces exonérations, alors que tous les rapports montrent que le coût du travail saisonnier en France est déjà supérieur aux autres pays européens, on va encore perdre en compétitivité par rapport à nos concurrents », explique Jérôme Volle. Ces différentes mesures risquent de peser lourd sur les secteurs qui emploient beaucoup de main-d’œuvre saisonnière, comme la production de fruits et légumes, la CNE n’excluant pas un risque de délocalisation des productions.
La réouverture des discussions à ce sujet au mois de juillet, promise par le ministre de l’Agriculture suite aux manifestations de juin, est un pas dans la bonne direction. Néanmoins, la CNE estime que « la nouvelle exonération ne sera jamais aussi avantageuse » que celles qui précédaient. « On veut un système spécifique pour les travailleurs occasionnels, un mécanisme qui sauve la compétitivité des entreprises », insiste Jérôme Volle.

Deuxième dossier, le travail sur la nouvelle convention collective nationale. L’agriculture est un secteur où, jusqu’à présent, s’appliquaient 141 conventions collectives territoriales et trois conventions collectives nationales. La loi El-Khomri oblige à faire une convention collective nationale unique, assortie d’annexes permettant une prise en compte des spécificités territoriales. « La FNSEA se serait de toute manière attelée à ce chantier car il y a un besoin de structuration au niveau national, mais on ne peut pas tout cadrer à ce niveau-là, il faut qu’il reste quelque chose aux territoires, qui sont source d’innovation », indique le président de la CNE. Le mode de rémunération de certains travaux à la tâche (la cueillette des cerises par exemple) pourrait relever de ces annexes, gérées par les territoires.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 27 juillet 2018.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2509 | août 2018

Dernier numéro
N° 2509 | août 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous