L'Avenir Agricole et Rural 12 février 2009 à 15h44 | Par F.Thevenin

ELEVAGE - PRIM'HOSTEIN : de mieux en mieux, mais de moins en moins...

L'assemblée générale du syndicat de race Prim'holstein a permis de dresser un bilan de race au niveau national et départemental. Au niveau qualitatif, le résultat est plutôt bon alors que quantitativement, les chiffres peuvent apparaître inquiétants.

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Même si le nombre d'éleveurs cotisants est en baisse (128) et en dépit de l'absence de concours départementaux, le résultat financier du syndicat est équilibré et stable.
Même si le nombre d'éleveurs cotisants est en baisse (128) et en dépit de l'absence de concours départementaux, le résultat financier du syndicat est équilibré et stable. - © FREDERIC THEVENIN

En 2007, en France, sur 2,5 millions vaches laitières, les Prim'holsteins étaient 1 746 000 soit une baisse de 77 000 vaches par rapport à l'année précédente (-4,2 %). L'hémorragie est réelle et est essentiellement due à des cessations d'activité.
Toujours en France, côté production, les chiffres sont bien meilleurs puisque le niveau d'étable ne cesse de progresser pour s'établir, en 2007, à 8 823 kg avec un TB à 38,8 et un TP à 31,9. Par contre, l'aspect cellule pénalise toujours la race avec seulement 37 % d'élevages jugés « sains ».
La productivité des départements voisins de la Haute-Marne est similaire et dans la même fourchette. La Meuse est à 8 817 kg ; les Ardennes à 8 259 kg ; l'Yonne à 9 161 kg, la Marne à 9 072 kg et la Mayenne à 9 277 kg tandis que la Haute-Marne est à 8 722 kg pour 19 095 lactations terminées en 2007. Le TB est à 38,9 et le TP à 31,7.

Les chiffres clés

Pour la campagne 2007/2008 et en terme de troupeau ayant plus de 80 % de Prim'holsteins, les résultats font apparaître 311 élevages contrôlés (-15) pour 17 067 vaches laitières soit une hausse de plus de 200. Le nombre de VL par étable est de 54,9 avec une hausse spectaculaire de 3,3 qui a servi à produire le lait demandé par les laiteries. L'effet est immédiat sur les quotas par exploitation qui atteignent une moyenne de 452 000 soit une hausse de 50 000 litres.
Le niveau d'étable moyen de ces 311 troupeaux est de 8 144 kg (+ 10 kg/2 007 et + 700 kg en 10 ans) pour un TB qui est passé de 40,7 en 1999 à 39,2 en 2008 et un TP en dent de scie à 32,2 même si l'amélioration est générale et globale.
Étant donné ces résultats, logiquement, le nombre d'exploitations qui dépassent les 10 000 kg bat des records.

Elles sont 15 avec, dans l'ordre :

1. Gaec du Marais : 11 042
2. Earl de la Grand Cour : 10 612
3. Gaec des Trois Sillons : 10 481
4. Gaec STV : 10 426
5. Earl Derval : 10 401
6. Earl des Touchelles : 10 361
7. Claude Geoffroy : 10 330
8. Earl de Ronceveau : 10 314
9. Gaec de la Coumière : 10 274
10. Earl de la Guicharde : 10 246
11. Gaec du Moulinot : 10 208
12. Gaec de l'Avenir : 10 175
13. Gaec de la Liez : 10 129
14. Gaec de la Roche : 10 076
15. Gaec des Gravières : 10 030

Stratégie de sélection


Ces résultats exceptionnels s'expliquent en grande partie par la sélection pratiquée par les éleveurs. Leur stratégie peut varier entre différentes orientations expliquées par Philippe Gillet, technicien ADCL. Des éleveurs peuvent préférer mettre l'accent sur la productivité avec des niveaux de production de lait élevés qui engendrent ces coûts de production modérés et une productivité de travail forte.
D'autres éleveurs peuvent parier sur une production de vie élevée. Ils parient sur la longévité et une meilleure rentabilité. Enfin, d'autres préfèrent une valeur marchande du produit lait élevé avec des taux au plus haut et des cellules au plus bas.
Parmi ces trois orientations, les éleveurs doivent faire des choix car des caractères s'opposent. Par exemple, il est très difficile de faire du lait en même temps que du TP.
Le choix du lait engendre également souvent une baisse de la fertilité.

En plus, certains caractères sont plus ou moins héritables et donc transmissibles. Les taux, le temps de traite, le lait le sont tandis que le taux de réussite en première insémination ne l'est pas...

Ces différents choix de sélection sont très différents selon les pays. Par exemple, Israël parie à 80 % sur la production, à 20 % sur la santé et la repro et pas du tout sur la durabilité. En fait, une vache ne fait qu'une lactation... Le choix du Danemark est plus équilibré avec 34 % pour la production, 37 % pour la repro et 29 % pour la durabilité. La France est à 50 % pour la production, 42 % pour la longévité et 8 % pour la repro.

Des précautions à prendre


Les techniciens attirent l'attention des éleveurs sur la fertilité qui est en perte de vitesse en France. Entre 1995 et 2003, la chute en première IA est de 10 points ! Les Prim'holsteins sont passées de 63 à 55 %. Les autres races ont suivi la même tendance.
Le conseil général est de ne pas suivre les États-Unis où les Prim'holsteins tombent comme des mouches. Le problème n'est pas la fertilité mais tout simplement la mort des VL. Le taux de mortalité des vaches adultes est de 10 % d'où cette tendance très actuelle qui est de croiser les Prim'holsteins avec des Brunes.
En fait, tout le monde est à la recherche de la vache idéale. Deux types de sélection peuvent intervenir : une vache de concours, plus fragile, avec un profil laitier ou une vache plus résistante en privilégiant des caractères comme les cellules, les mammites, les membres... Cette vache résistante doit se reproduire facilement (index fertilité) et avoir une persistance dans la production. Les éleveurs peuvent également parier sur une autre matière grasse comme les poly insaturés, les omégas ou le CLA. En fait, ces éleveurs doivent accorder moins de poids à l'Inel et davantage au fonctionnel avec de la variabilité

Vers un nouveau concours...


Philippe Drioux, président du Syndicat de Race Prim'holstein, a annoncé l'arrêt définitif du concours Prim'holstein et Brune de Bourmont. En 2008, il avait été annulé faute de « combattants » puisque 20 vaches étaient inscrites alors qu'il en aurait fallu une centaine !


Aujourd'hui, tout s'organise afin qu'une nouvelle manifestation voit le jour. Deux idées se confrontent : un concours à Chaumont, dans les locaux d'Alotis, en novembre, le samedi après-midi suivi d'un repas de fête ou la participation à la Foire de Chaumont qui pourrait être relancée dès cette année.
Dans les deux cas, les organisateurs compteront sur la mobilisation des éleveurs, sur leur énergie et sur leur bonne volonté. D'ailleurs, afin d'améliorer encore le professionnalisme des éleveurs lors de concours, une journée de formation « Concours » va être organisée dans les mois à venir. Les éleveurs apprendront à choisir un animal, à le préparer , à le présenter...

Pour se renseigner et pour s'inscrire, il faut contacter l'ADCL au 03 25 35 03 94.

Palmarès 2008

Meilleures lactations primipares :

1. Tinaoman (Oman Just) du Gaec du Marais : 13 970 kg
2. Vamp (Blitz) du Gaec du Marais : 13 830 kg
3. Vedette (Lheros) du Gaec des Gravières : 13 257 kg

Meilleures lactations multipares :

1. Vamp (Blitz) de la SCL du Flornoy : 16 377 kg
2. Tropique (Meeting) de l'Earl Derval : 15 378 kg
3. Saphos (Julos) du Gaec du Marais : 15 376 kg

Meilleures MSU primipares :

1. Tinaoman (Oman Just) du Gaec du Marais : 963 points
2. Vaquero (Titanic HT) du Gaec du Marais : 892 points
3. Tempoman (Oman Just) du Gaec du Marais : 873 points

Meilleures MSU multipares :

1. Somite (Jorasse) du Gaec du Marais : 1 017 points
2. Royale (Icarios) de l'Earl Derval : 1 007 points
3. Ulk (Lheros) du Gaec du Marais : 996 points

Meilleurs cumuls de lactations :

1. 2444 18 H (Bravo) du Gaec du Finiot : 116 933 kg en 12 lactations
2. Hamitie (Knight) du Gaec du Château : 116 191 kg en 12 lactations
3. Jauge (Hardtac) du Gaec de l'Aujon : 114 996 kg en 10 lactations.

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