L'Avenir Agricole et Rural 19 décembre 2013 à 08h00 | Par D. Coueffé

Elevage - Evolutions contrastées des revenus des éleveurs laitiers en 2013

Malgré la remontée sensible des prix du lait (+ 8 % entre 2012 et 2013), le revenu des ateliers laitiers devrait de nouveau être en baisse en 2013. Les coûts alimentaires sont en nette augmentation en raison de la médiocre qualité des ensilages de maïs 2012, des conditions catastrophiques du pâturage de printemps et du déficit de rendements des ensilages de maïs de cet automne.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
les exploitations laitières diversifiées avec de la viande devraient voir leur revenu se maintenir
les exploitations laitières diversifiées avec de la viande devraient voir leur revenu se maintenir - © Reussir

Dans le même temps, les prix de la viande ont continué leur belle progression depuis 2009. Les cultures de vente sont par contre revenues à un niveau inférieur après les prix records atteints en 2012. Selon les combinaisons de productions sur les exploitations laitières, on constate des évolutions contrastées : les exploitations laitières diversifiées avec de la viande devraient voir leur revenu se maintenir ; celles plus spécialisées devraient voir leur revenu légèrement diminuer. La baisse serait beaucoup plus sensible sur les exploitations combinant du lait et des cultures de vente.

Une année climatique défavorable à la culture du maïs

Le printemps froid et humide s’est traduit par des mises à l’herbe tardives avec des affouragements complémentaires prolongés, voir même des rentrées temporaires à l’étable dues à des excès d’eau dans les parcs. Les ensilages d’herbe ont été récoltés tardivement avec de bons rendements mais de qualité moyenne. De la même manière, les foins ont été tardifs mais avec de bons rendements.

Les maïs ont été semés en mauvaises conditions et de façon très étalée ; parfois ils ont dû être ressemés. Les ensilages ont été tardifs. Les rendements sont de 3 tonnes de MS par hectare en dessous de la moyenne décennale. De nombreux éleveurs ont été contraints d’acheter du maïs sur pied ou d’ensiler des surfaces initialement destinées au grain afin de boucler leur bilan fourrager pour l’hiver. Les bonnes disponibilités de surfaces en maïs grain avec des prix en baisse et des perspectives de récolte difficile en raison d’un manque de maturité ont fait que les éleveurs ont pu accéder éventuellement à des surfaces de maïs supplémentaires.

Après la campagne 2011-2012 qui, en raison du gel, avait conduit à un chamboulement des assolements, l’année 2012-2013 s’accompagne d’un relatif retour à la normale. Seules les surfaces de colza sont en baisse d’environ un tiers en raison de conditions sèches à l’implantation suivies d’un printemps froid et humide qui a conduit nombre d’agriculteurs à retourner certaines parcelles, ressemées ensuite en maïs ou en tournesol. Les rendements des céréales sont conformes à la moyenne décennale à la différence des colzas qui ont été décevants.

Baisse de la collecte laitière sur le premier semestre et redémarrage sur le second

Partout en France, la collecte de lait était en baisse sur le premier semestre. A cela plusieurs raisons :

- ensilage maïs 2012 de mauvaise qualité,

- mauvaises conditions de pâturage au printemps,

- mauvaise ambiance laitière chez les producteurs en attente de signaux positifs de la part de leur laiterie en début d’année.

- des concentrés qui demeurent chers alors qu’il faut en utiliser plus pour compenser la médiocre qualité des ensilages de maïs.

- concurrence des grandes cultures dans nos zones de polyculture élevage.

En réaction, les laiteries ont attribué de fortes allocations laitières dès l’été, parfois sans plafond, mais l’inversion de tendance de la collecte depuis l’été ne suffira sans doute pas à rattraper le retard accumulé depuis le début de l’année.

Des évolutions contrastées selon les systèmes laitiers

Dans nos régions de l’Est de la France la production de lait de vache est souvent associée à la production de viande et aux grandes cultures dans des proportions très variables. On peut résumer la diversité des systèmes laitiers à 3 types d’élevage :

- les exploitations d’élevage mixte lait-viande

- les exploitations laitières spécialisées

- les exploitations de polyculture-élevage.

Que constate-t-on en 2013 (Cf. tableau ci-dessous) ? Le produit brut d’exploitation est en augmentation de 3 à 4 % dans les exploitations à dominante élevage en raison de la hausse des prix du lait et de la viande. Il est en baisse de quelques points dans les exploitations de polyculture élevage du fait de la baisse très sensible des prix des cultures de vente.

Partout les charges opérationnelles sont en nette augmentation du fait du coût alimentaire. Les maïs 2012, de mauvaise qualité, ont entraîné un supplément de complémentation énergétique. La phase de pâturage a été perturbée par les pluies abondantes qui ont conduit les éleveurs à prolonger le rationnement hivernal à base de maïs. Enfin les éleveurs ont souvent dû recourir à des achats de maïs ensilage pour parer au déficit fourrager de l’année.

Le revenu global des exploitations va fortement dépendre de la combinaison et de l’importance relative des productions présentes sur la ferme. Les exploitations laitières spécialisées devraient voir leur revenu baisser de 0 à 5 %.

Celui des éleveurs diversifiés avec de la viande devrait être stable par rapport à 2012. Quant aux polyculteurs éleveurs, leur revenu est attendu en nette baisse (de l’ordre de 20 %). Cependant, grâce à la forte productivité du travail observé dans ces exploitations, les revenus restent malgré tout supérieurs à ceux des exploitations à dominante élevage.

 

L’année 2013 se termine sur un marché du lait porteur. Les spécialistes de l’économie laitière nous annoncent une bonne santé des marchés dopée par la très forte demande mondiale. Celle-ci est de bon augure pour l’année 2014 où les prix devraient se maintenir. Reste à espérer que le climat redevienne plus favorable à la production fourragère qu’il ne l’a été en 2013. L’autonomie fourragère et alimentaire restant la pierre angulaire d’un bon revenu en élevage laitier.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2462 | septembre 2017

Dernier numéro
N° 2462 | septembre 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

>

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui