L'Avenir Agricole et Rural 27 octobre 2011 à 10h16 | Par ESTELLE DAUPHIN

ELEVAGE ALLAITANT - L’EARL Limousin chausse le sabot d’argent

La fédération Bovins Croissance, chargée du contrôle de performance des races allaitantes sur le Gand Est, couvrant 17 départements, a décerné sa plus haute distinction en race limousine à une exploitation nord haut-marnaise.

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Les éleveurs et leur technicien distingués par le Directeur de la Chambre d’Agriculture de Moselle et le Président de la Fédération Bovins Croissance à Metz.
Les éleveurs et leur technicien distingués par le Directeur de la Chambre d’Agriculture de Moselle et le Président de la Fédération Bovins Croissance à Metz. - © ESTELLE DAUPHIN

Historique de l’exploitation

Patrick reprend l’exploitation de ses parents en 1990 avec une quarantaine de vaches et transforme le troupeau laitier en allaitant de race limousine qu’il va chercher en Corrèze, dans le berceau d’une race qui cumule rusticité et qualité neuroleptique de la viande.
Geoffrey Gérard s’associe à Patrick Geoffrin en 2008. Il transforme le quota laitier de la ferme de ses parents en une quinzaine de primes vaches allaitantes.
L’exploitation compte 82 PMTVA pour une soixantaine de vaches allaitantes et 430 ha avec une orientation affirmée vers les cultures de vente dont 330 ha de culture de vente. Elle est implantée sur trois sites ; Rozières, site d’implantation du bâtiment d’élevage, Voillecomte où sont la majorité des pâtures et Montreuil /Thonnance.

Gestion du troupeau

Pas d’ensilage dans le cadre de la démarche qualité Blason Prestige qui valorise une partie du troupeau. L’alimentation du troupeau est composée d’enrubanné, paille-mélasse et un peu de brisure de maïs pour redonner de l’état après vêlage aux femelles de moins de quatre ans. Cette année, en raison des conditions climatiques, les éleveurs ont semé des cultures dérobées qui seront enrubannées. Afin de mieux équilibrer la ration et d’éviter les phénomènes de tri, les éleveurs projettent d’investir dans une mélangeuse.
Les vaches suitées sont séparées en fonction du sexe de leur veau. Les génisses sont gardées pour le renouvellement du troupeau ou vendues suitées et les veaux mâles sont vendus en broutards. Ils bénéficient d’un complément d’aliment à partir de quatre mois. L’engraissement est marginal.
La majorité des pâtures se situant à Voillecomte, le troupeau est renouvelé en totalité par de la monte naturelle. La surveillance prend du temps et les bêtes ne pâturent pas sur place à la belle saison. Cependant, grâce aux liens génétiques entretenus par les achats dans avec les autres élevages limousin, l’EARL Limousin est néanmoins connecté à la race à 59%. Les taureaux figurent au Herd book.

Les éleveurs adhèrent à Bovin Croissance afin de bénéficier d’un avis extérieur sur leur troupeau
Les éleveurs adhèrent à Bovin Croissance afin de bénéficier d’un avis extérieur sur leur troupeau - © AVENIR AGRICOLE

Les bonnes notes du contrôle de performances

L’exploitation a obtenu le sabot d’argent grâce à la forte progression enregistrée en 2011 et à des niveaux supérieurs à la moyenne en capacité de croissance avant sevrage (6 points), en développement musculaire au sevrage (4 points). L’EARL enregistre une bonne productivité avec seulement 4,5% de perte de veaux et un effet élevage sur le poids des veaux à 210 jours de 27 kg supérieur à la moyenne.
Le point faible est l’intervalle vêlage à 413 jours dû à l’épidémie de FCO. Toute une génération de génisses a vu sa croissance bloquée avec des problèmes de fécondité à la clef. Nous nous sommes vus contraints de les vendre en broutardes.
Les éleveurs adhèrent à Bovin Croissance afin de bénéficier d’un avis extérieur sur leur troupeau. Souvent les avis divergent entre des mères jugées en bon état par l’œil de l’éleveur et les vaches productives au regard de l’index, c’est à dire qui produisent un maximum de veaux qui poussent bien.

Le sabot qui ouvre des portes...

Cette distinction encourage les éleveurs, peu habitués à faire «sortir» leurs animaux en concours pour des raisons pratiques ; dernièrement, Geoffrey et Patrick ont participé pour la première fois au concours de Donchery dans les Ardennes avec deux broutards typés viande et ont remporté les premier et deuxième prix.
Le sabot de vente constitue un argument de vente non négligeable dans le cadre d’échanges commerciaux avec d’autres troupeaux, dans un contexte plus favorable sur la viande à partir de cet automne, qui sonne le renouveau pour une filière confrontée à une stagnation des prix depuis dix ans.
Le sabot d’or est remis à l’échelon national au Sommet de l’Elevage à Cournon. Pourquoi pas un sabot de bronze à l’échelon départemental ?

Niveau génétique des vaches du troupeau

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