L'Avenir Agricole et Rural 26 septembre 2008 à 00h00 | Par F.Thevenin

Elevage - Adaptez vos pratiques automnales face à une conjoncture difficile

Suite à l’augmentation des charges de production, quelques éleveurs ont modifié l’orientation et le fonctionnement de leur troupe.

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Dans le cadre du réseau ovin du Grand Est, on a observé des changements de conduite dans les élevages spécialisés en production d’agneaux de bergerie. En effet, les agneaux nés après le 15 février qui habituellement étaient menés en bergerie avec une alimentation essentiellement à base de concentrés, ont été sortis au parc et nourris à l’herbe.A ce jour, au même titre que les systèmes spécialisés d’agneaux d’herbe, la question de la finition des agneaux sevrés se pose.

• La première intervention consiste à vendre les agneaux finis et à trier les autres en fonction du poids et du sexe. Afin d’éviter la multiplication des lots, une solution intermédiaire consiste à n’en réaliser que trois :

* un, regroupant les petits agneaux (mâles et femelles de moins de 25 kg),

* et deux autres lots sexés d’agneaux de plus de 25 kg.

• La deuxième intervention indispensable est le traitement contre les parasites internes (en particulier les strongles, ténias, coccidies,…). Pour le choix du produit à utiliser et les doses à apporter, contactez votre vétérinaire sanitaire.

Actuellement malgré une baisse du prix de vente des céréales, le marché du concentré reste élevé. Afin de réduire les coûts alimentaires, une optimisation des ressources fourragères à l’automne reste une priorité.

Les agneaux étant rentrés en bergerie pour la finition, que faire de ce stock d’herbe sur pied disponible ?

En système « herbe », on privilégie dans un premier temps les jeunes repousses pour la préparation à la lutte des brebis (flushing). 

L’objectif principal étant de les laisser un maximum de temps sur les pâtures jusqu’à la date de rentrée en bergerie, 3 semaines avant la mise bas sauf conditions climatiques défavorables. Pensez à établir un prévisionnel de pâturage pour permettre de réaliser une mise à l’herbe après l’agnelage dans de bonnes conditions. Pour un bon pâturage hivernal sans concurrencer la campagne fourragère suivante, il faut respecter un chargement de 4 à 5 brebis à l’hectare. Dans le dernier tiers de gestation une complémentation en concentrés au parc est nécessaire à hauteur de 400 à 600 g/brebis en fonction de la note d’état corporel.

En système « bergerie semi-intensif » (12 brebis/hectare) on recherche avant tout une économie de concentrés. Le principal gaspillage est lié à une non - détection des brebis vides. En effet, sans la confirmation de l’état de gestation, la totalité des brebis pleines et vides reçoit la même alimentation (équivalent à 40 kg de concentrés + 100 kg de MS de fourrages de bonne qualité par brebis présente). Afin de résoudre ce problème il est vivement conseillé de faire des échographies, seul diagnostic fiable. Selon le nombre de brebis confirmées vides deux solutions sont envisageables : si ce dernier ne concerne qu’un petit nombre d’individus il est souhaitable de les réformer le plus rapidement possible.

En revanche si le nombre d’individus est important, on peut réaliser un agnelage de repasse. Dans ce dernier cas il est possible d’envisager la production d’agneaux d’herbe, l’itinéraire technique des brebis est alors identique au système « herbe » (mise en lutte fin Octobre). Les brebis valorisent alors l’herbe disponible en arrière-saison.

La conjoncture de ces deux dernières campagnes a obligé les éleveurs à faire preuve de réactivité pour limiter la perte de revenu. En effet, certains exploitants se sont adaptés en produisant une partie d’agneaux d’herbe encouragés par des cours stables et un coût d’alimentation moindre. Cependant cette solution n’est pas transposable dans tous les élevages (pointes de travail, concurrence entre les ateliers, …).

Différentes pistes existent en fonction des systèmes de production. Les réseaux d’élevage se proposent de vous accompagner dans cette réflexion, d’autres conseils de saison vont vous être proposés dans les prochains mois.

 

Amélie DALLEMAGNE CDA 52 Pour le Réseau d’Elevage ovin du Grand Est

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