L'Avenir Agricole et Rural 23 juin 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

EDGARD PISANI, UNE GRANDE FIGURE POLITIQUE, EST DÉCÉDÉ

Inspiré, entreprenant et déterminé, Edgard Pisani a contribué au développement de la Haute-Marne et de l’agriculture française au cours des 30 glorieuses.

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A l’occasion de son baptême officiel en «Pôle d’enseignement agricole public Edgard Pisani», le lycée agricole de Choignes avait organisé un atelier de réflexion où l’éminent serviteur de l’Etat a pu livrer sa réflexion humaniste sur l’avenir de l’agriculture.
A l’occasion de son baptême officiel en «Pôle d’enseignement agricole public Edgard Pisani», le lycée agricole de Choignes avait organisé un atelier de réflexion où l’éminent serviteur de l’Etat a pu livrer sa réflexion humaniste sur l’avenir de l’agriculture. - © AveNIR AGRICOLE

L’ancien ministre de l’Agriculture, Edgard Pisani est décédé à Paris, le 20 juin à l’âge de 97 ans. Né à Tunis le 9 octobre 1918, il participe à la Résistance après des études de droit et de sciences politiques. Interné, il s’évade avant de jouer un rôle important dans la Libération de Paris. Il devient alors le plus jeune sous-préfet de France en 1944, dirige le Cabinet du Préfet de police, puis du ministre de l’Intérieur et enfin du ministre des Armées.

 

Il est ensuite nommé préfet de la Haute-Loire puis de la Haute-Marne entre 1944 et 1954. Il s’engage alors en politique et est élu sénateur de la Haute-Marne en 1954 jusqu’en 1961. C’est là que le Général de Gaulle vient le chercher pour le nommer ministre de l’Agriculture après un débat sur l’agriculture au Sénat où il s’était fait remarquer par Michel Debré, alors Premier ministre, alors qu’il n’était pas un spécialiste du sujet.

 

Reçu par le Général avant de prendre ses fonctions, Edgard Pisani aimait à rappeler les propos que le chef de l’Etat lui avait tenus au cours de ce rendez-vous. «Monsieur Pisani n’oubliez pas que vous êtes le ministre de l’Agriculture, pas des agriculteurs». Ministre de l’Agriculture, il y resta près de cinq ans, jusqu’en 1966, le plus long mandat à ce poste. Mais c’est surtout la politique qu’il mena qui est restée dans l’histoire. Il fut l’artisan avec les Jeunes agriculteurs de l’époque de la formidable modernisation de l’agriculture française.

 

C’est lui qui mit en chantier la loi complémentaire de modernisation en 1962 qui est venue compléter la loi d’orientation agricole adoptée en 1960. Après la mise en œuvre de la politique des structures et la création des Safer et des Groupements fonciers agricoles, la loi complémentaire fut à l’origine des groupements de producteurs et des Comités économiques pour renforcer le pouvoir des agriculteurs vis-à-vis de leur aval.

 

Deux ans plus tard, en 1964, fut votée la loi sur l’économie contractuelle qui jeta les bases des premières interprofessions dans le secteur viticole et dans les fruits et légumes transformés. Ministre de l’Equipement de 1966 à 1967, il démissionne en mai 1967, quand Georges Pompidou, alors Premier ministre, décide de promulguer des ordonnances.

 

Elu député du Maine-et-Loire, il vote en 1968 la motion de censure. Après avoir démissionné, il est battu aux élections suivantes et redevient sénateur de Haute-Marne de 1973 à 1981. C’est à ce moment-là qu’il se rapprocha de la Gauche. En 1981, François Mitterrand le nomme commissaire européen en charge du développement. Il le rappelle en 1984 pour résoudre le problème néocalédonien en tant que Haut-Commissaire pour la Nouvelle-Calédonie puis ministre de la Nouvelle-Calédonie.

 

Une fois la tâche accomplie, il rejoint le cabinet du président de la République en tant que conseiller pour l’Afrique de 1985 à 1992. Il fut également président de l’Institut du monde arabe (1988-1995).

 

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