L'Avenir Agricole et Rural 01 décembre 2016 à 08h00 | Par G. Perrin

Echanger ses parcelles, il y a un site pour ça

Cocorico ! Les Marnais Mickaël Jacquemin et Vincent Barbier ont officiellement lancé le 29 novembre le site web Echangeparcelle.fr, un outil au service des agriculteurs et viticulteurs touchés par la problématique des parcelles éloignées du siège de leur exploitation.

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Mickaël Jacquemin et son associé Vincent Barbier ont lancé Echangeparcelle.fr le 29 novembre.
Mickaël Jacquemin et son associé Vincent Barbier ont lancé Echangeparcelle.fr le 29 novembre. - © G.P.

Mariages, successions, opportunités… Les causes d’acquisition de foncier agricole ne manquent pas. Mais parfois, cela vire au casse-tête, du fait du morcellement du parcellaire. Mickaël Jacquemin et Vincent Barbier, créateurs du site Autoguidage.fr, ont donné naissance à un nouveau service, dont le nom ne laisse pas de place au doute : Echangeparcelle.fr. Cette page a été officiellement lancée le 29 novembre.

Le fonctionnement de ce site est simple. L’agriculteur s’identifie et crée son annonce, géolocalise sa ou ses parcelles considérées comme éloignées (de 0 à 30 km du siège de l’exploitation), et entre leur nom, leur surface et leur catégorie. La base de données calcule optimise ensuite les échanges pour procéder à la mise en relation des agriculteurs. Les propositions peuvent s’opérer «en cascade», entre plus de deux professionnels, ce qu’un cerveau humain peut difficilement accomplir, au contraire d’un algorithme comme celui mis en place sur Echangeparcelle.fr. Enfin, un mail ou un SMS est envoyé entre les différentes parties concernées par un échange potentiel. Le travail de la plateforme s’arrête ici.

Le modèle économique du site repose sur la gratuité pour l’utilisateur, à l’inscription comme à la mise en relation. Car «plus on aura de parcelles, plus on pourra faire de propositions aux agriculteurs», explique Mickaël Jacquemin. Ce sont des «partenaires privilégiés» qui contribuent au financement du site : centres de gestion, experts fonciers, assureurs, ou encore organismes consulaires sont mis en avant lors des échanges entre agrinautes pour «aller plus loin dans le service».

Comme l’explique Mickaël Jacquemin, les raisons qui ont mené à la création d’un tel outil sont multiples. «Je suis concerné par le souci des parcelles éloignées sur mon exploitation. Mon père et moi avons pu conclure des échanges de parcelles longue durée, mais on coince au bout d’un moment par manque de réseau. L’objectif de cette plate-forme est d’éviter les charges de structure (gasoil, temps, usure de matériel…), comme les charges opérationnelles».

Dans les parcelles éloignées, les traitements sont systématisés et la pratique de l’agriculture raisonnée y est limitée. Les assolements y sont également simplifiés : «diversifier les cultures (pommes de terre, betteraves, légumes) permettrait d’améliorer le chiffre d’affaires et d’augmenter la valeur ajoutée, en plus de rapprocher les parcelles des systèmes d’irrigation le cas échéant».

L’intérêt environnemental de l’échange de parcelles côtoie de près le bénéfice économique : «sur ces parcelles fragmentées, on n’est pas très bon dans le domaine environnemental. En matière d’agroécologie, on a tout intérêt à les rapprocher pour diminuer nos IFT, par exemple. Dans les fermes Dephy, on s’est bien rendu compte qu’il était difficile de mettre en application le dispositif Ecophyto 2018…».

Echangeparcelle.fr est donc un outil bien dans son époque, où les internautes – professionnels ou non – partageant un centre d’intérêt, ou tendant vers un objectif commun, sont preneurs de plateformes de mise en relation. AirBNB (logement) ou Uber (transport) en font partie, bien que leur modèle diffère légèrement, notamment par le paiement du service d’une partie à l’autre.

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