L'Avenir Agricole et Rural 11 août 2011 à 17h03 | Par Chambre d'Agriculture

EAU - "Meuse Phyto" suit son cours

Face aux pollutions liées aux pesticides, l'Agence de l'Eau Rhin-Meuse a mis en place un programme de lutte spécifique sur notre département, intitulé "Meuse Phyto", en cours depuis 2007.

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Après la présentation, il y a quinze jours, des actions mises en place pour lutter contre les pollutions diffuses au niveau des Bassins d’Alimentation des Captages, nous allons aujourd’hui nous pencher sur les actions mises en place sur la zone Rhin-Meuse. En effet, sur ce territoire, il n’y a pas de captages prioritaires définis mais il existe une problématique d’eaux de surface au niveau de la rivière Meuse.

Suivi de la qualité de l’eau au niveau de la Meuse à
Bassoncourt et à Goncourt

Sur cette zone, deux points de mesure de la qualité de l’eau sont utilisés depuis 2002 : Bassoncourt et Goncourt. Leur analyse montre une pollution en produits phytosanitaires récurrente : en moyenne, le seuil de 0,5 µg/L (valeur maximale autorisée pour une eau potable concernant l’ensemble des matières actives recherchées) est dépassé 4 mois par an à Bassoncourt, et 7 mois par an à Goncourt, pour plusieurs matières actives. Cela varie selon les conditions climatiques (pluviométrie, température, hygrométrie, etc.) qui elles-mêmes influencent les pratiques des agriculteurs et la vitesse de transfert des produits vers les eaux.

L’étude de ces matières actives a permis de tirer les conclusions suivantes :

==> Les sources de pollutions sont agricoles ET non agricoles. En effet, on retrouve des molécules, comme le Diuron, qui n’ont jamais été utilisées dans le monde agricole sur notre territoire (il était autorisé sur les cultures d’ananas, de bananiers, de cannes à sucre, de lentilles, et dans les vergers), mais qui ont été utilisées par les particuliers ou les collectivités.

==> Certaines molécules sont interdites depuis plusieurs années, mais toujours présentes dans les eaux (cas de l’atrazine par exemple) : elles ont une forte affinité pour les molécules de sol sur lesquelles elles « s’adsorbent » (elles se fixent). Si, des années après, ces particules de sols sont remises en mouvement, par érosion par exemple, et entraînées dans les cours d’eau, on finit par y retrouver la molécule phytosanitaire, qui s’était pourtant bien cachée.

Tout cela traduit donc une forte sensibilité des terrains, à la pollution par ce type de molécule d’une part, et à leur transfert d’autre part.

Une étude lancée en 2007 …

Une étude a été menée en 2007 pour diagnostiquer les pratiques phytosanitaires en place sur la zone, à la demande de l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse. Elle a permis de déterminer quelles étaient les zones les plus prioritaires, c’est-à-dire les zones les plus sensibles au risque de transfert des produits phytosanitaires. Un complément d’enquête a été mené en 2010, pour étudier parcelle par parcelle ces zones. Il a permis de tester les méthodes SIRIS et celle de transfert de pesticides du CORPEP, avant qu’elles ne soient appliquées à tout le Bassin Versant de la Vallée de la Meuse.

… Qui débouche sur un plan d’actions en 2009

Cette étude et son complément nous conduisent aujourd’hui à proposer des actions, correspondant aux caractéristiques relevées sur le terrain (présence de drains sortant directement dans les cours d’eau, largueurs des bandes enherbées présentes, etc.). Ces actions sont regroupées dans un Plan d’Action comportant différents volets.
Le premier volet, intitulé Zone Agricole (ZA) est animé par la Chambre d’Agriculture, dans le cadre d’une convention signée avec l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse.
Le second volet, concernant la   Zone Non Agricole (ZNA) est réalisé par la Fédération REgionale de Défense contre les Organismes Nuisibles de Champagne-Ardenne (FREDON – CA), qui propose aux collectivités d’adhérer à une charte d’entretien des espaces verts « Traitez mieux … Traitez moins... Ne traitez plus chimiquement », des démonstrations de matériel alternatif, des formations d’agents, etc.

Et dans le futur …

Le plan d’action ayant été validé par l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse, il est aujourd’hui en cours d’application. Ainsi, la Chambre d’Agriculture va proposer aux agriculteurs de tout ce territoire des Mesures Agro-Environnementales Territorialisées (des réunions d’information seront organisées pour les présenter) concernant, par exemple, la mise en place de bandes tampons le long des tous les cours d’eau (ceux non concernés par la conditionnalité PAC en sont, de manière générale, encore dépourvus), l’élargissement des bandes tampons déjà existantes (passer de 5 m à 10 ou 20 m), la mise en place de zones d’épuration des eaux de sortie de drain, la conversion ou encore le maintien en agriculture biologique.
Une communication sera effectuée sur les actions, par voie de presse et par l’émission d’un bulletin. Vous pourrez par ailleurs nous rencontrer à la foire de Montigny-le-Roi le 25 septembre, nous y serons à votre disposition pour répondre à vos questions.

Contact à la CHAMBRE D’AGRICULTURE de la Haute-Marne :

Alix Chevrier Tél. : 03 25 87 79 45

Murielle Colas Tél. : 03 25 03 98

Blandine BONNE Tél. : 03 25 35 00 60

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