L'Avenir Agricole et Rural 27 avril 2017 à 08h00 | Par T. Morillon

Du cheval de trait au drone

Metallurgic Park, le musée de la fonderie situé à Dommartin-le-Franc, présente actuellement une exposition retraçant l’histoire et l’évolution du machinisme agricole sur 300 ans. Un moyen de souligner le lien entre agriculture et métallurgie.

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Utility, l’un des premiers tracteurs fabriqués à St Dizier dans les années 50, d’une puissance de 24 CV.
Utility, l’un des premiers tracteurs fabriqués à St Dizier dans les années 50, d’une puissance de 24 CV. - © T.M.

La fonte au service de l’agriculture

La vallée de la Blaise a un riche passé métallurgique, la Haute-Marne était reconnue pour l’excellence de ses forges. Beaucoup d’œuvres d’art en fonte (fontaines, statues…) ont été commandées par différentes villes dans le monde. Mais il n’y pas, que le domaine artistique, l’agriculture étant également une activité très importante dans notre département, il fallait rendre hommage au machinisme agricole. L’ASPM (Association de sauvegarde du patrimoine Métallurgique) propose une exposition « Du cheval de trait au cheval-vapeur », visible jusqu’au 19 novembre : pièces rares, outils fabriqués en Haute-Marne, plaques et affiches publicitaires d’entreprises agricoles locales … Un film documentaire retrace l’évolution du machinisme sur 300 ans, avec l’apparition des rouleaux, des herses, des cultivateurs et des moissonneuses-batteuses. Les visiteurs peuvent voir des catalogues des établissements Ronot et McCormick à Saint-Dizier ou encore Champenois-Delacourt à Roches-sur-Marne.

L’agriculture ne se conçoit pas sans machines agricoles, la métallurgie joue donc un rôle majeur dans l’évolution de l’agriculture. Le XIXe siècle voit se développer des propositions de charrue, plus efficaces que l’araire. Les plus anciennes machines sont le tarare et le semoir. Les premières machines à battre apparaissent vers 1 830. Ce sont les artisans de village, les maréchaux-ferrants, qui développent des outils que des constructeurs mécaniciens vont améliorer. Activés à la force des bras ou par des manèges actionnés par des chevaux, les machines de Millot (Gray, distribué par Blanchard à Joinville), Dupuis (Villiers-aux-Chênes puis Montier-en-Der) commencent à séduire les paysans qui en ont les moyens.


Des machines agricoles complètes

Champenois, les Usines de la Motte, le Clos Mortier… produisent des roues en fer qui équipent la plupart des machines agricoles. Avec Dupuis, Bernet-Charroy (Meuse), Ronot, les usines fabriquent et vendent des machines agricoles complètes : charrues, rouleaux, râteaux-faneurs, moissonneuses, pompes… Champenois élargit sa gamme et propose aussi une offre élargie : ce qui n’est pas fabriqué sur place est distribué. Les catalogues deviennent généralistes et proposent de tout. Des importateurs, des revendeurs, des agents comme Paul à Vitry-le-François sont les relais de proximité vers la clientèle locale. L’usine de la Motte (St Dizier) contribue à faire de la région l’un des principaux centres de fabrication de roues métalliques de la France. Le nord du département devient ainsi un important centre de machinisme agricole : production des machines, sous-traitants, fournisseurs… Les ingrédients de la réussite se mettent en place : des machines simples, adaptées au monde rural d’alors, une image moderne (le métal), une présence qui rassure pour le service après-vente et des noms de produits anglo-saxons (synonyme de progrès agricole).

Les grands noms de la région sont Champenois-Rambeaux & Cie d’une part, et Champenois-Delacourt d’autre part, avant de devenir Les Etablissements Champenois. L’entreprise arrive à proposer tout l’équipement de la ferme, en 1914 elle produit 80 % du matériel agricole français. Champenois renforce le poids de St Dizier avec l’usine du Clos Saint-Jean. D’autres entreprises ont forgé leur réputation à cette époque : Dupuis, Aubry-Borel à Cousances, Leclerc, Robert, Forges de Bienville, Ronot, Bernet-Charoy à Morley, Forges du Perthois, Usines de la Motte… Après 1918, les paysans sont toujours aussi peu réceptifs à la mécanisation de l’agriculture. Ce qui change, c’est le matériel tracté : les moissonneuses, les râteaux-faneurs, les herses… Les appareils sont plus performants, plus complexes, ils ont toujours besoin de roues fabriquées dans la région. Les entreprises investissent et s’adaptent : Ronot abandonne la peinture pour la galvanisation et s’équipe de presses d’emboutissage de plus en plus puissantes.

L’arrivée du tracteur

Dans les années 40, les techniciens préparent une mutation nécessaire : moderniser l’agriculture, mécaniser la production. Cette modernisation proviendra principalement des États-Unis qui choisiront St-Dizier pour implanter une fabrication inédite : les tracteurs de la Compagnie Internationale de Machines Agricoles (CIMA). Le Farmall et sa couleur rouge seront l’emblème de la nouvelle ère agricole. St Dizier va se retrouver au Cœur d’une nouvelle révolution agricole grâce aux tracteurs : 3 000 personnes travaillent à la CIMA.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 28 avril 2017.

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