L'Avenir Agricole et Rural 05 octobre 2017 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

DOSSIER TRACTEURS

Bilan de la confrontation au champ et dans les mêmes conditions, de deux tracteurs de 435 chevaux, l’un doté de pneus arrière, l’autre d’un train de chenilles.

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- © Reussir

La roue ne démérite pas face à la chenille

A l’occasion du Sima 2015, New Holland présentait la gamme T8 Smart Trax, en même temps que la génération Tier 4 final des T8. Dotés de chenilles à la place des roues arrière, les T8 Smart Trax se déclinent en trois modèles de puissances égales aux trois T8 à roues les plus puissants de la gamme. Hybrides entre un chenillard à deux longs trains de chenilles et un tracteur à roues, ces engins se déclinent uniquement en transmission à variation continue AutoCommand. Triangulaires, les deux chenilles se composent d’une grande roue d’entraînement en position centrale haute, de trois barbotins en position centrale basse, et de deux roues tendeuses légèrement surélevées par rapport aux barbotins. Cette construction limite la surface de contact sur la route, donc l’usure, à la bande de roulement sous les trois barbotins et l’augmente au champ : un léger enfoncement du train de chenilles accroît la longueur de portance à la distance entre les deux roues tendeuses, soit 1,80 m. La surface de contact du train arrière monte alors à 2,7 m2, ce qui

« équivaut à un jumelage de pneus Axiobib comme ceux du tracteur à roues testé ici (NDLR : Michelin AxioBib 900/60R42 de 2,15 m de diamètre), affirme Nicolas Morel, chef produit tracteurs New Holland, tout en gardant un gabarit de 3 m de large, contre environ 5 m en jumelage de pneus de 900 mm. »

Le tractoriste positionne le T8 Smart Trax dans une nouvelle catégorie, hybride entre les tracteurs standards à roues et les chenillards (John Deere 8RT et 9 RT, Challenger MT700 et MT800). Comparé aux modèles à roues, le T8 Smart Trax offre une grande surface de contact, donc une meilleure traction et une compaction moindre, tout en restant dans un gabarit maîtrisé. Face aux chenillards, dont la longueur de la bande de roulement varie de 2,50 à 3 m, il se distingue par la possibilité de bloquer le différentiel, par le ripage limité réduisant les dégâts en fourrière, ainsi que par une conduite qui ne dépayse pas par rapport à un tracteur standard. Dotées d’un point de pivot situé sous la roue d’entraînement, les chenilles permettent un bon suivi du sol. Leur châssis en fonte alourdit naturellement le tracteur d’environ 3 t. Le T8.435 Smart Trax à l’essai dépasse les 19 t sur la bascule avec une masse frontale de 1,4 t quand le T8.435 à roues, lesté de 2,5 t de masses de roue à l’arrière dépasse à peine les 17,5 t, lesté de la même masse frontale. Le T8 à chenilles dépasse donc les 45 kg/ch nécessaires à la traction lourde (contre 42 kg/ch pour le T8 à roues), tout en proposant une charge au sol annoncée à seulement 450 g/cm2.

Égalité en conditions sèches au déchaumage

Disposant des mêmes lestages avant, les pneumatiques avant identiques gonflés à la même pression, les deux tracteurs ont été attelés à un déchaumeur Kuhn Cultimer L 6 000 doté de 19 dents travaillant une bande de 5,85 m. Chaque dent est dotée de pointes et de versoirs de 80 mm de largeur. Ces pointes sont renforcées au carbure et demandent un peu plus de capacité de traction que des pointes classiques. Pour comparer le plus justement possible la traction des deux tracteurs, la hauteur des bras de relevage est contrôlée pour qu’elle soit identique, à 55 cm du sol.

Il ressort que pour tous les essais de traction jusqu’à 32 cm, la vitesse théorique annoncée par le tracteur à roues est plus élevée que celle du tracteur à chenilles.

À l’inverse, le taux de patinage est logiquement avantageux pour le tracteur à chenilles : ces deux facteurs expliquent les chronos très proches (différence non significative) entre les deux types de véhicules.

Il ressort que pour tous les essais de traction jusqu’à 32 cm, la vitesse théorique annoncée par le tracteur à roues est plus élevée que celle du tracteur à chenilles. À l’inverse, le taux de patinage est logiquement avantageux pour le tracteur à chenilles : ces deux facteurs expliquent les chronos très proches (différence non significative) entre les deux types de véhicules.

En revanche, la différence est très marquée lorsque l’on durcit à l’extrême les conditions en piochant à 38 cm. La capacité de transmission de la puissance au sol atteint ses limites sur le tracteur à roues, contrairement au SmartTrax : c’est en effet la sécurité des dents de l’outil qui est mise en défaut avec le modèle à chenilles. Rappelons que le Cultimer dispose de 600 kg à la pointe avec la sécurité à double ressort. Les pointes de 80 mm de large ne sont donc pas prévues en conditions normales pour travailler en dessous de 25-30 cm et doivent être remplacées par des versions de 50 mm pour un travail de fissuration plus profond. Si les chenilles constituent un avantage indéniable en termes de patinage et de rendement de traction, leur poids peut être un handicap dans certaines situations. « Ce n’est pas dans ces conditions très sèches que les chenilles se démarquent le plus, analyse Nicolas Morel. S’il vient une pluie pénétrante, le SmartTrax se distinguera davantage. Au contraire, une pluie superficielle met en avant le tracteur à pneus. Enfin, en conditions très humides et peu portantes, le SmartTrax sortira du lot haut la main, en continuant à travailler là où le pneu ne pourra plus. » Néanmoins, dans des conditions sèches comme celles de l’essai, le SmartTrax aurait pu tirer son épingle du jeu en travail du sol profond derrière un déchaumage superficiel.

Vous pourrez retrouver le dossier tracteurs complet dans notre édition du 06 Octobre 2017 avec les nouveautés 2017, la transmission à variation continue.

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