L'Avenir Agricole et Rural 26 avril 2018 à 10h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

DIVERSIFICATION

La Chambre d’Agriculture et le GAB 52 ont organisé une journée sur la conversion en agriculture biologique et la méthanisation le 6 avril à Colombey-les-Choiseul. Après une présentation en salle, le public est allé faire un tour de plaine et découvrir le méthaniseur de l’EARL de Grivée.

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Premier agriculteur haut-marnais à se lancer dans la méthanisation en 2010, Philippe Collin a expliqué son parcours aux 25 agriculteurs présents. Après son installation en 1990 (atelier viande hors sol de 250 vaches + atelier lait avec 75 vaches), il rejoint le réseau FARRE, une association d’agriculteurs cherchant à réduire l’utilisation de produits phytos.

 

En 2006, il veut ramener de la valeur ajoutée sur sa ferme et étudie la possibilité d’avoir un méthaniseur, projet qu’il concrétisera 4 ans plus tard. En 2011, l’EARL de Grivée adhère au réseau Dephy et décide d’arrêter l’atelier laitier 3 ans après. En 2015 commence la conversion en bio et fin 2017 les premières récoltes en agriculture biologique débutent. Mais la conversion s’est faite progressivement : tout d’abord en baissant peu à peu l’IFT (il était de 4,5 en 2009 contre 5,2 en moyenne en Haute-Marne), puis en introduisant le désherbage mécanique.

 

Grande diversité des cultures

La diversité des cultures est très importante, comme en témoigne l’assolement 2018 : blé d’hiver (mélange de 4 variétés), chanvre, colza d’hiver, petit épeautre, maïs grain, lentille, orge d’hiver et de printemps, seigle d’hiver, tournesol… « Il y a des couverts végétaux partout et de moins en moins de protéagineux » explique Philippe Collin qui livre les conclusions de ses essais. « J’ai fait du colza associé, mais j’ai arrêté car le colza étouffe suffisamment les adventices et le digestat du méthaniseur apporte assez d’azote. Le seigle est une culture avec beaucoup d’avantages : étouffant, rustique, avec un bon débouché et qui nécessite peu ou pas de phytos, mais il est difficile de ne pas avoir d’ergot. L’avoine a un bon débouché, mais c’est une culture exigeante en Poids Spécifique ».

 

Adapter son assolement

Pour Philippe Collin, il est difficile d’établir précisément son assolement à l’avance. Il dépend des conditions météo, de l’état des parcelles (salissement), du type de sol et bien sûr des débouchés. Il est aussi tributaire de la manière dont l’agriculteur veut travailler et de la présence ou non d’un atelier élevage sur l’exploitation (fourrage). En agriculture biologique, il faut accepter la présence des adventices et se dire qu’il y en a qui sont plus préjudiciables que d’autres. Certains adventices peuvent même devenir des plantes compagnes : par exemple si le colza pousse au-dessus du mouron, ce dernier fera un tapis de protection.

En AB, il est très important d’avoir son stock de semences car on ne peut pas forcément savoir à l’avance ce que l’on va semer ; de plus les semences bio ont un coût non négligeable. Les dates de semis sont un peu plus tardives, mais il ne faut pas trop les décaler sinon les cultures seront trop faibles en entrée d’hiver. A la ferme de Grivée, le but est d’avoir des sols biens structurés, le labour est donc réalisé au cas par cas. Bien que la conversion en bio soit une histoire de choix et de convictions, Philippe Collin la déconseille « si on a un gros IFT, des problèmes de vulpin et de grosses charges de structures ».

Suite de l'article page 07

Bonne Lecture.

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