A.S. : Benjamin, vous êtes issu d’une famille d’agriculteurs, c’était évident de vous installer sur l’exploitation familiale ? Pourquoi avoir choisi la production d’œufs ?
B.V. : Le GAEC produisait 710 000 l de lait avant mon arrivée, c’était donc déjà une grande exploitation laitière Ayant grandi dans ce milieu, je souhaitais aussi apporter ma part à l’exploitation familiale et mon père, mon oncle comme mon cousin et moi avons préféré nous diversifier pour palier à un avenir incertain de la production laitière. La conjoncture actuelle devient de plus en plus floue et grand nombre de nos collègues cessent leur activité. Il fallait trouver autre chose.
A.S. : Mais comment être arrivé aux poules pondeuses ?
B.V. : Ce choix s’est fait d’un commun accord, au départ, en 2010, nous avions pensé à la volaille de chair. Cependant, aujourd’hui, il n’y a plus aucun abattoir prêt à venir ramasser sur le département et donc à contractualiser avec de nouveaux poulaillers. C’était donc une voie sans issue. Après avoir rencontré M. Lapie de CDPO (Centre de conditionnement et de production d’œufs), nous avons été séduits par cette production et rassurés par le fait qu’elle soit sous contrat. En développant ce nouvel atelier, nous diminuerons peut-être la production de lait une fois que mon père et mon oncle seront à la retraite.
A.S. : Votre bâtiment est assez original. Dites-nous en plus sur cette « volière ».
B.V. : Le bâtiment de 124 mètres sur 13,5 mètres peut accueillir 22 400 poules, soit 18 poules au m² car elles se répartissent aussi dans la hauteur du bâtiment. Ce type de bâtiment est encore très rare en France et c’est le seul pour l’instant dans le département. Il y a deux niveaux de chaînes d’aliment, l’un en dessous des pondoirs, et l’autre au-dessus. Sous chaque chaîne d’aliment, il y a un tapis roulant qui collecte les fientes des poules. Un air chaud soufflé sur le tapis roulant sèche les déjections qui sont récupérées en bout de bâtiment pour être stockées dans un autre local attenant.
A.S. : Combien cela représente-t-il de déchets ?
B.V. : Sur l’année, 300 tonnes. Mais ce qui est intéressant avec le séchage, c’est que les fientes sèches sont sans odeurs et considérées comme du compost. Ce produit à 80 % de matière sèche est très concentré et facile d’utilisation.
A.S. : Vous bénéficierez du label Plein Air, il me semble.
B.V. : Oui, en effet. Le bâtiment est équipé de trappes de sortie pour permettre aux poules d’aller et venir entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment pendant la journée. Il y a près de 9 ha de parcours autour du bâtiment soit 4 m² par poule.
A.S. : Vous ouvrez vos portes le 25 janvier prochain à 14h. Vous espérez donner des idées à de futurs collègues ?
B.V. : C’est vrai que la production d’œufs n’est pas très répandue en Haute-Marne. Mais nous sommes déjà plus d’une demi-douzaine de producteurs et je crois qu’il y a quelques projets bien avancés. En faisant découvrir le bâtiment et le fonctionnement de l’élevage, cela pourra peut-être montrer à nos voisins qu’il s’agit que cette production présente des intérêts. En plus, lors de cette journée, nous pourrons faire entrer les visiteurs dans le bâtiment sans risque car les poules n’arrivent que le 31 janvier. J’espère que cette journée sera instructive pour les personnes qui viendront. Pour enrichir l’après-midi d’une expérience concrète, Rémi et Didier Babouot de Colombey-les-deux-églises, feront part de leurs ressentis et de leurs résultats après une première année d’exploitation.
Aurélie Sence
UNE FILIÈRE PORTEUSE
230 oeufs sont consommés par an par chaque français avec des exigences croissantes de qualité.
Les normes évoluent et les élevages français comme européens devaient être aux normes le 1er janvier 2012. Actuellement 10 % des pondeuses européennes sont détenues dans des poulaillers non conformes.
93 sites français doivent se mettre eux normes avant la fin de ce trimestre sous menace de fermeture. Cette restructuration profite aux centres de collecte qui ont su engager leurs producteurs dans des démarches Qualité.
Rendez-vous donc le mercredi 25 janvier à Oudincourt pour la visite du poulailler en volière du GAEC Saint Charles à 14 h 00.
La visite sera suivie d’échanges avec les fournisseurs de poulettes et d’aliment, le constructeur du bâtiment, la Chambre d’Agriculture et le Conseil Régional, partenaires de cette filière tous réunis à la salle des fêtes d’Oudincourt.
Le GAEC Saint Charles en quelques chiffres :
- 4 associés
- 210 ha dont
120 de céréales
- 850 000 l de quota laitier
- 15 bœufs / an
- un atelier de 22 400 poules pondeuses
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Copyright 2012 -
L'Avenir Agricole et Rural.
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de
droits d'usage,
en accepter et en respecter les dispositions.
Dans la catégorie:
L'actualité de la semaine
|
|
|
|

Xavier Beulin : «l’agriculture n’est pas un problème en France, c’est une solution !»
Goûtez l’Allier, c’est reparti pour deux ans !
VPF : 3 lettres pour des emplois !
Blocages philosophiques au pays des AOP d’Auvergne
Bruno Le Maire solidaire des éleveurs
"Avec la grande distribution, il faut pouvoir aller jusqu’à la rupture"
Prendre en compte le facteur économique des entreprises agricoles
Agriculture et société : JA nourrit la réflexion
« La production de volume B sera bien un acte volontaire »
L’emploi en agriculture, vedette de la 49ème édition
Adopter une stratégie de fertilisation adaptée à l’année
Retour en images sur la visite terrain de Jean-Marc Falcone, nouveau préfet du Tarn