L'Avenir Agricole et Rural 01 février 2018 à 01h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

DIVERSIFICATION pour essaimer des synergies entre agriculture et apiculture

Jeudi 25 janvier, 6 apiculteurs professionnels, exploitant 350 à 2000 ruches, et 4 agriculteurs se sont retrouvés autour d’une table pour réfléchir aux synergies à venir entre leurs deux métiers.

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Une journée riche d’échanges, organisée via VIVEA, dont chacun est reparti heureux de ses découvertes techniques comme humaines.
Une journée riche d’échanges, organisée via VIVEA, dont chacun est reparti heureux de ses découvertes techniques comme humaines. - © CHAMBRE AGRICULTURE

À l’heure de développement de l’agroécologie, alors que l’apiculture haut-marnaise réunit de plus en plus de professionnels, alors que les aléas climatiques se multiplient et alors que le marché du miel est porteur, la Chambre d’agriculture a jugé pertinent de réunir les 2 professions dans une même salle pour que chacune s’exprime sur ses besoins.

Tous, apiculteurs comme agriculteurs, ont joué le jeu activement et les débats furent concluants.

Alexis Ballis, technicien apicole de la Chambre d’agriculture d’Alsace avait fait le déplacement, soulignant non seulement le rôle pollinisateur des abeilles sur certaines cultures mais aussi leur besoin de ressources alimentaires tout au long de l’année...

Il a aussi expliqué quelques-uns de leurs comportements parfois étonnants ainsi leur goût pour les eaux à saveur prononcée, les amène à s’abreuver dans les piscines chlorées, les écoulements de lisier, les fonds de cuves de vidange au risque de s’intoxiquer. Plus étonnant encore, leur quête de pollen peut aussi les entraîner à ramener dans la ruche des substances d’une texture y ressemblant comme de la sciure mais aussi des substances toxiques... A travers cette approche, Alexis Ballis a souhaité sensibiliser aux nombreux dangers qui menacent un rucher, des dangers qui ne sont pas que d’origine agricole.

 

Parcelle de phacélie en fleurs, une interculture très mellifère.
Parcelle de phacélie en fleurs, une interculture très mellifère. - © Christian Gloria

Une continuité des ressources : c’est gagnant, gagnant !

En Haute-Marne où beaucoup de ruchers sont fixes, il est important d’assurer une présence de plantes mellifères à proximité des ruches, idéalement dans un rayon de 1 à 2 km.. et cela du printemps à l’hivernage.

L’agroforesterie, la plantation de haies variées, l’introduction de trèfle blanc dans les mélanges prairiaux, le semis de sarrasin, sous couvert céréalier avant leur moisson, la phacélie, sont autant de cultures favorables aux populations d’abeilles domestiques mais aussi aux divers insectes pollinisateurs...Ce sont donc aussi autant de manières de développer une meilleure productivité des cultures et des ruchers.

Pour vos S.I.E, préférer un mélange mellifère et bien choisir son emplacement contribueront à maintenir la ressource apicole.

 

C’est gagnant gagnant, des ruches en bonne santé au plus près des cultures mellifères c’est 10 à 25 % de rendement en plus ; Et, bien les pratiquer favorisera le développement de l’apiculture sur le territoire haut-marnais et donc la pérennité de nos exploitations apicoles voire des installations de jeunes...

 

Pour ce faire, apiculteurs et agriculteurs ont d’ores et déjà imaginé quelques actions très concrètes à mettre en place dès 2018, des actions dédiées à des publics variés.

Parmi celles-ci, citons une formation des techniciens agricoles à la connaissance des pollinisateurs, notamment de leur biorythme, mais aussi à la connaissance des cultures mellifères et de leurs conditions de miellée selon les variétés, les sols, la météo.

Citons aussi un besoin de renforcement du dialogue avec la fédération des chasseurs pour améliorer les préconisations pour l’implantation de haies et cultures d’intérêt faunistiques.

Citons encore, une spécialisation du conseil aux agriculteurs dans la conduite des cultures mellifères et des mélanges pour les choix variétaux, les dates et conditions de semis et leur aider à adapter leurs pratiques au comportement des abeilles.

Enfin et bien sûr, agriculteurs comme apiculteurs se sont dits intéressés par la mise en place d’une plateforme d’échanges d’informations, voire pourquoi pas à terme  par des contrats de pollination.

LE SAVIEZ - VOUS

1. La présence d’un rucher peut améliorer de 10 % le rendement d’un colza et d’un sarrasin.

2. Une plante mellifère produit du nectar ou du miellat, substances collectées puis transformées en miel par les abeilles.

3. Une abeille butine dans un rayon de 3 à 4 km autour de sa ruche.

4. La fauche d’un ha de prairie peut contenir jusque 1,5 kg d’insectes.

5. 10 000 abeilles pèsent 1 kg.

6. Une plante mellifère ne produit pas toujours la même qualité et la même quantité de nectar selon la nature du sol.

7. La miellée de chaque plante dépend de multiples facteurs :

• le sarrasin par exemple mielle au petit matin , les abeilles peuvent en profiter si elles sortent assez tôt attirées par la rosée et par un rayon de soleil,

• la luzerne est très mellifère uniquement sur les sols calcaires

• Seuls les colza de lignée pure miellent suffisamment pour les abeilles.



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