L'Avenir Agricole et Rural 25 avril 2007 à 00h00 | Par F.Thevenin

DIVERSIFICATION - Cultiver des saules pour produire de la biomasse

Face au développement des énergies renouvelables, les agriculteurs peuvent jouer la carte des Taillis à Très Courtes Rotations (TTCR). Avec le service APVA de la Chambre d’Agriculture, deux expériences sont menées actuellement, l’une Leschères, l’autre à Riaucourt, avec des plantations de saules.

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Impressionnant : une tige de 50 cm mise en terre reprend sans problème.
Impressionnant : une tige de 50 cm mise en terre reprend sans problème. - © FREDERIC THEVENIN
A l’Earl de la Gorge aux Loups, à Riaucourt, Daniel Dugravot exploite des terres en prairies naturelles, sur les rives de la Marne. N’élevant plus d’animaux depuis plusieurs années, leur seule valorisation était, jusqu’à maintenant, le foin. Cette parcelle de 4,5 hectares inonde tous les 4/5 ans et l’érosion doit être maîtrisée.

Du coup, en collaboration avec, d’une part, la Chambre d’Agriculture de Haute-Marne, elle-même en partenariat avec le pôle technologique Champagne-Picardie, et avec, d’autre part, le Réseau Electrique de France qui consacre une partie de son budget au développement économique, Daniel Dugravot décide de se lancer dans un projet de taillis à très courte rotation de saules sur une trentaine d’ares sachant que la future chaufferie collective de Froncles serait intéressée par cette production de biomasse. L’objectif est donc clair : produire des plaquettes de bois.

Adaptations et inconnues

Comme tous les nouveaux essais et les grandes aventures de ce type, le lancement est parfois hésitant et les adaptations sont nécessaires. Pour la plantation des 2 000 saules, la semaine dernière, il a fallu faire preuve d’imagination. La terre était extrêmement sèche et dure. Il a donc fallu avoir recours à une sous-soleuse venue du lycée agricole de Fayl-Billot.
Après le tracé de deux sillons écartés de 75 cm puis de deux autres à 150 cm, puis de deux autres…, la plantation des saules s’effectue, sur les sillons, tous les 50 cm. Impressionnant : les « bâtons » de saules de 50 cm, sans racine, sans feuille, vont « reprendre » sans problème. Seule obligation : orienter les bourgeons vers le ciel ! Ces plants viennent de Fayl-Billot et sont différents du saule pour l’osier.
Fin avril, début mai, d’autres plants doivent venir de Suède et d’Irlande.
En plantant les bâtons, quelques inconnues subsistaient dans l’esprit de l’agriculteur :
    - faut-il arroser pour une bonne reprise ?
    - quel tonnage lors de la récolte ?
    - comment effectuer la récolte ?

Récolte

Dès la première année, il est prévu de couper et broyer les saules de 1,5 m pour faire « trocher » la culture. La véritable récolte s’effectuera au bout trois ans puis tous les deux ou trois ans, durant 20 ans ! Cette récolte pourra se faire avec une ensileuse munie d’un bec adapté, en partenariat avec les Cuma. Autre solution : faucher les saules, ramasser les tiges et les broyer avec la participation de la maison Nicard.
Après la plantation et avant la première récolte, l’agriculteur devra, dès la première année, gérer l’herbe ; d’où l’emploi d’un désherbant foliaire sur les rangs de saule et l’utilisation d’une bâche en géotextile. Sur les bandes d’1,5 m, il est prévu de tondre l’herbe.
La Chambre d’Agriculture a effectué le même type d’essai sur une terre plus « caillouteuse », à Lescchères, chez Christophe Thiéblemont. Débutée le 16 mars, cet essai couvre une vingtaine d’ares et la reprise est impressionnante. La plantation a été réalisée sur une terre superficielle préparée et elle recevra les eaux usées de l’exploitation.
Production

En conditions normales sans irrigation, les TTCR de saules sont récoltés tous les 3 ans. La production obtenue peut atteindre 36 tonnes de matière sèche par hectare, soit une productivité de 12 tonnes de matière sèche par hectare par an. Cette production peut se maintenir pendant 8 rotations de trois ans.
En conditions irriguées, les TTCR de saules se récoltent tous les deux ans et la production obtenue peut atteindre 38 tonnes de matière sèche par hectare soit une productivité de 19 tonnes de matière sèche par hectare et par an.

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