L'Avenir Agricole et Rural 20 août 2015 à 08h00 | Par A. Vanhoorne

Différentes stratégies pour pallier au déficit fourrager

Face à des conditions climatiques particulières, il est nécessaire de faire un état des lieux des besoins et des ressources disponibles afin d’anticiper d’éventuelles adaptations du système fourrager même s’il reste des inconnues sur la situation automnale.

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La sécheresse qui sévit cet été touchera plus fortement les systèmes fourragers.
La sécheresse qui sévit cet été touchera plus fortement les systèmes fourragers. - © Reussir

Adaptation du nombre d’animaux aux ressources fourragères disponibles

En fonction de la trésorerie et de la rentabilité de la production ainsi que des céréales disponibles sur l’exploitation, l’éleveur peut décider d’adapter l’atelier.

a. En production laitière :

La sécheresse qui sévit cet été touchera plus fortement les systèmes fourragers qui reposent prioritairement sur le maïs ensilage pour la production de lait. Par rapport à une année normale, le manque de fourrages sera lié à la quantité de maïs distribuée en supplément en pâture depuis début juillet et à la baisse prévue des rendements en maïs ensilage.

Le plus urgent est de réaliser un bilan fourrager prévisionnel pour établir le déficit annoncé et prendre des mesures correctives. Les récoltes d’herbe au printemps ont été correctes en qualité et en quantité. En fonction des pluies en 2ème quinzaine d’août, il possible d’envisager une bonne repousse d’herbe permettant un pâturage d’automne satisfaisant.

- Pour beaucoup de situations, il s’agit de privilégier la production laitière en transférant les fourrages destinés aux animaux à plus faibles besoins vers les vaches en production (ensilage d’herbe, enrubannage, foin …). Il faudra adapter les rations de tous les lots d’animaux en fonction de leurs besoins de productivité, lait ou viande.

- En fonction de la quantité et de la qualité d’herbe apportée en supplément dans les rations, le niveau de production laitière peut être plus faible. Suivant le prix des correcteurs énergétiques et des opportunités de coproduits à faible coût, un choix devra être fait entre productivité et rentabilité.

- Au vu des prix de vente du lait projetés cet hiver, la réponse sera individualisée en fonction des laiteries et de leurs débouchés (sur le marché mondial ou dans des démarches de qualité). Les exploitations ne sont plus pénalisées par de possibles sous-réalisations, il faudra alors relativiser la perte économique d’une éventuelle baisse des volumes livrés en 2015. La plupart des contrats sont maintenant en année civile, ce qui laisse plus de marge pour assurer les volumes en 2016.

- Comme tous les ans mais plus encore cette année, un tri des animaux à conserver sur les mois à venir devra être effectué. Il faudra dans certains cas, prioriser la productivité laitière et la qualité du lait par rapport au nombre de vaches. En profiter pour assainir le troupeau, éliminer les animaux à problème, ne pas conserver d’animaux improductifs et vendre des animaux à la viande ou en élevage.

- Faire une prévision laitière pour prévoir les ventes possibles, tout en conservant une possibilité de rebondir en 2016.

b. Les vaches allaitantes :

Dans un premier temps, un point précis sur le stade de gestation des vaches et leur état d’engraissement devra être fait pour éliminer les animaux improductifs. Certains bovins peuvent être orientés plus tôt que prévu vers la vente. Il faudra réaliser un diagnostic de gestation. Rentrer les vaches pour les engraisser, dans un second temps, il y a une possibilité de sevrer les veaux un peu plus tôt qu’en année normale.

Les besoins énergétiques d’une vache après sevrage du veau (environ 7,5UFL/jour) sont inférieurs à ceux d’une vache en fin de lactation (environ 9UFL/jour). Il faut saisir cette opportunité en tenant compte de la destination du veau : il est en effet compliqué de démarrer l’engraissement d’un broutard mâle ou l’élevage d’une broutarde de renouvellement à moins de 250 kg vif, l’idéal étant d’atteindre un minimum de 270 kg pour sevrer le veau afin que la phase d’adaptation soit la plus simple possible.

Dans le cas de vêlages précoces d’automne, il ne faut pas pénaliser l’état corporel des vaches. Les besoins énergétiques durant la phase des 2 mois avant vêlage vont augmenter progressivement pour passer de 7,5 à 9,5 UFL / jour au vêlage. Il est important de surveiller la complémentation (énergie et protéines) et l’état d’engraissement de ces vaches en fin de gestation. En cas de déficit trop important, les conséquences sont nombreuses : vigueur du veau et poids à la naissance, fragilité face aux risques sanitaires, retard de croissance mais aussi une gestion compliquée de la reproduction de ces vaches.

L’utilisation de paille alimentaire est la solution en élevage allaitant pour complémenter des animaux au parc. Vous trouverez ci-dessous quelques recommandations.

ACHAT DE MAÏS SUR PIED

Le calcul du prix de vente du maïs ensilage sur pied est établi pour assurer au vendeur le même résultat économique que la vente de maïs grain. Il s’agit pour le vendeur d’évaluer le potentiel de rendement en grain et pour l’éleveur d’estimer la quantité et la qualité du fourrage sur pied. Vu l’hétérogénéité des parcelles, il est essentiel de les découper en zone de potentialité visuelle pour estimer un rendement moyen.

Le prix de vente net vendeur (frais de séchage déduit) est estimé au prix de marché aujourd’hui à 120 Euros/T de grain.

Lors de conditions météo normales, un maïs dont le rendement en grain de 55 q produit environ 10 TMS/ha. Ainsi, ce genre de parcelle pourrait avoir une base de négociation à 660 Ä/ha soit 66 Euros TMS.


Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 21 août 2015.

Attention ! Des maïs atypiques et des parcelles très hétérogènes restent présents dans chacun des secteurs, voir sur chaque exploitation !

N’hésitez pas prendre contact avec vos techniciens pour avis.

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