L'Avenir Agricole et Rural 10 janvier 2019 à 10h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

«Des prix fermes» attendus dans les mois à venir

La production de lait de l’UE, en hausse globale depuis début 2018, a commencé à reculer en octobre et des prix à la ferme élevés sont attendus pour les mois à venir. À l’horizon 2030, l’UE devrait conforter sa place de premier exportateur mondial malgré des coûts de production en moyenne plus élevés que ses principaux concurrents.

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La croissance attendue de la demande mondiale devrait faire grimper les prix du lait.
La croissance attendue de la demande mondiale devrait faire grimper les prix du lait. - © AAR

La situation du marché laitier européen reste relativement équilibrée, avec une croissance raisonnable de la production mondiale, une évolution satisfaisante de la demande et des prix des matières grasses et des protéines qui se rapprochent, résument les experts de l’UE dans leur rapport publié suite à la réunion de l’Observatoire européen du marché laitier du 13 décembre.
La collecte de lait de l’UE a augmenté de 1,2 % en janvier-octobre 2018. Mais elle a commencé à reculer en octobre de 0,4 %, la France, les Pays-Bas, l’Italie et l’Allemagne étant les principaux responsables de cette baisse. Toutefois, dans certains États membres, la production continue de progresser, en particulier en Irlande (+111 000 t, soit +20 % en octobre) et en Pologne (+26 000 t). Sur la période, la production de lait écrémé en poudre est inférieure de 1,5 % à celle de l’an dernier, la production de beurre a augmenté de 1,6 % et celle de fromage de 0,4 %.

Les prix moyens du lait à la ferme dans l’UE s’améliorent depuis cinq mois, atteignant 35,8 cts/kg en octobre soit 3,7 % de plus que la moyenne quinquennale. « Des prix fermes sont attendus pour les mois à venir », prévoient les experts. Les produits laitiers à base de protéines ont connu une « hausse impressionnante en 2018 » : +27 % pour la poudre de lactosérum et +16 % pour la poudre de lait écrémé. Les prix des produits à base de matières grasses se sont également améliorés mais à un rythme moindre (+2 % pour le beurre et la poudre de lait entier).
Les prix du fromage, au contraire, ont généralement légèrement baissé.
Au niveau mondial, la production de lait a augmenté de 1,3 % en janvier-septembre 2018, l’UE fournissant la moitié du lait supplémentaire.

L’UE conforte sa place sur le marché mondial
La Commission européenne a également présenté mi-décembre ses Perspectives agricoles à moyen terme, qui prévoient une augmentation à un rythme modéré de la production laitière dans l’UE de 16 millions de tonnes d’ici 2030, tirée par la demande croissante sur le marché mondial mais aussi la demande des consommateurs pour des produits différenciés (biologiques, sans OGM, à base de pâturages, locaux) et contrainte par les exigences environnementales qui joueront un rôle croissant dans la conception des systèmes de production.
Cette augmentation limitée de la production dans l’UE (+1,3 Mt par an en moyenne) est néanmoins supérieure aux augmentations annuelles prévues en Nouvelle-Zélande (+0,4 Mt) et aux États-Unis (+0,7 Mt), ses principaux concurrents.

La part croissante des «laits végétaux»

Le déclin des ventes au détail de lait de consommation devient structurel dans l’UE, constatent les experts de la Commission européenne dans leurs Perspectives agricoles à l’horizon 2 030. D’ici 2030, la tendance à la baisse de la consommation de lait liquide dans l’UE devrait néanmoins ralentir de moitié par rapport à la dernière décennie, ce qui conduira à une consommation de 49 kg par habitant d’ici 2 030 contre 58 kg en 2008. Un recul qui est notamment lié à une substitution partielle du lait par des boissons d’origine végétale (soja, riz, amande, avoine...). Si leur part par rapport au volume de lait de vache vendu au détail reste faible (4 % en 2018), ce marché est en forte croissance, soulignent les experts bruxellois. Au cours de la dernière décennie, les ventes ont plus que doublé, en particulier pour les boissons sans soja, qui représentaient plus de 40 % des boissons d’origine végétale en 2018 (contre 17 % il y a dix ans).

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