L'Avenir Agricole et Rural 20 octobre 2016 à 08h00 | Par T.Morillon

Des performances agronomiques et économiques

Face à l’augmentation de la demande, «la Chanvrière» entreprise auboise de référence dans l’industrie du chanvre veut passer ses surfaces cultivées de 6500 à 10 000 ha. Elle a organisé une réunion d’information à la Chambre d’Agriculture le 14 octobre pour présenter les atouts de cette production.

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Comparée aux autres cultures, la marge chanvre est moins exposée à la volatilité des prix si la qualité est au rendez-vous.
Comparée aux autres cultures, la marge chanvre est moins exposée à la volatilité des prix si la qualité est au rendez-vous. - © T.M.

Un réservoir à biodiversité

La salle était comble pour écouter Benoît SAVOURAT et Daniel MAILLARD, respectivement Président du Conseil d’Administration et responsable technique de la Chanvrière de l’Aube. La coopérative de Bar-sur-Aube, qui représente 1/3 de la production européenne et la moitié du chanvre français, veut recruter davantage de producteurs car de nouveaux débouchés apparaissent. Elle désire doubler sa capacité de transformation.

Le chanvre n’a pas besoin d’irrigation ou de pesticides : sa croissance rapide étouffe rapidement les adventices et son couvert haut et dense attire les araignées et les carabidés, prédateurs de ravageurs des cultures. La plante a un faible besoin en azote, elle lui faut 2 fois moins d’unités que le blé. C’est aussi un excellent stockeur de C02 : avant sa maturité, 1 ha de chanvre consomme autant de CO2 qu’1 ha de forêt. Grâce à son système racinaire bien développé, la structure du sol est améliorée, ce qui évite de retravailler la terre pour la culture suivante. Les racines récupèrent les minéraux ce qui fait de la plante un excellent piège à nitrates. Le chanvre est idéal dans la rotation des cultures car il vient rompre le cycle des adventices et des maladies.

Le chanvre étant du cannabis, sa culture est très encadrée. La réglementation stipule que le taux de THC (la substance psychoactive présente naturellement) ne doit pas dépasser 0,2 %, un tiers des surfaces est contrôlé tous les ans. Il faut donc acheter chaque année des semences certifiées auprès de la coopérative pour éviter de dépasser ce taux.

Des débouchés dans plusieurs domaines

Le chanvre permet de valoriser 4 produits dans des domaines bien différents. La graine (chènevis) est riche en oméga 3 et 6, en fer et en vitamine E, elle est utilisée pour la cosmétique, la pharmaceutique et l’alimentation humaine (huile) et animale (oisellerie, appât pour la pêche). La tige (chènevotte) est appréciée pour sa haute capacité d’absorption, sa légèreté et le fait qu’elle ne dégage pas de poussière. On l’utilise pour la construction (béton de chanvre), les litières animales, le paillage ou l’ameublement. La fibre est reconnue pour ses propriétés techniques et mécaniques exceptionnelles, elle sert à faire du papier, de l’isolant, du textile ou du «plastique». Les fines sont constituées principalement de matières organiques, très absorbantes, on les valorise en compostage, en fabrication de terreaux, en méthanisation ou biomasse énergie.

Pas d’interventions entre le semis et la récolte

Il est important d’avoir un sol homogène et sans cailloux pour éviter des problèmes au moment du fauchage. Il peut être judicieux de faire un roulage, mais en évitant les passages répétés d’outils qui tassent le sol. Le semis est réalisé mi-avril avec un semoir à céréales classique, «il faut attendre que le sol soit réchauffé pour une levée rapide et homogène» précise Daniel MAILLARD. «La température et l’humidité sont très importantes pour la croissance, le sol doit faire entre 10 et 12 °C». Les techniques de semis simplifiées s’appliquent bien au chanvre, mais sur des terres propres, «en semis direct, il est conseillé de faire un petit travail du sol pour le réchauffer» explique le technicien.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 21 octobre 2016.

Romain Pasquier, GAEC PASQUIER R N à Rives Dervoises

J’ai commencé à cultiver du chanvre en 2009 sur 7 ha pour arriver à 26 ha en 2016. J’utilise un semoir à céréales classique avec un petit apport d’azote, de potasse et de phosphore. J’ai intégré du maïs dans la rotation pour limiter la population d’orobanches. Je moissonne en septembre, puis je fauche, il faut attendre une bonne dizaine de jours pour obtenir un bon pressage par la suite. J’andaine la veille et je presse le lendemain après-midi, je fais 30 bottes à l’heure. C’est mieux d’avoir un matériel récent, mais des aménagements spécifiques peuvent être faits sur la presse. Ensuite je passe un coup de herse et de râteau et je sème les céréales en direct derrière. Je me faisais toute une montagne au début, mais cette culture se fait facilement.

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