L'Avenir Agricole et Rural 26 juin 2014 à 10h34 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Des contrôles permanents.

Tisser des liens entre le GDS et les vétérinaires est indispensable pour assurer non seulement une cohésion, mais aussi une sécurité sanitaire performante. Voici un exemple avec le Laboratoire Départemental d’Analyses à Choignes.

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Christelle BEGUINET, Directrice du LDA : «les prélèvements arrivent sous cette forme à notre laboratoire».
Christelle BEGUINET, Directrice du LDA : «les prélèvements arrivent sous cette forme à notre laboratoire». - © T Morillon

Afin d’accompagner la filière agricole très présente en Haute-Marne et pour garantir des productions répondant aux normes sanitaires, le Conseil Général a mis le Laboratoire Départemental d’Analyses (LDA) à la disposition des agriculteurs. Le laboratoire se divise en deux secteurs : la santé animale et la sécurité alimentaire. 10 personnes y travaillent dont 4 qui se consacrent à la prophylaxie puisque la campagne dure plusieurs mois, de novembre à avril.

 

Un code-barres pour l’échange de données.

Christelle Béguinet, la directrice du LDA nous explique que l’équipe effectue 100 000 analyses par an pour la partie sérologique. « Le résultat nous indique si l’animal a rencontré le virus, en fonc

tion de la production de ses anticorps. Le résultat peut être positif  au moment de l’analyse sans que l’animal ne soit malade cliniquement». En élevage laitier, l’analyse sérologique de l’IBR (qui est l’analyse la plus fréquente) se fait directement sur le lait de tank par le laboratoire laitier. Elle permet de détecter les anticorps présents dans le lait des vaches laitières et ainsi de mettre en évidence la contamination du troupeau par l’IBR. En élevage allaitant, le dépistage sérologique de l’IBR sur les sangs de prophylaxie est obligatoire depuis plusieurs années, les animaux de plus de 24 mois  sont concernés. La détection de l’IBR se fait également dans le cas de mouvements d’animaux (introductions, ventes, concours, pensions).

Les échantillons prélevés par les vétérinaires sont centrifugés au laboratoire puis un prélèvement de  quelques dizaines de microlitres (l’équivalent d’une larme) est effectué et servira à l’analyse. Le restant passera une semaine au réfrigérateur, il sera ensuite congelé et gardé pendant une année, ce qui évite de refaire un prélèvement en cas d’analyses complémentaires. Afin de réduire les coûts il est possible de mélanger jusqu’à 10 sérums d’un même cheptel, si le résultat est positif, l’analyse se fait alors individuellement. Sur chaque prélèvement se trouve le numéro de la « commande », de l’animal et un code-barres, en le flashant, on peut savoir quelles sont les maladies à dépister. La DGAL (Direction Générale de l’Alimentation) fournit un logiciel permettant l’échange de données avec le LDA. Cette traçabilité apporte davantage de sécurité et un gain de temps considérable.

Les analyses immuno-sérologiques se font sur des plaques avec quatre témoins, 2 positifs et 2 négatifs qui réagissent pour être sûr que le test soit fiable, il y a également un traceur qui permet de vérifier la régularité des résultats (savoir s’ils sont constants et donc conformes). Ces différents contrôles sont impératifs car la technologie peut bien être performante, une erreur de manipulation est toujours possible. L’équipe du laboratoire vérifie continuellement tous les appareils, mais aussi le dosage, le volume et le poids des échantillons dans un espace climatisé pour éviter les variations de températures.


 

Certifications du COFRAC.


Le Comité français d’accréditation (COFRAC) contrôle le laboratoire tous les 15 mois et évalue les compétences des techniciens selon un cahier des charges, pour vérifier que les analyses soient correctement effectuées. Le LDA est accrédité pour 4 programmes d’analyses : immunosérologie animale, bactériologie animale, dépistage des ESST (Encéphalites Spongiformes Subaigües Transmissibles) et hygiène alimentaire.

Leucose, paratuberculose, brucellose…le laboratoire peut dépister de nombreuses maladies comme l’explique la directrice : « Nous faisons de l’analyse de diagnostic en fonction des informations transmises par le vétérinaire ». Le LDA fait également 2 à 3 fois par semaine des analyses d’ESB (la maladie de « la vache folle ») sur des prélèvements issus de carcasses à la demande des abattoirs. Il y a aussi une salle d’autopsie, mais essentiellement utilisée pour la faune sauvage et à disposition des vétérinaires si les autopsies et les prélèvements n’ont pas été effectués sur le terrain. La PCR est une technique de copie de l’ADN, grâce à elle, on peut ainsi amplifier un virus et voir si l’animal est positif, cette méthode est extrêmement pratique dans la détection des maladies. Pour le dépistage du BVD, l’éleveur peut directement prélever un petit bout d’oreille de bovin, ce qui évite l’intervention du vétérinaire. Le laboratoire fait également la détection de salmonelle en prophylaxie dans les élevages avicoles (la détection de salmonelle dans un élevage de volailles est obligatoire à partir 250 bêtes).

 


VOUS POUVEZ DÉCOUVRIR DANS NOTRE NUMÉRO DE CETTE SEMAINE DE LA PAGE 23 À 31, LE BILAN DE LA CAMPAGNE DE PROPHYLAXIE ET L'ÉVOLUTION AINSI QUE LA LISTE DES ÉLEVAGES INDEMNES D'IBR.

 


Une lourde réglementation.

Du côté des vétérinaires, on est satisfait de l’efficacité du travail d’assainissement effectué depuis plusieurs années. Comme l’affirme le docteur Damien De Backer : « chaque année, nous avons entre 1 et 2 % de contrôles positifs, ceci sans que les animaux ne soient forcément réellement atteints par l’IBR. Un résultat positif sur un animal isolé est suspect. Il s’agit d’une maladie virale très contagieuse qui se propage rapidement dans un troupeau et ne se limite pas à un seul individu. La sensibilité des tests a été beaucoup augmentée, de ce fait il y a un risque accru de résultat faussement positif ».

Si le dépistage se passe globalement correctement selon le vétérinaire, il faudrait davantage de souplesse dans la règlementation à ce sujet : « les faux-positifs génèrent des situations difficiles, c’est une perte de temps et d’argent pour tout le monde. Les éleveurs sont notamment très limités pour la commercialisation de leur bêtes, même s’il ne s’agit finalement souvent que de la suspicion d’une infection réelle assez rare ». L’IBR est très peu présente en Haute Marne, ce qui rend peu probable qu’un contrôle positif révèle une réelle maladie, mais la vigilance reste tout de même de règle pour les autorités face à une maladie toujours présente en France.

Pour la seule clinique du Docteur De Backer, ce sont prêt de 5 000 prélèvements qui sont effectués chaque année à travers des contrôles réguliers, comme la prophylaxie chaque hiver, lors de l’arrivée de tout nouveau bovin acheté dans une exploitation ou lors de l’envoi d’un animal en concours.

Des agriculteurs sont mécontents car certains échantillons sont hémolysés, ils deviennent impropres à l’analyse et un deuxième prélèvement est alors nécessaire. Ce phénomène peut provenir d’un prélèvement mal effectué, mal conservé, du délai entre la prise de sang et l’analyse au laboratoire, voire de l’accumulation de ces facteurs. Pour le deuxième prélèvement, l’éleveur doit alors négocier directement avec son vétérinaire pour décider d’éventuelles conditions tarifaires. Heureusement, ce phénomène reste très marginal dans notre département.

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