L'Avenir Agricole et Rural 17 janvier 2008 à 00h00 | Par F.Thevenin

DEPART EN RETRAITE - HOMMAGE À JEAN LAURENT GAUTHIER

Pour le départ à la retraite de Jean-Laurent Gauthier, les anciens agriculteurs de son secteur se sont réunis afin de lui rendre hommage. Ils étaient plus d’une centaine, à la salle des fêtes d’Andilly…

Abonnez-vous Réagir Imprimer
A la fin de l’année dernière et à l’occasion de son départ à la retraite, de nombreux agriculteurs du secteur de Rolampont se sont réunis afin d’exprimer leur reconnaissance à Jean-Laurent Gauthier, leur ancien technicien de la Chambre d’Agriculture.
Michel Girardot, l’un des agriculteurs du secteur, s’est chargé du discours et de l’hommage en livrant quelques réflexions. Pour lui, «Jean-Laurent est un de ces techniciens que l’on peut appeler «un pur» et qui avait l’intérêt de son «client».
Son leitmotiv, dans ses conseils, était la recherche de la simplicité et de l’économie sachant que lorsque quelque chose n’allait pas, il était encore plus embêté que l’agriculteur. Il poursuit : «le souci des économies, tant financières que matérielles font partie de son caractère».

Anti-conformiste

Homme simple et d’un abord facile, Jean-Laurent Gauthier était connu pour ne pas avoir peur de dire ce qu’il pense : «il bousculait un peu le système. Il avait raison. Le conformisme est ennuyeux et pas forcément intéressant».
Mieux : Jean- Laurent Gauthier n’hésitait pas à décrocher le téléphone pour appeler une administration afin de venir en aide à un agriculteur en difficulté ou dans l’embarras. Aux côtés des éleveurs, il luttait contre «ses paperasses qui ne servent à rien».
Pour Michel Girardot, avec ce départ à la retraite, «une figure de la profession s’en va». Il le remercie pour le travail accompli.

Reconnaissance
simultanée


Après avoir reçu la reconnaissance des agriculteurs, Jean-Laurent Gauthier exprime la sienne envers ces mêmes agriculteurs : «j’ai partagé le travail mais aussi et surtout l’amitié au cours de mes 35 années dans le Bassigny».
Il est arrivé en avril 1972 de sa Saône-et-Loire natale et a vécu, avec les agriculteurs du secteur, de nombreux épisodes de développement.
Son premier engagement a été au service du CETA du Val-de-Gris puis du GRCETA avec le regroupement de ceux de la Vingeanne et du Bassigny. Il parle d’époque glorieuse durant laquelle le développement technique commençait à se répandre avec de multiples expérimentations : séchage en grange, tour à foin, début des ensilages de maïs, essais sur les prairies permanentes…
Il se souvient également d’un épisode crucial pour les agriculteurs du Bassigny. Alors que les remembrements commençaient à se développer, la sécheresse de 1976 permit aux éleveurs du Bassigny de rentrer en contact avec les céréaliers de la Marne. A cette occasion, ils ont découvert des rendements conséquents sur des sols nettement moins riches que ceux du Bassigny. Ils ont alors l’idée de créer une association de drainage afin d’optimiser le potentiel des terres. Cette association a, à son compte, plus de 15 000 hectares de drainage !

Développement agricole

Entre-temps, le comité de Pays du Val-de-Gris se crée avec l’ère du développement agricole et rurale, de l’animation avec les Etats Généraux du développement, des OGAFS avec comme objectif l’installation des jeunes, de l’embellissement des communes.
Côté convivialité, de nombreux voyages sont organisés (Alsace, Saône-et-Loire, Ain, Salon de l’Agriculture, Paris…) ainsi que des animations pour les femmes et des soirées de fête.
La dernière étape de sa carrière, la troisième, est celle des conseillers qui deviennent des «spécialistes» dans des domaines particuliers comme les suivis technico-économiques, l’aide aux dossiers PAC ou les plans de fertilisation.
Durant ces 35 ans, Jean-Laurent Gauthier a vécu la révolution agricole qu’ont connu les agriculteurs : structures d’exploitations multipliées par quatre ou cinq, nombre d’exploitations divisées par 10, arrivée de matériels conséquents et création des Cuma afin de mieux rentabiliser l’investissement, regroupement des exploitations en Gaec, suppression des petites coopératives, arrivée des quotas laitiers puis de la PAC et ses paperasses, modification et agrandissement des bâtiments suite aux contraintes environnementales…

Nouvelle ère

Pour Jean-Laurent Gauthier, tous ces changements ont souvent occasionné des endettements qui fragilisent les exploitations et profitent aux banquiers. Puis, il parle de chance en scrutant la situation actuelle : le développement des pays émergents, la demande en hausse, l’emballement du prix des céréales, la hausse du prix du lait…
Si l’agriculture change d’ère, Jean-Laurent Gauthier également ! Il va se consacrer à d’autres choses, à sa famille et d’autres activités. Néanmoins, il n’oubliera pas chacun des agriculteurs avec qui il a travaillé…

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2522 | novembre 2018

Dernier numéro
N° 2522 | novembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui