L'Avenir Agricole et Rural 19 juin 2014 à 10h04 | Par Jean-Louis BLONDEL

DEGATS DE GIBIER - Les cervidés en expansion continue

Le groupe de travail dégâts de gibier de la FDSEA constate une diminution des dégâts de sangliers mais s’inquiète d’une recrudescence des cervidés qui colonisent de plus en plus de massifs.

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Les délégués locaux de la FDSEA sont globalement mécontents des nouvelles règles d’indemnisation.
Les délégués locaux de la FDSEA sont globalement mécontents des nouvelles règles d’indemnisation. - © JLB

Des plans de chasse «cervidés» mal réalisés

Les années se suivent et ne se ressemblent pas. Ainsi, les cervidés constituent aujourd’hui le fléau numéro 1 dans certains secteurs et les agriculteurs estiment que les prélèvements sont insuffisants en raison de règles de tirs inadaptées.

En faisant le tour habituel des dégâts par massifs, le problème des cervidés a été récurant lors de la réunion du 12 juin dernier. Le problème est d’autant mal vécu par les agriculteurs que l’évaluation des dégâts est souvent insuffisante. En effet, contrairement aux sangliers, les pertes de broutage, voire de battage à l’occasion de traversées dans les colzas mûrs, ou encore de piétinements, sont très difficiles à estimer. La situation est insupportable dans les secteurs où les grands cervidés se concentrent. Souvent, quand les chasseurs ont des bracelets, ils ne voient pas le gibier, et inversement. La Commission Dégâts de Gibier de la FDSEA souhaiterait qu’une mutualisation puisse être généralisée au niveau des grands massifs et, qu’en toute hypothèse, les problèmes ponctuels soient traités avec réactivité. Or, le plan de chasse cervidé est accordé pour une année sur la base d’une densité  approximative. Entre les mâles, les femelles, les faons, les CEM1, CEM2 etc… les règles de tirs sont complexes et l’ONCFS est toujours prompt à verbaliser. Résultat : la plupart des plans de chasse ne sont réalisés qu’à 60%. Les agriculteurs ne sont pas les seuls à se plaindre de cette surpopulation. Les forestiers manifestent aussi leur inquiétude. C’est même actuellement un sujet de blocage dans le cadre de la mise en place du schéma cynégétique départemental.

 

Le potentiel de population de sangliers reste élevé

Les dégâts ont fortement diminués l’an dernier tant en volume qu’en montant avec la baisse du cours des denrées de l’ordre de 30%. La Fédération des Chasseurs n’aura vraisemblablement aucun mal à équilibrer ses comptes et la Commission Dégâts de Gibier souhaiterait que des moyens plus conséquents soient mis en matière de prévention linéaire ou parcellaire. Néanmoins, la reproduction de ces nuisibles semble s’être déroulée tardivement mais avec succès. Des sorties ont été constatées sur les semis de maïs et l’inquiétude reste très forte pour les semaines à venir, même si la sécheresse semble plutôt favorable à une faible exposition des cultures. La FDSEA a pris acte de l’engagement de la FDC de surveiller de très près les points noirs et préserver un dialogue équilibré avec le monde agricole. C’est ainsi que les Commissions Locales de Concertation devraient désormais fonctionner avec un effectif réduit (2 représentants agricoles au lieu de 4) mais avec davantage de consensus. En effet, lorsque les intérêts agricoles ne seront pas bien pris en considération, la Commission Départementale reconsidérera ses décisions, car en toute hypothèse ces commissions  conservent un rôle consultatif.

Des nouveaux seuils d’indemnisation mal acceptés

La réforme est entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2014. Elle a pour conséquence positive de diminuer l’abattement légal à 2% (au lieu de 5 %), mais elle déclenche aussi une exclusion des petits dossiers. L’indemnisation ne sera pas versée si elle est inférieure à 3 % de la surface détruite de la parcelle culturale ou ≤ à 230 Ä (100 Ä pour les prairies). La parcelle correspond à un ensemble de parcelles contigües d’une même culture appartenant à la même exploitation. Les fossés, rus, haies, bandes enherbées, bordures de champ, murets, alignement d’arbres, chemins et voies communales, n’interrompent pas la continuité des parcelles. Par culture il faut comprendre toutes les variétés de la même espèce qui sont indemnisées avec le même barème. Le schéma ci-dessous résume  cette règle.

Lorsque les dégâts sont inférieurs à l’un ou l’autre de ces deux seuils, non seulement l’agriculteur ne sera pas indemnisé mais en plus il devra payer les frais d’expertise. Cette «pilule» ne passe pas auprès des agriculteurs même si la FDC s’est engagée à appliquer le dispositif avec discernement. En toute hypothèse, seule la déclaration définitive, au moment de la récolte, serait concernée par cette éventuelle sanction.

Ces mesures sont issues d’un protocole signé par la FNSEA et la Fédération Nationale des Chasseurs avec une clause de revoyure dans deux ans. Le but recherché au niveau national par les deux parties est à la fois d’améliorer les modalités d’indemnisation et de diminuer les frais d’expertise en excluant les petits dossiers. Si cet objectif n’est pas atteint et s’il crée trop de mécontentements, les FDSEA se feront fort de faire évoluer la réglementation.

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Dictho | 28 juin 2014 à 08:48:43

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