L'Avenir Agricole et Rural 28 mars 2013 à 11h13 | Par Jean-Louis BLONDEL

Dégâts de Gibier - Bombe à retardement

Après une relative accalmie, les dégâts de cervidés et de sangliers sur les cultures d’hiver, sont en passe d’atteindre un record. L’interdiction d’agrainage pendant la période de chasse, ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. Le problème réside dans la mauvaise maîtrise des populations que les agriculteurs ne cessent de dénoncer.

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Une vingtaine de responsables syndicaux s’est réunie le 19 mars dans le cadre de la Commission Dégâts de Gibier de la FDSEA pour faire le point sur la campagne écoulée et émettre des suggestions sur la prochaine saison de chasse qui devrait très rapidement être rouverte avec les tirs à l’approche.

Les «grandes pattes» sont aussi mal gérées

La concentration des cerfs a été signalée par les responsables locaux dans de nombreux secteurs haut-marnais ; ce qui confirme les alertes lancées récemment par quelques agriculteurs sur le secteur d’ARC-CHATEAUVILLAIN. Les «grandes pattes» sont visibles maintenant dans la plaine de ST BLIN, NEUILLY S/SUIZE, FAYL BILLOT etc... Certaines concentrations créent des dégâts conséquents par l’effet de piétinement et de broutage. En 2012, les dégâts de cerfs ont représenté 10 % du coût total mais cette proportion va inéluctablement s’aggraver. La FDSEA demande à l’Administration d’être beaucoup plus pointue et réactive sur la gestion du plan de chasse cervidés. Elle demandera des précisions sur les comptages et des explications sur les réalisations incomplètes. Le dispositif actuel semble être trop rigide et théorique pour bien appréhender les situations locales. La Fédération des Chasseurs sera aussi sollicitée pour mieux prendre en compte les dégâts, car les estimateurs ont trop tendance à laisser penser que la nature peut compenser le broutage ou le piétinement.  Il n’est pas exclu que des procédures judiciaires soient engagées sur quelques gros dossiers. La FDSEA a par ailleurs sollicité la Chambre d’Agriculture pour que ses services techniques puissent appréhender les pertes directes et indirectes liées aux dégâts de cervidés.

Les dégâts sur prairies et céréales d’hiver atteignent des niveaux préoccupants. Les cervidés et sangliers sont mal régulés sur de nombreux secteurs.
Les dégâts sur prairies et céréales d’hiver atteignent des niveaux préoccupants. Les cervidés et sangliers sont mal régulés sur de nombreux secteurs. - © Jean Louis BLONDEL

Repousser les sangliers dans les bois

Moins il y a de sangliers, moins il y aura de dégâts. C’est ce postulat que la profession agricole a toujours posé et auquel l’Administration adhère largement.  Les chasseurs ne disent pas globalement le contraire  mais la somme de leurs comportements est souvent contradictoire avec l’objectif recherché. Les chasses «commerciales» sont toujours montrées du doigt mais rarement condamnées. Quels contrôles réels des prélèvements ? Quelles sanctions contre les restrictions de tirs et les zones de quiétudes ? Les responsables de la Commission dégâts de gibier de la FDSEA sont quelque peu désabusés, ils observent que d’année en année la population ne cesse d’augmenter. Ils souhaitent que les Pouvoirs Publics contrôlent davantage les temps et les méthodes de chasse sur l’ensemble des massifs forestiers. Car «les gestionnaires» ont tous leurs petites astuces pour préserver des populations, qu’ils ont d’ailleurs tendance à s’approprier surtout lorsqu’ils les ont nourries. La date d’ouverture réelle de la chasse sera aussi un élément déterminant pour la prochaine campagne. Enfin, le tir à l’approche en plaine dès le 1er juin et l’intervention des lieutenants de louveterie à tout moment en tirs de nuit, sont aussi de bons moyens pour repousser les nuisibles dans leur milieu naturel que devrait rester le bois.

Revoir la politique du plan de chasse et du bracelet élevé

Il y a deux catégories de chasseurs, ceux qui élèvent et préservent la population et ceux qui tirent sans retenue. Cette seconde catégorie est souvent critiquée mais c’est probablement celle qui respecte le mieux la tradition ancestrale. Ces chasseurs ne doivent pas être bridés au niveau de l’attribution des bracelets, ni sanctionnés financièrement par des niveaux de prix inaccessibles car ce sont généralement des habitants locaux avec des moyens limités. La politique mise en place par la Fédération des Chasseurs qui consiste à ramener le bracelet à un montant forfaitaire de 25 Euros, répond à cette attente mais il faudra continuer à attribuer sans restriction les bracelets à ceux qui auront la volonté d’abattre les nuisibles.

Voir la suite de cet article dans notre édition du 29 mars 2013 en page 03.

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