L'Avenir Agricole et Rural 19 septembre 2019 à 08h00 | Par T. Morillon

Décryptage de l'agribashing

Lors des journées de la Lucine à Châteauvillain, le politologue Eddy Fougier a expliqué pourquoi le phénomène de l'agribashing a évolué grandement ces dernières années et a donné des armes pour y répondre.

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Eddy Fougier analyse les attaques contre l'agriculture conventionnelle et agro-alimentaire, «il faut articuler la riposte et la communication».
Eddy Fougier analyse les attaques contre l'agriculture conventionnelle et agro-alimentaire, «il faut articuler la riposte et la communication». - © TM

Une escalade de la critique

«Nous sommes dans une phase de montée des idées populistes» constate le directeur Horsch France Robert Dorsemagen en introduction de la conférence du 11 septembre. «Les populistes n'ont pas d'idées à long terme et cela nous fait un peu peur». Mais le populisme peut aussi être environnemental, et les agriculteurs en font les frais actuellement. Venant d'une famille d'éleveurs, Eddy Fougier est spécialiste des mouvements protestataires. Cet expert-consultant a d'ailleurs été sollicité par la FNSEA pour écrire une étude sur l'agribashing.

Eddy Fougier fait remarquer que c'est l'agriculture qui est pointée du doigt, pas les agriculteurs qui eux sont vus de manière positive. Plus précisément, c'est le mode de production qui est critiqué comme l'utilisation des produits phytos ou l'élevage intensif. Il note que la vision du phénomène est différente selon les médias : la presse nationale étant davantage critique que la presse régionale. L'agribashing s'est réellement amplifié il y a près d'un an. Pourtant la critique du mode de production conventionnel était déjà présente dès les années 60 avec les hormones de croissance, elle s'est poursuivie avec les OGM dans les années 90, mais la critique a subi une mutation assez forte dans les années 2000.

Répondre par la communication positive

Pour Eddy Fougier il faut éviter la doctrine des représailles massives. «Ne pas répondre au coup par coup. C'est contre-productif car on est dans une posture agressive, défensive. De plus les agriculteurs sont une population minoritaire, la bataille est perdue d'avance». D'après le spécialiste le monde agricole communique bien, «mais chacun le fait de son côté et la cible reste les professionnels». Seulement 17 % des messages sont destinés au grand public. De plus le monde agricole utilise un langage technique, pas assez compréhensif pour le grand public. Pourtant la popularité des agriculteurs reste très forte puisque d'après un sondage 74 % des français leur faisait confiance en 1999. D'ailleurs les marques alimentaires utilisent beaucoup l'image des agriculteurs pour vendre leurs produits.

Rétablir la vérité

Toutes les critiques ne sont pas de l'agribashing, certaines peuvent même être des leviers d'innovation. «L'important est d'avoir un discours de vérité» prévient le politologue qui conseille de ne pas attendre d'être attaqué pour répondre. Pour lui il est indispensable d'être présent sur les réseaux sociaux, mais ce n'est pas un levier nécessaire pour communiquer auprès du grand public. Le plus important est d'avancer ensemble et d'échanger auprès de la population.

Vous pourrez retrouver l'intégralité de cet article dans notre édition du 20 septembre 2019

Définition de l'agribashing

L'agribashing est un sentiment partagé par de nombreux agriculteurs selon lequel leur profession, certaines de leurs activités et le mode de production agricole conventionnel font régulièrement l'objet d'attaques, de critiques et d'un dénigrement dans l'espace public, et en particulier dans les grands médias généralistes. «Mais tout le monde n'est pas d'accord sur le sens lui-même. Certains pensent que ce n'est pas un sujet alors que pour d'autres une simple critique de l'agriculture sera perçue comme de l'agribashing» commente Eddy Fougier.

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