L'Avenir Agricole et Rural 28 février 2013 à 10h31 | Par E.D.

Débat - Vers une agriculture plurielle

Deux intervenants d’envergure nationale sont venus présenter leur modèle d’agriculture durable aux participants à l’assemblée générale de la FDSEA.

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Etienne Gangneron, au micro et Gérard Tubery (4ème à gauche).
Etienne Gangneron, au micro et Gérard Tubery (4ème à gauche). - © E.D.

Les biocarburants alimentent le débat

Gérard Tubery a succédé à Xavier Beulin à la Présidence de la Fédération des Oléoprotéagineux. Il est agriculteur dans l’Aude avec deux associés sur 380 hectares en grandes cultures, dont 80 ha en agriculture biologique.

Créé en 1983 à l’initiative du monde agricole, Sofiprotéol est l’acteur financier et industriel de la filière française des huiles et protéines végétales. Le pôle industriel travaille sur l’alimentation humaine avec les huiles alimentaires (marques Lesieur, Puget), la nutrition animale, les énergies et la chimie renouvelable.

La fédération des producteurs d’oléoprotéagineux (FOP) a su transformer la contrainte des jachères, destinées à enrayer la surproduction au niveau alimentaire, en une opportunité de conquérir de nouveaux marchés, grâce à une approche collective et non régionale. C’est ainsi que sont nés le biodiesel et les tourteaux issus de la trituration, une source de protéine à haute valeur ajoutée pour l’alimentation du bétail.

A la pointe de l’innovation

Le groupe continue à investir lourdement dans la recherche afin de développer «l’oléochimie» ou chimie renouvelable qui pourrait remplacer à terme les dérivés du pétrole. Ceci dans un souci de développer des marchés plutôt que d’attendre après les aides européennes.

Sur le plan technique, la FOP finance des instituts techniques comme le CETIOM sur la recherche variétale et sur de nouvelles approches culturales afin de conjuguer durabilité et rentabilité en répondant aux enjeux environnementaux. Désherbinage ou semis direct, association avec des légumineuses, sont autant de techniques innovantes qui permettront d’économiser des intrants au bénéfice de tous

Réticences internationales

Les biocarburants font l’objet de vifs débats en raison de la concurrence entre les surfaces agricoles destinées à l’alimentation et celles destinées à l’énergie. De plus, leur bilan énergétique est jugé insuffisant. Ils sont également au cœur d’une polémique d’envergure internationale, puisqu’en concurrence directe avec les esters issus d’huile de palme (qui ne génère pas de tourteaux). Entre autre critère de durabilité, le changement indirect d’affectation des sols, appelé l’effet CASI, pourrait remettre en cause toute la filière.

Ainsi qu’un bureau d’étude américain mandaté par l’Union Européenne a démontré que l’huile de palme se serait développée pour remplacer une huile de colza qui ferait défaut au niveau mondial, à cause des biocarburants. Ces derniers seraient donc en partie responsables de la déforestation en Indonésie et en Amazonie.

L’Union Européenne vient de suspendre ce critère de durabilité pour deux ans, sans quoi ça aurait été l’arrêt pur et simple de la production de diester, alors même que les usines n’ont pas encore été remboursées.  Sofiprotéol s’est engagé dans une démarche de progrès afin d’améliorer l’impact environnemental du diester, mais, comme le rappelle Gérard Tubery les investisseurs et l’économie ont besoin de politiques stables et qui tiennent leurs engagements, sous peine de ne jamais voir apparaître les carburants de deuxième génération.

L’indépendance en protéines pourrait changer la donne

Les graines de colza ont une teneur en huile de 42 % en moyenne, le reste constituant un tourteau riche en protéines indispensable à l’alimentation animale. Sans production de biodiesel, la France, qui a réussi à faire passer son autosuffisance en protéine de 30 % dans les années 80 à 60 % aujourd’hui, devrait importer des tourteaux de soja, du Brésil notamment. Le reste de l’Europe est toujours dépendant à 70 % en matière de protéines.

Tout un pan de l’économie dépend de cette production en France, notamment dans le secteur de la production animale. Le pôle élevage du groupe Sofiprotéol est leader sur les segments poulet de chaire, œuf et porc grâce à la valorisation directe du tourteau et a mis en place des contrats exemplaires.

La contractualisation est en effet un enjeu entre céréaliers et éleveurs. Elle seule garantira une juste répartition de la valeur ajoutée sur le territoire, ce qui constitue un gage de durabilité et de rentabilité pour tous les agriculteurs, une alimentation carnée tracée au juste prix pour les consommateurs et le maintien d’un tissu rural vivant et dynamique pour tous nos concitoyens.


Suite de cet article dans notre édition du 1er Mars 2013.

Chiffres clé sur l’agriculture biologique (source : dossier Réussir Grandes Cultures de Février 2013 et FRAB Champagne Ardenne).

En 2010-2011, 167 000 tonnes de céréales collectées.

En 2011, 8779 exploitations en grande culture sur 192 000 ha certifiés ou en conversion.

En Haute-Marne, l’agriculture biologique occupe 1,7 % de la SAU avec 5261 ha, dont 76 % de surface fourragère.

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