L'Avenir Agricole et Rural 05 août 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

CRISE AGRICOLE : Les éleveurs haussent le ton !

Suite à l’appel des JA et de la FDSEA, les éleveurs ont bloqué la totalité des péages du département, du 30 juillet au soir jusqu’au lendemain. Des tracts ont été distribués et les camions frigorifiques inspectés

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- © T MORILLON

Les manifestations devant les supermarchés de Langres et Saint-Dizier étaient un signal, les éleveurs sont excédés par la rémunération insuffisante du lait et de la viande. Des actions de plus grandes envergures ont donc été initiées par la FDSEA et les JA, les 30 et 31 juillet : le blocage des péages.

 

Une opération de sensibilisation

Ils étaient environ 500 agriculteurs à se répartir sur les 5 péages du département (Semoutiers, Ville-sous-la-Ferté, Longeau, Montigny-le-Roi et Rolampont), à l’aide de tracteurs et de bottes de pailles, ils ont dressé des banderoles et mis en place des barrages filtrants. La mobilisation s’est déroulée du jeudi 30 juillet à 22h jusqu’au lendemain après-midi, les éleveurs se relayant tout au long de la nuit. Des tracts ont systématiquement été distribués afin d’expliquer le gros écart existant entre le prix payé au producteur et celui du consommateur, un litre de lait est par exemple rémunéré 30 cts à l’éleveur et est affiché 1 euro dans la grande distribution. En plus de demander un juste prix pour éviter de vendre à perte, les éleveurs souhaitent également une harmonisation européenne car les normes et les charges sont différentes selon les pays. Le secteur laitier est particulièrement touché par cette crise, en particulier à cause de l’embargo russe sur les produits européens.

 

De la viande d’origine inconnue

« Nous voulons connaître l’origine de la viande ! » explique Cédric Jappiot, président des JA, les agriculteurs ont donc inspecté les camions frigorifiques, faisant la chasse au lait et à la viande étrangère, ce qui a permis de faire d’étranges découvertes. « Nous avons trouvé de la viande de Lituanie, d’Irlande, d’Angleterre, de Pologne et même de Roumanie ! » déclare un jeune éleveur, « dans un camion polonais il y avait de la viande à kebab transformée en Allemagne à destination de la France et nous sommes tombés aussi sur du lait allemand qui devait finir à Aldi ». Les éleveurs se sont empressés de confisquer la palette et de distribuer le lait. Mais ce n’est pas tout, dans un camion frigorifique était entreposé des batteries de voitures et de l’huile de moteur, des normes qui laissent à désirer, d’autant plus que l’étiquetage était défaillant (aucune mention « produit inflammable »). Le plus inquiétant est la découverte d’un carton de viande où la seule mention présente sur l’étiquette était la date de péremption : aucune mention sur l’origine et même pire, rien sur la composition du produit ! Un échantillon est en cours d’analyse, la cargaison provenait d’une société de négoce belge et était à destination de GMS (Auchan, Carrefour et Leclerc).

 

Toujours sous surveillance

Cette mobilisation a été bien accueillie par le public, beaucoup de personnes étaient touchées par les difficultés rencontrées par la profession. Les signes d’encouragement et de soutien envers les agriculteurs étaient nombreux. «Les grandes surfaces se sont engagées à valoriser les produits français, notamment en proposant du lait français. Pour l’instant nous arrêtons les actions, mais nous surveillons les GMS de près » affirme le président de la FDSEA Thierry Lahaye, satisfait de la mobilisation. Le blocage des laiteries n’est pas à l’ordre du jour, en effet Sodiaal rémunère le lait à 340 euros/1 000 1 et Lactalis attend la fin du mois pour annoncer son prix d’achat. Il faut maintenant attendre et voir si les grandes surfaces et les transformateurs vont tenir leurs engagements.

 

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