L'Avenir Agricole et Rural 10 décembre 2020 a 08h00 | Par T.M.

Création de la première cellule de « veille du loup » en Haute-Marne

Face aux attaques de plus en plus fréquentes dans les élevages, la cellule de «veille du loup» s’est réunie en préfecture pour établir un plan d’action. Suite à ces premiers échanges, le Préfet a organisé une rencontre dans un élevage avec tous les acteurs de la filière ovine pour évoquer la gestion du loup sur notre territoire.

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Le Préfet de Haute-Marne a visité l’exploitation de Jérémie Lagorce Bresson à Semoutiers.
Le Préfet de Haute-Marne a visité l’exploitation de Jérémie Lagorce Bresson à Semoutiers. - © FDSEA 52

Le loup est présent dans notre département depuis plusieurs années. Ces derniers temps, les attaques dans les élevages ovins augmentent. En 2020, l’Office National de la Biodiversité (OFB) a recensé 17 cas classés « loup non écarté » en Haute-Marne, principalement à la limite départementale avec la Meuse et les Vosges, au sud-est de Joinville. Le 25 septembre dernier, un loup a été photographié par un éleveur à Domrémy-Landéville, confirmant, de façon formelle la présence du prédateur dans ce secteur.
Face à ce constat, le Préfet Joseph Zimet a réuni tous les acteurs concernés, dont la FDSEA, les JA et la Chambre d’agriculture, le 16 novembre en préfecture afin de constituer la première cellule de « veille du loup » et établir un plan d’action dans notre département.

Attaques pesantes
Suite à ce premier échange, Joseph Zimet a organisé une rencontre avec l’ensemble des représentants de la filière ovine du département, à la ferme d’Outremont à Semoutiers.

Des exploitations menacées

Les syndicats agricoles pointent du doigt les innombrables attaques de loups qui entrainent l’arrêt de l’élevage ovin dans certains secteurs du pays. «Il s’agit désormais de zones en friche. Il ne faut pas que cette situation arrive en Haute-Marne, ce serait une catastrophe pour notre filière ». Sébastien Riottot, président de la FDSEA, tire la sonnette d’alarme : « nos exploitations sont menacées de façon permanente, nos bêtes sont en pâtures toute l’année et les attaques de loup sont imprévisibles ». Il dénonce une incohérence totale avec le projet de territoire départemental. « Nous soutenons un très beau projet d’abattoir en Haute-Marne, un projet qui n’aura plus de sens si on pénalise les éleveurs en leur ajoutant une contrainte supplémentaire avec la présence du loup ». L’élu rappelle que le nombre d’éleveurs décroît chaque année et qu’il est important de « créer un environnement propice au développement agricole, un environnement de confiance pour ne pas impacter la filière. Nous sommes sur un territoire agricole en zone intermédiaire, il est important de la protéger ».

Un point de vue que partage Stéphane Roussey, président de la Cobévim, la seule coopérative agricole de Haute-Marne. Il souligne que la filière ovine permet à la coopérative d’employer plus de 25 salariés permanents. La Cobevim collecte plus de 100 000 agneaux par an dans le Grand Est, pour un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros.

Surveiller le loup

Les craintes suscitées par la création d’une « réserve de loup » au sein même du Parc national sont partagées par l’ensemble des représentants agricoles. Mais Joseph Zimet se veut rassurant : « nous ne créerons pas de réserve à loups dans le parc (…) le loup ne créé pas de plus-value, l’objectif est uniquement de protéger la biodiversité ».
Cet échange a permis de conforter l’intérêt de créer un groupe de surveillance du loup en lien avec l’OFB.

Les attaques en Haute-Marne :

- 46 ovins tués.
- 26 constats réalisés, dont :
- 17 cas « loup non écarté ».
- 5 cas « mortalité indéterminée ».
- 3 cas « loup écarté ».
- 1 cas non lié à une prédation.

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