L'Avenir Agricole et Rural 08 novembre 2007 à 00h00 | Par F.Thevenin

Coopération - Fusion Alotis - Emc 2

Philippe MANGIN et Gilbert WATTRIN sont venus expliquer aux responsables des OPA haut marnaises les raisons de leur rapprochement qui pourrait n’être qu’une étape vers d’autres synergies pour rester compétitifs.

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Elevage 

La pluridisciplinarité est un modèle de coopération qui a ses avantages surtout lorsque le territoire, les interlocuteurs et les adhérents sont en grande partie identiques et les métiers complémentaires. EMC 2 et ALOTIS ont ainsi décidé de proposer à leurs sociétaires de s’engager dans la voie de la fusion lors des prochaines assemblées générales.

Peser économiquement et politiquement

Gilbert Wattrin Président d’Alotis n’a pas caché que sa coopérative avait une taille critique insuffisante pour optimiser les charges de structures liées à une bonne gouvernance et peser davantage auprès de son partenaire d’aval qu’est SOCOPA.
Des alliances avec EMC 2 existaient déjà notamment au niveau de l’abattoir de Mirecourt. La proximité géographique des deux structures et le constat que 65 % des adhérents étaient communs ont aussi été facteurs propices à une réflexion sur une fusion éventuelle. Cette initiative a été confortée par des témoignages recueillis par le conseil d’administration d’Alotis auprès d’autres coopératives de l’ouest.
Avec 250 millions de chiffre d’affaires pour EMC 2 et 460 salariés d’une part ; 44 millions de chiffre d’affaires pour Alotis et 34 collaborateurs d’autre part, le rapprochement ne peut être que bénéfique aux éleveurs qui pourront ainsi compter sur une structure influente au plan régional. Leur représentation au sein de SOCOPA (la seule coopérative en mesure de rivaliser avec le groupe privé Bigard), sera renforcée même si elle restera largement minoritaire par rapport aux structures de l’ouest (environ 6 %). Cela sera-t-il suffisant pour peser sur les choix stratégiques de SOCOPA en matière d’investissement dans la deuxième transformation (produits Valtéro) ? Rien n’est gagné d’avance mais la configuration sera malgré tout plus favorable après la fusion.

Pourquoi fusionner avec une coopérative de céréales ?

L’importance relative des deux coopératives en terme de chiffre d’affaires et de présence sur le terrain laisse évidemment penser que Alotis se fondera dans EMC 2, néanmoins Alotis conservera sa marque, une gouvernance spécifique et un compte analytique à part.
L’impact social sera nul même si, au niveau de la direction, il est bien évident que des mouvements auront lieu.
Pourquoi Alotis n’a-t-elle pas fusionné avec d’autres structures « viande » de la région ? Alotis a constaté que l’étendue d’un territoire de compétences n’entraînait pas forcément des économies, car les coûts logistiques pouvaient absorber les économies d’échelle. D’autre part les objectifs et les cultures d’équipe peuvent être différents d’un département à l’autre.
Philippe Mangin n’a cependant pas caché son souhait de poursuivre sa politique de rapprochement et de nombreux projets communs ont déjà été réalisés tant en amont avec les appros qu’en aval avec la transformation des céréales et les bioénergies.

La parole aux adhérents

Les assemblées générales d’Alotis et d’EMC 2 se prononceront respectivement les 14 et 19 décembre prochain après les assemblées de sections qui auront eu lieu une dizaine de jours avant.
Les responsables d’OPA haut-marnais n’ont pas émis de réserves particulières sur ce projet ; ils ont simplement souhaité que la performance soit au rendez-vous pour que les agriculteurs haut-marnais puissent avoir la meilleure valorisation possible de leurs produits tout en conservant une relative liberté de choix.
Le fait que l’adhésion se fasse par « métier » (céréales ou viande) est une réponse à cette attente. Une réserve a toutefois été émise en ce qui concerne les prix différenciés par zone en fonction des coûts de transport. Mais là encore c’est la concurrence locale qui tranchera. L’important est donc de rester efficace et chacun souhaite que la coopération le soit ou le redevienne. Compte tenu du niveau de collecte actuel d’Alotis en Haute Marne, Philippe Mangin espère bien faire mieux en terme de pénétration.
Avant de connaître la stratégie de reconquête, il faut déjà construire la structure ; la parole est maintenant aux sociétaires.

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