L'Avenir Agricole et Rural 23 juin 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

CONSEIL FÉDÉRAL : IL MANQUE UN MILLIARD D'EURO

L’enlisement des dossiers PAC et les attaques environnementales du gouvernement ont fortement dégradé les relations entre le Ministre de l’Agriculture et la FNSEA. Les agriculteurs en souffrent et les responsables syndicaux s’essoufflent, c’est ce qui ressort du conseil fédéral* du 16 juin.

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Jamais les relations avec un ministre de l’agriculture n’avaient été aussi tendues. Le temps de la cogestion est bien révolu. Ce malaise est très préjudiciable aux agriculteurs qui ne trouvent plus l’écoute, la réactivité, ni le bon sens qui seraient bienvenus en cette période de calamités et de crise économique quasi générale.

 

Relations difficiles avec Stéphane LEFOLL

Déjà fort engagé politiquement en tant que porte parole du gouvernement, le ministre de l’agriculture s’est délibérément coupé du syndicalisme majoritaire en imposant ses choix personnels sur l’orientation de l’agriculture française et la gestion des dossiers.  Le mécontentement des responsables syndicaux, manifesté lors du congrès de la FNSEA de LAVAL en mars dernier, a définitivement rompu le dialogue avec le représentant de l’Etat qui s’affiche sur un temps politique, au sens politicien du terme.  Son obstination sur la (mauvaise) gestion des dossiers PAC, sa faible influence sur la scène européenne, son attentisme face aux attaques répétées des associations environnementales et anti-viande, exaspèrent le monde agricole. L’opposition du ministre à l’homologation du glyphosate et des néonicotinoïdes, ou encore le passage en force du paiement redistributif, sont la dernière illustration de cette rupture.

 

Paiement redistributif : pause souhaitée en 2017

La FNSEA avait pris position pour une pause–bilan du paiement redistributif en 2017. Or la profession vient de constater que le ministère de l’agriculture avait proposé à Bruxelles  de ne pas effectuer cette pause, contrairement aux engagements qui avaient pourtant  été pris le Président de la République. Ce mécanisme a des effets pervers car il ne tient pas compte de la productivité des sols  ni de la présence de la main d’œuvre sur les exploitations. Il est particulièrement préjudiciable aux exploitations de zones intermédiaires. De plus, le retard pris sur la gestion des dossiers PAC 2015 et 2016 ne permet pas d’avoir un bilan instructif de cette mesure. La FNSEA a réaffirmé lors du dernier Conseil Fédéral le souhait de rester en 2017 à 10 % du budget du premier pilier ; ce qui représente en positif 50 sur les 50 premiers hectares et la même somme, en négatif, au-delà de 100 hectares.

 

Demande d’un plan exceptionnel

Les calamités et la crise économique sont d’une telle ampleur qu’elles justifient, aux yeux de la FNSEA, la mise en place d’un plan exceptionnel. Les difficultés des agriculteurs s’accumulent et s’aggravent avec un grand péril pour la pérennité de nombreuses structures.  Le Fonds de Soutien à l’Elevage n’est plus à la hauteur des besoins. La FNSEA en appelle aussi à la solidarité de l’ensemble des acteurs de la filière y compris les établissements bancaires. L’année blanche ne remplit pas les objectifs attendus et nécessite une meilleure coordination locale. Ce constat est d’ailleurs vérifié en Haute-Marne puisqu’il n’y a eu jusque-là que 6 dossiers validés par la Cellule Départementale d’Urgence.

La FNSEA propose enfin à son réseau de mettre en place un service de prévention et d’accompagnement des difficultés des entreprises dans l’objectif prioritaire de défendre les intérêts des  agriculteurs. Ce dispositif pourrait compléter les actions portées par les cellules Réagir.

 

Retrouver des prix rémunérateurs

Rien ne remplacera évidemment une insuffisance de prix. Or l’agriculture est une filière rentable sauf pour ses producteurs qui ont perdu un milliard d’euros de valeur ajoutée annuelle. La FNSEA a lancé de multiples initiatives pour rééquilibrer les rapports de forces entre les différents acteurs. La Loi SAPIN a permis de faire quelques avancées mais elles sont encore trop timides. Des démarches sont aussi engagées dans le secteur de la viande pour mieux valoriser la viande bovine en général, et les races à viandes en particulier, avec l’opération «cœur de gamme». La FNSEA attend aussi du gouvernement une pause, au minimum, sur les aspects environnementaux et les contrôles PAC. Mais entre les déclarations d’intention et la réalité de terrain le fossé est toujours aussi large ! Plutôt que de faire des contrôles tatillons, l’ASP et l’Administration en général seraient mieux inspirées d’instruire les dossiers de demande d’aides avec célérité, comme l’ont rappelé ci-dessus les JA.

 

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