L'Avenir Agricole et Rural 18 octobre 2012 à 10h28 | Par Jean-Louis BLONDEL

CONSEIL D’ADMINISTRATION - Un syndicalisme de solutions

Avant d’évoquer le dossier des élections à la Chambre d’Agriculture, les administrateurs de la FDSEA ont fait un tour d’horizon des différentes filières. Ils ont aussi amorcé la réflexion sur le contrôle des structures qui n’est plus adapté.

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Christophe Fischer sera tête de liste aux prochaines élections à la Chambre d’Agriculture.
Christophe Fischer sera tête de liste aux prochaines élections à la Chambre d’Agriculture. - © JLB

Une fois de plus les résultats agricoles sont fortement impactés par les conditions météorologiques et les filières connaissent des fortunes diverses engendrant un blues de plus en plus marqué chez les éleveurs, particulièrement les laitiers.

Le blues des éleveurs laitiers

La baisse du prix du lait conjuguée à une hausse des charges entame sérieusement le moral des éleveurs laitiers qui se sentent piégés dans une production qui ne leur laisse plus aucune liberté dans le choix du client (la laiterie), ni de l’assolement de l’exploitation avec l’interdiction du retournement des pâtures. Les administrateurs souhaitent que la FDSEA et la FDPL communiquent davantage sur les marchés laitiers et leur perspective de développement. Ils considèrent  nécessaire d’accentuer la pression auprès des laiteries et des distributeurs pour que le travail des éleveurs soit rémunéré à sa juste valeur. Dans ce contexte, la décision de SODIAAL n’est toujours pas bien comprise et la fin des pénalités laitières génère une incertitude supplémentaire. Le tableau se noircit davantage avec le spectre de Schmallenberg qui semble (re) apparaître sur les bovins. Quelques élevages seraient en effet fortement touchés par des avortements et des baisses de production laitière.

Le moral des éleveurs de bovins viande est meilleur, sans être au beau fixe car les charges sont aussi au rendez-vous. Les administrateurs constatent que le marché s’ouvre enfin, en partie grâce à l’exportation après, plusieurs années de blocage d’une filière dans laquelle la production restait la variable d’ajustement. La FNB a eu le courage, il y a quelques temps, d’annoncer un objectif de 4 Ä et elle vise aujourd’hui 5 Ä/kg de carcasse.

Le marché du porc connait une baisse de l’ordre de 10cts mais le cadran reste à un niveau proche des coûts de production (1,67 Ä/kg auquel il convient d’ajouter les primes de qualité de 15 à 20 ctÄ). La production baisse aux USA et les exigences de bien être animal imposées en Europe à partir du1er janvier 2013 entrainera une baisse de production de 5 à 6 %, ce qui est de nature à maintenir les prix.

Pour ce qui est des ovins le redressement des marges constaté l’an dernier, grâce à la remise à niveau des soutiens, est en partie effacé par l’augmentation vertigineuse des aliments du bétail qui n’a pas pu être répercutée dans les prix aux producteurs.

L’aviculture, pour les éleveurs qui ne sont pas engagés chez Doux (et il n’y en a heureusement aucun en Haute-Marne), résiste à l’augmentation des coûts de production grâce à une politique de contractualisation efficace.

Le secteur des grandes cultures a la chance de pouvoir compter sur des marchés mondiaux très porteurs qui sont aussi soutenus par une politique volontariste de recherche de débouchés. C’est ainsi que l’interprofession des oléagineux (Sofiprotéol) a su saisir, il y a une dizaine d’année,  l’opportunité des biocarburants. Cette filière permet aussi d’accroître l’offre en matière de protéines, ce qui est bénéfique à l’élevage. La FDSEA, au sein des ses commissions «élevage» et «grandes cultures», entend approfondir la réflexion sur les échanges inter-filières et plus concrètement sur le développement de  la culture de luzerne.

Campagne pour les élections à la Chambre d’Agriculture

La FDSEA et les JA organiseront des réunions de terrain courant décembre et janvier. La convivialité et le débat seront recherchés pour que les échanges soient directs et constructifs. Le slogan de campagne sera «un syndicalisme de solutions». La FDSEA rappellera qu’elle est un syndicat sachant prendre ses responsabilités, avec des acquis concrets et une présence au quotidien auprès des agriculteurs, dans leur diversité. Elle défendra le bilan de la Chambre d’Agriculture et fixera un cap, à savoir, celui de produire pour des marchés rémunérateurs. Les biocarburants, les énergies renouvelables, la présence à l’exportation seront des sujet de positionnement stratégique. Il en sera de même du soutien aux interprofessions et à la coopération, lorsque ces dernières mettent en place des politiques et des investissements stabilisant les débouchés.

La FDSEA rappellera aussi qu’elle est d’abord au service des agriculteurs et des agricultrices afin de défendre leur revenu et leur qualité de vie. L’équité des droits sociaux et l’animation du milieu rural seront ainsi évoqués. Bien entendu l’installation des jeunes agriculteurs sera un leitmotiv, car elle conditionne tout simplement l’avenir de l’agriculture.


Voir la suite de cet article dans notre édition du 19 Octobre 2012.

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