L'Avenir Agricole et Rural 12 octobre 2017 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

CONJONCTURE : Une campagne très irrégulière

Comme chaque année, Cerfrance et la Chambre d’Agriculture de Haute-Marne ont présenté leurs résultats sur la conjoncture agricole. 2 017 est une année intermédiaire, moins pire que 2016, mais encore insuffisante pour rattraper les retards de trésorerie accumulés l’an passé.

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La forte demande des broutards charolais fait augmenter les cours.
La forte demande des broutards charolais fait augmenter les cours. - © Presse agricole du Massif central

Cette réunion d’information organisée à Chaumont le 2 octobre fut présentée conjointement par Cerfrance Champagne Nord Est Ile de France et la Chambre d’Agriculture de Haute-Marne, qui, grâce à une enquête rendement, permet d’avoir des indicateurs fiables. Le Président de la Chambre d’Agriculture Christophe Fischer annonce une année irrégulière : « en 2017 et 2018 on va payer le lourd tribut des deux campagnes précédentes. Il faut revenir sur nos modèles de production, s’approprier de nouvelles techniques et avoir plusieurs sources de revenu pour ne plus être dépendant d’un système ».

 

Jean-Luc Follot, responsable du pôle productions végétales à la Chambre d’Agriculture a fait un point climatologique. En 2017, la Haute-Marne a connu un fort déficit hydrique (l’un des plus marqués depuis 1976), avec un retour de la pluie en mai sous forme d’orages (mais avec des précipitations irrégulières selon leur localisation). La sécheresse précoce a impacté les sols les plus séchants. Le gel tardif en avril a détruit des épis en montaison et les fortes chaleurs de juin ont impacté le remplissage des grains.

Disparité des rendements

Jean-Luc Follot considère que « nous sommes dans une année moyenne, mais qui cache des disparités. Les terres profondes s’en sortent beaucoup mieux que les terres superficielles ». A cause des épisodes orageux et du gel tardif, les rendements de blés sont hétérogènes : le Grand Bassigny affiche de bons résultats avec une moyenne de 75 q/ha (+9 q/moyenne 5 ans), tandis qu’en zone montagne on est à 62 q/ha (+4 q/moy.5 ans) et 63 q/ha dans le Barrois (-1 ha/moy.5 ans). La qualité du blé est au rendez-vous avec, en moyenne, un PS à 77,6 et un taux de protéine à 12,1 %.

Les rendements sont moins bons en orges d’hiver, même si le Grand Bassigny tire son épingle du jeu avec une moyenne de 71 q/ha (+7 q/moy.5 ans), on note 50 q/ha en Montagne (-6 q/moy.5 ans) et 55 q/ha dans le Barrois (-7 q /moy.5 ans). On observe également de bons résultats dans le Grand Bassigny en orges de printemps avec 55 q/ ha en moyenne (+7 q/moy.5 ans), en Montagne on est à 45 q/ha (+4 q/moy.5 ans) et dans le Barrois à 47 q/ha (0 q/moy.5 ans). En revanche, il y a un problème de qualité : le taux de protéine étant trop élevé, certaines orges ne seront pas valorisées en brasserie. Les colzas sont la bonne surprise de l’année avec une moyenne de 41 q/ha dans le Grand Bassigny (+6 q/moy.5 ans), 36 q/ha dans le Barrois (+5 q /moy.5 ans) et 35 q/ha en Montagne (+5 q/moy.5 ans).

Nicolas Girault, conseiller Cerfrance Nord Est Île de France, a présenté les résultats économiques en grandes cultures. Il constate que les prévisions des prix de vente 2 017 sont inférieures à la moyenne 5 ans : 130 Euros/t en blé (contre 159 Ä/ha moy.5 ans), 135 euros/t en orge d’hiver (contre 153 Euros/t), 165 Euros/t en orge de printemps (contre 173 euros/t) et 355euros/t en colza (contre 378 Euros/t). Les charges évoluent : « dans le Barrois, on observe une baisse de 160 Euros/ha en 4 ans » note Nicolas Girault, la mécanisation restant le poste le plus élevé. En moyenne, le revenus des céréaliers est de 30Ä/ha (contre 55Ä/ha moy.5 ans), pour un EBE de 275Euros/ha, mais ces résultats cachent de grandes disparités (voir tableau dans notre page 03 du numéro de cette semaine).

 

Augmentation du prix du lait

Les résultats économiques des élevages laitiers ont été présentés par Gilles Saget, conseiller à la Chambre d’Agriculture. Le prix moyen du lait (comprenant l’ensemble des plus-values) a augmenté de 10 %, soit 347 Euros/1000 l, mais il reste en dessous de la moyenne 5 ans. « Il faudra une reprise durable du prix du lait pour amorcer un rattrapage des trésoreries » explique Gilles Saget. Le déficit de production (-0,7 kg par vache laitière) tend a se résorber grâce à la hausse des effectifs : + 2,5 vaches laitières par cheptel sur le 1er semestre 2017. Les livraisons pourraient donc rattraper le déficit de 2016/17 et se rapprocher de celui de 2015/16. Les charges fourrages et le coût des aliments sont à la baisse, tandis que la marge brute est relativement élevée à 235Euros/1000 l. Les charges devraient continuer à diminuer (- 95 Euros/ha depuis 2013) grâce aux rendements fourragers, mais la qualité des maïs est encore incertaine.

 

Viande : marché à la hausse

En viande bovine, le marché est à la hausse, mais les cours restent en dessous de leurs très bons niveaux de 2013. Les broutards charolais de moins de 350kg s’en sortent le mieux avec des cotations supérieures aux deux années précédentes grâce à une forte demande. La bonne demande italienne compense les envois limités dans les pays tiers. L’automne devrait être plus dynamique avec la réouverture officielle du marché algérien et la reprise des envois vers la Turquie. On observe une augmentation des marges brutes par rapport à 2016 : herbager vente en broutard + 57 Euros/UGB (-5 %/moy.5 ans), polyculteur vente en broutard précoce + 44 Ä/UGB (+ 2 %/moy.5 ans) et polyculteur vente de JB + 26 Euros/UGB (+ 3 %/moy.5ans). Les charges opérationnelles baissent de 2 à 15 %.

Le prix des agneaux de bergerie baisse de 4 %, mais les agneaux d’herbe sont en hausse de 3 %. Par rapport à 2016, les marges brutes sont de + 6 Euros/brebis en système herbager (+ 8 %/moy.5 ans), + 2 Euros/brebis en système mixte (+ 6 %/moy.5 ans) et -1 Ä/brebis en système bergerie (+ 3 %/moy.5 ans). Les charges opérationnelles baissent de 3 à 7 %.

D’une manière générale, les écarts se creusent entre les exploitations qui se sont adaptées au contexte prix/météo et les moins bonnes techniquement. Tous systèmes confondus, le Bassigny et le Der atteindraient un revenu 2 017 de 210Euros/ha de revenu, arrive ensuite la zone Montagne avec 140Euros/ha, en revanche c’est plus difficile pour le Barrois avec 90Euros/ha. La moyenne générale pour la Haute-Marne s’établirait à 140Euros/ha, mais tous ces résultats ne sont encore que des prévisions, ils doivent être affinés.

 

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