L'Avenir Agricole et Rural 05 avril 2017 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Congrès de la FNSEA : Faire vivre la diversité de l’agriculture

Le président de la Frsea, Hervé Lapie, a exprimé à Brest les convictions des agriculteurs et viticulteurs des dix départements du Grand Est. Une démarche prospective a animé cette région qui tient à son modèle humain, en jouant toutefois la diversité de son agriculture.

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Hervé Lapie, lors de son intervention au pupitre du congrès.
Hervé Lapie, lors de son intervention au pupitre du congrès. - © JL MASSON

l’heure de l’expression des régions, le nouveau président de la Frsea, Hervé Lapie, a pris la parole pour le Grand Est. Il a d’entrée remercié son prédécesseur, Joël Hospital, qui a assumé cette présidence pendant les six dernières années. «Le Grand Est ne fait pas exception cette année. Les agriculteurs sont en difficultés économiques mais aussi en manque de repères. Après les aléas économiques liés au marché depuis 2015, la région a subi un aléa climatique d’une ampleur jamais connue» estime le responsable en rappelant les pertes de rendements de l’ordre de 30 à 50 % sur certaines cultures.

 

Stocker et protéger l’eau

Hervé Lapie aborde ensuite l’implication de l’agriculture lorsqu’il s’agit de protéger Paris des inondations et d’assurer l’activité touristique pendant la période estivale sur les lacs réservoirs. «C’est légitime, considère-t-il, mais si les agriculteurs veulent bien assumer ces responsabilités, nous exigeons des conditions : être respectés et indemnisés à la hauteur des enjeux pour protéger «les biens collectifs» partout sur le territoire du Grand Est. Oui, nous devons être considérés et respectés, comme des acteurs d’un territoire vivant». Et de poursuivre : «l’eau est tantôt absente, tantôt débordante... Nous devons continuer à réfléchir à son utilisation et à sa protection. L’irrigation est aussi un sujet majeur pour notre région, afin de continuer à créer de la valeur sur nos exploitations. L’eau, c’est la vie, sans eau pas d’agriculture. Nous avons la chance d’en disposer alors sachons mener des projets responsables qui permettent de la stocker mais aussi de la protéger».

Si l’eau est un sujet majeur, le sol en est un autre ; c’est la raison pour laquelle la Frsea a travaillé pour que les éleveurs ne voient pas leur ICHN disparaître. Le dossier des zones intermédiaires et de moyenne montagne mérite lui aussi d’être retravaillé.

 

Le Grand Est croiten l’Europe

Sur le Grand Est, le syndicalisme est mobilisé sur la PAC 2020, la définition du statut de l’agriculture, «le lamentable dossier des MAEC bio et conventionnelles géré par l’Etat», la présence du loup avec des dégâts très sérieux (notamment dans les Vosges). Le très difficile dossier PAC 2015 nécessite aussi beaucoup d’énergie. Hervé Lapie déplore «des lettres de fin d’enregistrement toujours pas connues et des agriculteurs en grande souffrance psychologique avant d’être financière...».

Tout cela parce que certains ont oublié de cocher la case des SIE ou JA sur leur dossier PAC. La sanction peut atteindre parfois jusqu’à 10.000 , alors que le travail a été réalisé. La FRSEA est déjà en action pour engager les procédures judiciaires pour ses adhérents.

Pour autant, le Grand Est croit en l’Europe, martèle le syndicaliste. «Nous sommes une région frontalière forte et nous devons en faire un réel atout. Alors que nos voisins s’occupent des marchés, nous continuons à protéger nos acquis autour des aides. Sachons être attentifs aux attentes du marché et à l’organisation de nos filières» poursuit Hervé Lapie, en s’interrogeant «si un des candidats à la Présidentielle pouvait donner une vision, un projet à partager avec les agriculteurs et la société, en réaffirmant les ambitions de la France pour son agriculture et ses territoires ruraux».

Un modèle unique

Pour lui, l’agriculture française et celle du Grand Est constituent un modèle unique dans lequel la France plonge ses racines et son identité. «Un modèle basé sur des exploitants libres et responsables qui maîtrisent leurs outils et décident de leur mode de production».

S’appuyer sur ce modèle, c’est faire vivre la diversité de l’agriculture.

La Frsea a mené une réflexion dans un groupe prospective en examinant différentes pistes : bio, circuits courts, agro-industrie, exportations, complémentarité élevage grandes cultures, vignobles alsaciens et champenois… Et la conclusion est que «notre territoire ne peut pas laisser filer son agriculture. L’agriculture c’est une solution ! Elle se compose surtout de femmes et d’hommes qui ont fait un choix de vie : vivre leur passion. Nous sommes plus de 50.000 exploitants agricoles et viticulteurs. Il y a ceux qui s’engagent pour défendre les valeurs de nos réseaux. Le travail est certes difficile en ce moment, mais c’est bien l’esprit d’équipe et l’intelligence collective qui permettent de gagner sur la durée. Soyons à l’initiative, avec les OPA, de projets porteurs d’espoir, d’avenir et d’installation» a conclu Hervé Lapie.

 

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