L'Avenir Agricole et Rural 04 juillet 2013 à 10h08 | Par L'Avenir Agricole et Rural

CONGRES de coop de france - Les éleveurs font un pas en avant vers les consommateurs

Le congrès de Coop de France Pôle animal qui se tenait à Angers les 26 et 27 juin était l’occasion de formuler une nouvelle stratégie : quitter la posture défensive et aller vers les consommateurs.

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A l’origine, les promotions sont censées aider à écouler les stocks de viande à un moment où les clients n’auraient pas le réflexe d’en acheter.
A l’origine, les promotions sont censées aider à écouler les stocks de viande à un moment où les clients n’auraient pas le réflexe d’en acheter. - © JCGUTNER

Le temps de la posture défensive est révolu. Les filières d’élevage ne gaspilleront plus toute leur énergie à contre-attaquer ou à se défendre des attaques qui leur sont portées. C’est en tout cas ce qu’il ressort du congrès annuel de Coop de France Pôle animal qui se tenait à Angers les 26 et 27 juin. Le message est passé: «Les Français aiment les agriculteurs, mais n’achètent pas systématiquement français. C’est un rendez-vous manqué», a déclaré Jacques Poulet, directeur du Pôle animal de Coop de France au cours du congrès. La stratégie à l’ordre du jour : valoriser les efforts fournis par les éleveurs depuis de nombreuses années, que ce soit dans le secteur de la production, de la productivité, de l’environnement et du bien-être animal. «Les filières agricoles doivent montrer la réalité des efforts réalisés», poursuit Alain Berger, délégué interministériel à l’agroalimentaire et à l’agro-industrie. Charles Pernin, de CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), analyse : «Les gens ont besoin d’intégrer les discussions que vous tenez en vase clos depuis des années. Ils veulent comprendre et pas seulement l’origine : ils veulent connaître vos métiers et vos valeurs».

Insuffisance de l’origine

L’étiquetage de l’origine est un lien direct entre les éleveurs et les consommateurs. Oui, mais la seule information d’origine ne suffira pas, selon Charles Pernin.D’autres informations seront nécessaires. Il est rejoint par le représentant de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), Mathieu Pecqueur : «L’étiquetage de l’origine nationale parle, mais il existe d’autres critères plus persuasifs : les labels régionaux, le prix, le dispositif de qualité…». La filière, appuyée par les pouvoirs publics, est en train de redéfinir un cahier des charges pour l’étiquetage de la viande d’origine française : l’origine ne sera pas le seul paramètre pris en compte. Au socle commun pour les différentes espèces devront s’ajouter des spécificités pour chacune d’entre elles.

Promotion abusive

La bête noire des filières d’élevage est sans doute les promotions réalisées sur les produits. À l’origine, les promotions sont censées aider à écouler les stocks de viande à un moment où les clients n’auraient pas le réflexe d’en acheter. «Sur l’idée d’origine, ok. Mais l’usage des promotions dépasse cet objectif : aujourd’hui, elles sont réalisées à des moments de l’année où les clients achèteraient ces produits même sans promotion», lance un adhérent de Coop de France présent dans l’assemblée. Mathieu Pecqueur justifie : «Nous avons peut-être abusé des promotions en viande porcine, mais finalement, le consommateur choisit son magasin en fonction des prix qu’il propose». Autrement dit : les promotions ne permettent plus seulement d’écouler les stocks, mais aussi d’attirer les clients. Une donnée qui ne date pas d’hier et qui n’en reste pas moins polémique. La guerre des prix bas entre les enseignes épuise l’ensemble des maillons de la filière, même la distribution commence à en pâtir. Jacques Poulet rapporte les mots du dirigeant d’une grande enseigne : «Nous allons droit dans le mur».

Sortir de l’impasse

Le rappel de la stratégie de la distribution, mal reçue par les acteurs de la filière, ne s’arrête pas là. La FCD indique que des initiatives et des contrats existent entre les filières et la distribution. Si ils ne sont pas majoritaires, Alain Berger veut être optimiste : «Les distributeurs sont des acteurs économiques puissants. Ça ne va pas être facile, mais il va falloir renouer un lien».

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