L'Avenir Agricole et Rural 14 septembre 2017 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

CONCOURS : SILLONS D'ESPOIR SOUS LE SOLEIL

La finale régionale des labours a connu une belle réussite, dimanche dernier, sur les terres meusiennes de Gironville-sous-les-Côtes, offrant une parenthèse dans un contexte agricole toujours morose. Les concurrents alsaciens ont remporté l’épreuve, mais les trois régions historiques du Grand Est devraient être représentées ce dimanche dans l’Oise.

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Premier exercice, le tracé délicat de la raie d’ouverture, sur une longueur de 100 m.
Premier exercice, le tracé délicat de la raie d’ouverture, sur une longueur de 100 m. - © HUMBERTCLAUDE Alain

La finale régionale des labours du Grand Est, baptisée «Void Com on laboure ici», s’est déroulée dans des conditions quasi idéales, dimanche 3 septembre à Gironville-sous-les-Côtes, à la satisfaction des Jeunes agriculteurs de Void-Commercy. La veille pourtant, un orage avait perturbé la fin de la journée, sans grandes conséquences. Tout était rentré dans l’ordre dimanche matin, et après la bénédiction des attelages, c’est sous le soleil et dans un sol ressuyé, que le coup d’envoi du labour a été donné, vers midi. Si un minimum de véhicules pouvaient accéder sur le site, pour cause de sécurité renforcée, rien ne s’opposait au démarrage des tracteurs des douze concurrents de cette deuxième finale régionale Grand Est.

Premier exercice, le tracé délicat de la raie d’ouverture, sur une longueur de 100 m. «L’objectif est d’avoir une rectitude parfaite» explique Sébastien Rognon, venu du Doubs, qui présidait le jury avec Raphaël Ramond, du Loiret. Malgré le piquetage préalable, déjà, des différences apparaissent...

 

Doublé pour le Bas Rhin

Après la pause de midi, les jeunes laboureurs ont redémarré leur attelage pour un peu plus de deux heures d’épreuve. Les plus aguerris étaient équipés de charrues de compétition, permettant de multiples réglages, d’autres utilisant des engins moins sophistiqués. Comme Vincent Doudoux, jeune meusien qui ne s’attendait pas à être là. Qualifié la veille après avoir remplacé au pied levé un concurrent, il a dû troquer son brabant quatre socs contre un trois fers, pour se conformer aux règles régionales. Mais qu’importe, « j’aurai au moins la satisfaction d’avoir participé à une finale régionale» confiait-il.

Massé le long des parcelles, un public nombreux a encouragé les participants tout au long de l’après-midi, certains appréciant leur travail d’un œil connaisseur. D’autres regrettaient que les jeunes tendent à délaisser ce genre de confrontation amicale : «même si on laboure moins, il faut continuer à motiver les jeunes, le labour, c’est l’amour du métier...» confiait un agriculteur.

Les résultats semblent lui donner raison. Dans les deux catégories, les concurrents venus d’Alsace, où la tradition des concours est toujours bien ancrée, se sont à nouveau montrés les plus habiles pour tracer les plus beaux sillons. Dans le labour «en planches», Valentin Meyer, du Bas-Rhin, est arrivé nettement en tête, devant le mosellan Ludovic Wagner, qui l’accompagnera en finale nationale, ce week-end, près de Compiègne. L’Alsacien de 22 ans, installé sur une ferme céréalière, avec un élevage de poulet label rouge, tentera de monter sur la plus haute marche, après avoir terminé deuxième l’an dernier. A Gironville, il a apprécié de travailler «un terrain sec et homogène», et sans aucun caillou.

Dans le labour à plat, c’est encore le Bas-Rhin qui décroche la timbale, avec Romain Friess, 18 ans, Etudiant en Bts Acse, il participera à sa première finale nationale, avec l’ardennais Thibault Massart, 17 ans à peine, et seul concurrent de Champagne Ardenne. Les trois régions historiques du Grand Est pourront ainsi être représentées dans l’Oise.

 

Les tondeuses font le spectacle

Autour du labour, de nombreuses animations ont capté l’attention du public tout au long de la journée. En face du labour, une autre finale régionale a mis en lice les tracteurs anciens, avec leurs charrues traînées. Quinze concurrents, jeunes et moins jeunes, en costume d’époque, ont montré que la tradition du labour est encore bien vivace, au volant d’engins qui ont marqué les débuts de la mécanisation : Lanz, Farmall, Zétor, All Gaier...Au-delà de la confrontation amicale, l’enjeu était aussi une place en finale nationale. Après les délibérations du jury, Francis Boulanger, au volant d’un tracteur BMD, et Jean-Nicolas Condi, qui pilotait un Farmall 267, tous deux de Vaucouleurs, ont accédé aux deux premières places, et un ticket pour représenter le Grand Est ce dimanche près de Toulouse.

Plus petits mais non moins bruyants, les tracteurs tondeuses ont aussi assuré le spectacle, dans des rondes effrénées, soulevant des nuages de poussière qui n’ont pas fait fuir le public. Les pilotes des cinq équipes engagées, «teams Mendès» ou «Houpa Loumpa», s’en sont donnés à cœur joie sur un parcours sinueux, même si parfois les moteurs gonflés à bloc ont quelque peu renâclé...

 

Enfants gâtés

Parmi le matériel dernier cri exposé un peu plus loin, un impressionnant semoir de semis direct, utilisé par un GIEE du sud meusien, symbolisait une agriculture en recherche de solutions pour réduire ses intrants et préserver les sols. Plusieurs démonstrations de semis sous couvert ont ainsi attiré le public, qui a pu aussi découvrir la diversité des plantes cultivées dans la région.

Du côté des joutes intercantonales, le divertissement était de mise aux abords de la piscine où les jeunes agriculteurs ont rivalisé d’adresse et d’équilibre. Particulièrement gâtés, les enfants ont largement profité des animations, entre structure gonflable, animaux miniatures, et baptêmes en tracteur, avant de se rafraîchir avec des glaces fermières proposées sur le marché du terroir, où les premières quetsches de pays côtoyaient les dernières mirabelles. Après la proclamation des palmarès (lire par ailleurs), l’envol de trois montgolfières a conclu en beauté cette belle journée campagnarde offerte par les Jeunes agriculteurs.

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