L'Avenir Agricole et Rural 17 juin 2011 à 16h14 | Par Jean-Louis BLONDEL

COMMISSION GRANDES CULTURES - Oléo et pro !

La commission grandes cultures de la FDSEA qui s’est réunie le 10 juin sous la présidence de Thierry LAHAYE a renouvelé l’appel à la solidarité avec les éleveurs et a rappelé l’importance de l’organisation interprofessionnelle dans la durabilité de la filière oléoprotéagineuse.

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L’interdiction du broyageserait source de complications

Le tour de table traditionnel a mis en évidence de gros écarts entre les régions, les communes voire les parties de parcelles en fonction de la pluviométrie et la qualité des sols.Si la cession de la paille ne pose aucun problème, l’interdiction du broyage n’est pas pour autant souhaitée.
Tous les membres de la commission grandes cultures sont favorables à la cession de la paille malgré les perturbations que cela peut entraîner sur leurs façons culturales. Christophe FISCHER s’interroge toutefois sur les cas marginaux qui pourraient provoquer des réactions d’incompréhension sur le terrain. Pour prévenir tout conflit éventuel la FDSEA mobilisera son réseau local afin de sensibiliser jusqu’au dernier moment les quelques récalcitrants qui pourraient encore se manifester.L’interdiction du broyage peut être demandée auprès du Préfet qui a reçu des instructions nationales pour réglementer en la matière. Mais l’état de certaines cultures en particulier, les orges de printemps, ne va permettre de ramasser la paille. Il en est de même des parcelles ou parties de parcelles qui sont pratiquement inaccessibles avec une presse.L’appel à la solidarité ne s’arrête pas à la mise à disposition du coproduit « paille » mais concerne aussi les modalités financières.« Les excès de prix (au-delà de 25 €/T) ou les échanges de paille-fumier au-delà de 2 pour 1 seront vite repérés et les spéculateurs seront montrés du doigt » devait rappeler Christophe FISCHER devant une commission parfaitement en phase avec cette position.

Revoir certains contratsde brasserie

Les récoltes d’orges de printemps vont malheureusement être quasi inexistantes dans quelques zones fortement impactées par la sécheresse. La commission grandes cultures espère que les organismes stockeurs accepteront de prendre en considération ce cas de force majeure dans la renégociation des contrats «brasseries» tant au niveau de la qualité que de la quantité.La question sera évoquée lors d’une prochaine réunion de la FRSEA avec les interlocuteurs concernés mais d’ores et déjà de nombreux OS ont pris les dispositions pour répondre à cette attente tout en respectant les principes généraux de l’engagement contractuel.

Une filièreoléoprotéagineuse exemplaire

Grégoire DUBLINEAU, directeur de la FOP (Fédération des Oléo Protéagineux) a précisé la démarche de filière engagée depuis de nombreuses décennies et qui porte aujourd’hui pleinement ses fruits avec les multiples débouchés organisés, et maîtrisés, par l’interprofession dans les domaines alimentaire, industriel et énergétique. La démarche a commencé dans les années 70 lorsque les États-Unis ont boycotté le soja. La Profession a mis en place des outils pour relancer la production de protéagineux. La question reste d’actualité et les prémises de réflexion sur l’évolution de la PAC font régulièrement état du renforcement des protéagineux dans les assolements. La filière oléagineuses s’est quant à elle bâtie sur la nécessité de trouver les débouchés à l’huile dont le marché alimentaire était rapidement saturé.SOFIPROTEOL a utilisé pleinement son effet levier en investissant le fonds constitué par les cotisations interprofessionnelles dans l’alimentaire, dans un premier temps, en rachetant Lesieur, puis en se lançant dans le biodiester après plusieurs années de recherche et de lobbying. Plus récemment la filière a investi dans GLON-SANDERS afin d’occuper le marché important de l’alimentation animale. Enfin la chimie verte est pleinement explorée grâce aux filiales NOVANCE et OLEON. Au total le chiffre d’affaires de la filière «oléo pro» s’élève à 6,5 milliards € et emploie 6 500 collaborateurs dans 66 pays. Cette démarche est pleinement maîtrisée par la Profession Agricole et la rémunération de graines reste la finalité première. « C’est une démarche exemplaire que l’on souhaiterait dans toutes les filières » devait renchérir Thierry LAHAYE qui est aussi administrateur de la FOP.

Le colza diester à 406 €/tonne payé aux OS

Diester Industrie, qui est leader sur le marché du biodiesel avec plus de 60 % de la production française et 30 % de la production européenne, joue un rôle moteur dans les relations contractuelles.La volonté nationale était de permettre une contractualisation transparente allant du producteur à l’usine de diester avec notamment une prime d’engagement sur un tiers du volume pendant 3 ans.Il s’agissait d’une contractualisation à trois associant Diester, les OS et l’agriculteur. Probablement faute d’implication de tous les acteurs, cette contractualisation a fait long feu et Diester Industrie se contente aujourd’hui de signer les engagements avec les OS en faisant référence au MATIF (Marché à Terme des Instruments Financiers). Au cours des années 2008 et 2009 le colza livré à Diester Industrie a été payé à 105 % de la moyenne annuelle du MATIF. Cette année, suite aux conditions de marchés, le coefficient est moindre (92 %) mais il permet néanmoins une rémunération sur un prix de base janvier de 364 €/t pour le colza et le tournesol oléique. En y ajoutant la prime de marché en moyenne de 8 €, une prime d’engagement en moyenne de 12 € et la rémunération de la qualité (impuration, humidité, taux d’huile) de 22 €/T le prix rendu usine ressortira en moyenne à 406 € (410 pour le tournesol oléique). L’agriculteur devra déduire de ces montants les frais d’approche et la marge de son OS.

Le colza est aussi un protéagineux !

Avec 2 tonnes de tourteaux pour une tonne d’huile, le colza a d’abord un débouché en alimentation animale. La commission céréales souhaite que cette spécificité soit mieux valorisée auprès de l’opinion publique qui a trop tendance à décrier les biocarburants. Les décideurs politiques doivent aussi s’imprégner de ce  constat de faits pour inscrire systématiquement le colza, ainsi que le tournesol, dans la liste des cultures à favoriser dans le cadre de la diversité d’assolements qui pourrait être demain valorisée avec la réforme de la PAC.D’ailleurs le soja, que l’on considère communément comme un protéagineux parce que l’on ne connaît en France que le tourteau, n’est-il pas au départ un oléagineux…. ? !A propos de valorisation des tourteaux, la commission grandes cultures a aussi souhaité que les agriculteurs polyculteurs-éleveurs puissent avoir un retour plus direct des graines livrées. Cela nécessite probablement une contractualisation sur le long terme avec les usines de trituration. En toute hypothèse la commission grandes cultures souhaite que les tourteaux de colza sortant par exemple de l’usine du MERIOT, propriété du Diester Industrie puisse être valorisée par les éleveurs locaux et ne soit jamais destinés à d’autres usages que l’alimentation animale.

Ne pas oublier la luzerne

Dans la famille des oléoprotéagineux, il y a aussi la luzerne valorisée en brins longs. Le bilan de santé lui  a chichement réservé 1 million € sur les 40 attribués aux protéagineux, à la luzerne fourragère. Cette aumône n’a pas eu d’effet moteur sur l’assolement de cette culture qui est pourtant bien adaptée aux sols et au climat haut-marnais, surtout dans les conditions actuelles. La problématique est différente de la luzerne déshydratée qui constitue une filière spécifique. La commission grandes cultures de la FDSEA estime que les céréaliers et les polyculteurs-éleveurs haut-marnais sont prêts à relever le défi de la luzerne fourragère à condition qu’il y ait une réelle volonté politique d’accompagnement au niveau national. Le challenge est à relever.

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