L'Avenir Agricole et Rural 20 octobre 2011 à 11h19 | Par Jean-Louis BLONDEL

COMMISSION ELEVAGE - Les éleveurs veulent aussi profiter du contexte mondial

Le contexte mondial semble enfin sourire aux éleveurs de viande bovine qui, pour la première fois, peuvent vendre sans restitution à des prix supérieurs au marché national. Ils estiment toutefois que la viande n’est pas encore à son prix de revient.

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Le retournement de conjoncture a été spectaculaire entre le mois de juin au cours duquel les éleveurs décapitalisaient et le mois d’octobre où l’engraissement retrouve de l’intérêt avec l’appel d’air de l’exportation.

L’export à plus de 4 € !

Jean Luc Duret, sous directeur d’EMC2 – Alotis, est venu donner aux membres de la commission élevage quelques éléments de compréhension sur le marché de la viande bovine et la politique de sa coopérative. Il constate avec soulagement que le marché est très porteur  en raison d’une demande soutenue et d’une offre qui reste faible du fait de la diminution du cheptel reproducteur qui est encore en grande partie constitué, au niveau européen, de vaches laitières.
Ce sont surtout les pays méditerranéens qui achètent et soutiennent le marché avec des niveaux de prix qui n’avaient encore jamais été observés. EMC2 exporte ainsi des volumes non négligeables sur le Liban et maintenant sur la Turquie. Au départ ce pays importait principalement des carcasses mais aujourd’hui il s’agit plutôt d’animaux vivants. Le prix de vente d’un jeune bovin «race viande» de 650 à 750 kg vif est de l’ordre de 2,40 €, ce qui représente plus de 4 € du kg de carcasse. La coopérative entend faire profiter tous ses éleveurs de cette fenêtre de tir favorable en répartissant le prix sur l’ensemble du volume collecté, ce que ne font pas nécessairement certains négociants qui sont dans une autre logique.
Toutefois, les jeunes bovins «laitiers» partent en priorité en vif à 1,85/kg, ce qui correspond à un prix carcasse de 3,4 E (+28%/2010). En effet, le coefficient de conversion vif/carcasse est de 0,54 pour les laitiers et de l’ordre de 0,6 pour les jeunes bovins viandes.
La pression sur les abattoirs, et particulièrement sur le leader du secteur M. Bigard, est très forte. Ce dernier malgré sa résistance doit suivre le marché. Evidemment les GMS ne pourront pas contrarier longtemps ce mouvement à la hausse, du moins sur les catégories d’animaux qui sont exportées à savoir les jeunes bovins.

Bouleversement dans la grille de cotations

D’une année entre 2010 et 2011 les jeunes bovins ont augmenté de près de 20 % alors que les génisses de race viande ou encore les vaches de réforme de bonne qualité n’ont progressé que de 6 à 8 %. Cela s’explique par le fait que ces dernières catégories ne sont pas exportables et que les abattoirs ainsi que les GMS font pression pour  empêcher l’augmentation ; néanmoins une certaine porosité doit s’installer à terme entre les différents marchés. Le contexte est favorable à une augmentation des prix sur toutes les catégories. Il est dans l’intérêt de la filière et des abattoirs de rémunérer correctement les producteurs si elle veut conserver un volume d’activité. Tel est l’esprit dans lequel œuvre actuellement la FNB qui veut profiter de ce contexte favorable pour mettre en place une contractualisation gagnante.

Aide à l’engraissement accueillie avec réserve

L’aide de 60 € pour les ateliers de plus de 50 places ne fait pas l’unanimité au sein de la Profession. Les JA auraient en effet souhaité que la taille des ateliers aidés puisse être plus faible. Vincent COURTIER estime qu’un petit atelier d’une vingtaine d’animaux dans un système de polyculture élevage mérite d’être aidé.
Mais ne faut-il pas professionnaliser davantage la production en mettant en place des ateliers suffisamment importants pour que l’agriculteur ait une réelle réflexion économique en optimisant tous les postes de production ? EMC2 de son côté continue de promouvoir les ateliers de 200 places (cap 200) et, suite au rapprochement avec CAPEVAL, proposera des solutions intermédiaires. La Commission élevage envisage d’organiser un déplacement et une étude approfondie sur ce thème.

La filière locale toujours d’actualité

La Chambre d’Agriculture continue de prospecter le marché haut-marnais de la restauration hors foyer. Elle entend aussi relancer la valorisation de la traçabilité locale auprès des bouchers. Un potentiel de développement existe et il convient de le dynamiser avec une communication renforcée. Gratienne EDME-CONIL a ainsi présenté la semaine de la viande qui se déroulera du 14 au 20 novembre. Les producteurs sont invités à y participer en ouvrant leurs exploitations au grand public pendant quelques heures. La Commission entend aussi rappeler que l’appellation «filière locale» dont se prévalent aujourd’hui les GMS n’est cohérente que dans le cadre d’un élevage et d’un abattage sur place. Un courrier sera fait aux enseignes qui veulent privilégier leur abattoir «maison» en faisant voyager les animaux, et les carcasses, à travers la France.
Cette étude prospective a déjà mis en évidence un besoin immédiat non satisfait en veaux de boucherie. Une trentaine d’animaux pourrait être commercialisée chaque semaine sur la base d’un prix de vente de plus de 6 e / kg. Il s’agit d’une viande rosée qui autorise donc une complémentation en aliments.
Ce débouché s’adresse aux veaux de races croisée ou à viande.

Réforme de la PAC : toutes les vaches doivent être primées

Les premières propositions de la Commission Européenne font état d’une disparition des références historiques, la Commission Elevage est favorable à ce principe car les éleveurs haut-marnais ont toujours dénoncé l’injustice du troupeau allaitant non primé. En revanche la PMTVA doit être maintenue, comme le demande aussi la FNB. Il s’agira évidemment de primer toutes les vaches nourrices qui sont présentes sur l’exploitation à l’instar de ce qui se pratique déjà pour la production ovine.
La Commission Elevage a aussi pris connaissance de la nouvelle réglementation sur les actes vétérinaires qui figurent désormais sur une liste positive dans laquelle les éleveurs bénéficient des mêmes conditions d’intervention que les techniciens spécialisés.
Elle a, par ailleurs, fait le constat que la procédure calamités restait beaucoup trop sélective et que nombreux éleveurs herbagers ne pourront pas passer le seuil de 13% qui reste beaucoup trop théorique.
Le GIE export devient GEF

Le GIE export qui avait été suggéré au mois de juin dernier par la FNB  se transforme en Groupement export français (GEF). Il va concentrer son action sur la prospection des marchés et la veille économique pour améliorer les performances des exportateurs dans leurs opérations internationales. Cette nouvelle approche a reçu la bénédiction de Bruno Le Maire qui s’est félicité, lors d’un déplacement en Saône-et-Loire le 13 octobre, de l’accord trouvé entre la Fédération nationale bovine (FNB), de la Fédération de l’industrie et du commerce en gros des viandes (FNICGV), de la Fédération française des commerçants en bestiaux (FFCB) et de l’interprofession bovine (Interbev).

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