L'Avenir Agricole et Rural 01 décembre 2011 à 10h50 | Par A. Humbert-Claude

COMMERCIALISATION D’ANIMAUX - Alotis info, fait pour durer

Chaque fin de semaine, Alotis envoie à ses adhérents une information rapide sur les marchés bovins et la vie de la coopérative, assortie de conseils de commercialisation. Coup de projecteur à l’occasion du 500ème numéro de ce qui apparaît comme un véritable outil de gestion pour les éleveurs.

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Jean Guinay, ancien directeur d’Alotis, et Jean-Luc Duret, directeur adjoint de la filière bétail et viande d’Emc2, et rédacteur du «fax du samedi».
Jean Guinay, ancien directeur d’Alotis, et Jean-Luc Duret, directeur adjoint de la filière bétail et viande d’Emc2, et rédacteur du «fax du samedi». - © A HC

Cinq cents numéros, c’est-à-dire bientôt dix ans que Alotis, devenue entre temps section élevage d’EMC2, envoie chaque samedi son bulletin d’info rapide à la grande majorité de ses huit cents adhérents. Réalisé par fax d’abord, l’envoi se fait entre 12 h et 13 h, de plus en plus par courriel, au choix des destinataires, avec l’avantage d’être quasi instantané.

Le document d’une seule page se compose presqu’invariablement d’un extrait de la grille d’achat des bovins par la coopérative, avec une tendance pour la semaine suivante ; de diverses informations sur les marchés, assorties de conseils sur la conduite à tenir ; de renseignements pratiques (réunions, ramassages des animaux, infos sanitaires), et d’un texte sur un thème qui varie selon la conjoncture et l’actualité de la coopérative.

Infos et conseils

La formule a fait ses preuves. Elle est arrivée avec son rédacteur, Jean-Luc Duret, lors du rapprochement de la Sicabev 52 avec ce qui était encore le GPBM. Elle a perduré avec la fusion et la naissance d’Alotis. Le directeur d’alors, Jean Guinay, qui occupe toujours des fonctions dans la coopérative, estime que « on n’aurait pas la même relation avec les adhérents sans le fax ; on a rendez-vous avec eux tous les samedis matins, c’est un outil indispensable ». Le bulletin permet de maintenir un lien régulier avec les éleveurs, qui décident du rythme de passage du technicien, et font appel à la coopérative lorsqu’ils ont des animaux à mettre sur le marché.

En plus des prix, la coop apporte des informations utiles pour commercialiser les animaux. En recommandant parfois d’attendre, ou au contraire de profiter d’une opportunité. Par exemple en juin 2010, elle a conseillé d’attendre la remontée des cours, qui tardait à arriver, pour vendre les taurillons ; les éleveurs ont pu ainsi gagner plusieurs centimes par kg lors de la vente de leurs animaux.

Une pointe d’humour en plus

L’information régulière permet aussi de mieux faire comprendre -et accepter- la stratégie de la  coopérative. Dernièrement, elle a partagé ses livraisons entre un marché turc très porteur et les abattoirs locaux où les prix étaient moindres «dans le souci de préserver l’avenir» des outils locaux . Mais en mutualisant le prix des bêtes livrées quelques soit la destination. «on n’aurait pas pu le faire sans une relation de confiance avec les adhérents» explique Jean-Luc Duret, directeur adjoint de la filière bétail et viande à Emc2.

Le rédacteur qui se fait fort de trouver chaque semaine une idée nouvelle pour accrocher les lecteurs, n’hésite pas à utiliser l’humour régulièrement. Même s’il est conscient que certains peuvent ne pas apprécier, c’est une façon pour lui de mieux faire passer le message en rendant la lecture plus attrayante. Dernier exemple en date : «on bosphore pour faire ottoman» écrivait-il lors de la fermeture du marché turc. Autre exemple paru lors de la reprise de Socopa par Bigard, titré «Du Big’Art» et qui a terminé sur le bureau du numéro un français de la viande.

Mais pour autant, l’auteur est bien conscient que «l’humour c’est bien, mais ça ne passerait pas sans la crédibilité commerciale». Et sur ce plan, la fusion avec EMC2, en plus d’une baisse des frais de gestion, a donné plus d’assurance dans les prix annoncés, en mettant la structure à l’abri de trop forts soubresauts du marché. L’Esb et la FCO sont encore dans les mémoires.

Pour l’heure, le bulletin n’est pas diffusé aux adhérents de Capéval, la deuxième branche élevage d’EMC2, suite à la fusion réalisée cette année. Mais il devrait l’être dans l’avenir, lorsque l’harmonisation des modes de commercialisation sera effective.


Génisson de race Jersiaire
Génisson de race Jersiaire - © E. D.

Un message toujours positif

Concis et humoristique, c’est ma lecture incontournable du samedi matin. Cet outil de décision qui nous permet de travailler à vue en vendant nos bêtes au meilleur prix, explique Olivier Finot du GAEC des Trois Sillons à Louze. Par exemple, j’ai un lot de taurillons prêt à partir, mais comme le marché de la Turquie est toujours ouvert, j’attends. Si la tendance est à la baisse sur le fax info de samedi, je les fait partir. Quant aux génisses pleines, à destination des pays de Maghreb, elles partent pour environ 1200 euros. Les meilleures sont repérées par le technicien d’Alotis pour fournir les ventes aux enchères organisées par la coopérative. Le GAEC des Trois sillons a ainsi vendu une génisse de type red holstein, Esmeralda Red au prix record de 3500 euros. Cette année, il compte sur Fabuleuse, une autre génisse red très prometteuse. Cet ancien inséminateur a introduit depuis dix ans la red holstein dans son troupeau laitier et envisage de se lancer dans la vente de reproducteurs. D’autre part, il a récemment fait l’acquisition de génisses pleines de race Jersiaise grâce à Alotis, une race laitière économique peu répandue en France. Pour l’instant, les quatre vêlages ont donné des femelles, se réjouit l’éleveur. En effet, si cette race génère des taux exceptionnels (60 de TB et 40 de TP pour une production moyenne de 6000 litres enregistrée au Danemark), il n’existe pas pour l’instant de débouchés commerciaux pour les veaux mâles.


François Labreveux de Villers aux Chênes.
François Labreveux de Villers aux Chênes. - © E. D.

Pour la petite histoire

François Labreveux de Villiers aux Chênes est en quelque sorte l’instigateur du fax d’information puisque c’est lui qui, fin 1996, sous la présidence de Jean-Claude Darosey, suggère à Jean-Luc Duret d’éditer une lettre d’information hebdomadaire qui permette aux éleveurs d’anticiper les tendances du marché, à l’instar des fax d’informations édités par le service Production végétale de la Chambre d’Agriculture, Sepac, ou encore EMC2 sur les itinéraires techniques en grandes cultures. «La crainte était grande que l’information soit livrée à la concurrence par quelques adhérents peu scrupuleux» explique l’ancien vice-président de la SICABEV, qui a précieusement conservé le «numéro Zéro», intitulé Sica’brève daté du 30 décembre 1996, parvenu pour avis 15 ans auparavant de la part de Jean-Luc Duret. Le format est resté sensiblement identique. Seul le titre a changé au fil de la vie de l’entreprise.

Assemblée de section

ALOTIS

Vendredi 09 décembre 2011 à 10 h 00

Salle des fêtes de Biesles

- rapprochement avec Capéval

- conjoncture des marchés

- résultats EMC 2

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