L'Avenir Agricole et Rural 13 octobre 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

COMMERCE DES GRAINS : DES MARCHÉS TRÈS RÉGLEMENTÉS

Le 11 octobre, la commission «grandes cultures» de la FDSEA organisait sa réunion en présence de Benjamin TOP, directeur opérationnel chez CEREST* et de Clovis BONNEAU de chez GROUPAMA. Deux principaux thèmes ont été abordés : la commercialisation des grains et l’assurance récolte.

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La «guerre des prix» que se livrent actuellement les organismes stockeurs français (OS) est unique au monde. Néanmoins, la volatilité importante du prix des matières premières, causé par une multitude de facteurs influençant l’offre et la demande (météorologie, parité monétaire, prix du pétrole, croissance mondiale, prix du frêt…) remet en cause cette situation favorable au producteur. L’instabilité des marchés oblige en effet les OS à prendre des risques importants pour commercialiser les grains. Selon Benjamin TOP, la marge des principaux OS qui se situe aux alentours d’un euro par tonne illustre parfaitement cette situation. Les OS n’ont donc pas d’autre choix pour survivre que de se concentrer, pour peser plus lourd en termes de quantité et de garantie financière. Cela permet également d’optimiser la collecte. Leur rôle «d’amortisseurs» s’effrite donc peu à peu au détriment des producteurs.

 

La qualité : la condition d’accès aux marchés

Aujourd’hui, la diversité de l’offre mondiale et l’augmentation des stocks permet aux pays importateurs de renforcer leurs exigences qualitatives. Les grains français perdent ainsi du terrain sur certains marchés. Les nouveaux concurrents (Allemagne, pays de la Mer Noire...) étendent leur présence sur les marchés avec des blés plus riches en protéines. Le moindre écart du taux de protéines engendre une décote par rapport aux autres origines. Les taux de réfactions peuvent atteindre 6 à 9 euros/t par point manquant. À cela s’ajoute des dizaines d’autres critères comme le calibrage, la germination, l’humidité, l’absence de «grain rouge à dire d’expert»… Par exemple, à l’export, le prix d’un blé ayant un PS entre 74 et 76 sera amputé d’un pourcent par point de PS manquant. En dessous de 74 %, la cargaison pourra être refusée.

Chaque producteur doit prendre conscience que les OS achètent leur production brute qui ne peut être commercialisée directement. Chaque lot doit éventuellement être homogénéisé, calibré, désinsectisé avant sa vente.

Les OS n’ont pas les mêmes types d’acheteurs, les offices d’états comme l’OAIC-Algérie ou l’OTC-Tunisie vont par exemple accorder une plus grande importance au cahier des charges, aux prix et vont appliquer systématiquement les réfractions. Les acheteurs privés fixeront des cahiers des charges plus industriels et les marges de manœuvre seront très faibles quant au rapport qualité prix.

Les acheteurs n’ont également pas le même comportement d’achats. L’Afrique du Nord va par exemple écouler en premier sa production locale et privilégiera des approvisionnements d’origines multiples contrairement à l’Afrique subsaharienne qui rencontre des problèmes d’approche des navires avec des infrastructures portuaires mal adaptées et dispose de capacités de stockage réduites. La taille des bateaux pourra ainsi être inférieure dans certain cas.

Pour finir, les besoins sont très différents d’un pays à l’autre, le cahier des charges sera donc très spécifique pour chacun d’entre eux (carte ci-contre).

Chaque OS dispose de ses propres débouchés, ce qui implique des barèmes de vente différents et donc des politiques de prix différentes. La flexibilité concernant la qualité des grains est aussi plus ou moins souple selon la destination finale des céréales.

Pour connaître le bilan de l'assurance récolte 2016

Retrouvez la suite de cet article dans notre édition papier de cette semaine page 04
Bonne lecture

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