L'Avenir Agricole et Rural 25 juin 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

COBEVIM : PRIORITÉ A LA QUALITÉ

La dernière Assemblée Générale de la Cobevim s’est déroulée le 12 juin dernier à Bulgnéville (88). Le rapport d’activités a été présenté et un expert agronomique est intervenu sur le thème de l’importance de l’herbe.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
La Cobevim veut travailler sur la qualité pour justifier les prix.
La Cobevim veut travailler sur la qualité pour justifier les prix. - © T MORILLON

«Nous devons mettre en avant notre beau métier pour   entraîner des vocations » affirme Emmanuel Aubry, président de Cobevim, en ouverture de l’Assemblée Générale. Il faut dire que la réforme de la PAC, qui pénalise les exploitations en polyculture-élevage et les contraintes des MAEC (et leur complexité) peuvent freiner les jeunes qui voudraient s’installer. « Il ne faut pas pénaliser les régions qui ont envie de produire » précise le président qui a demandé des simplifications administratives pour encourager l’installation de nouveaux éleveurs. La consommation de viande ovine a baissé de 8 % et la production d’agneaux ne suit pas la demande. « Nous devons avoir une filière organisée et il est impératif de continuer à trier nos bêtes car la valorisation n’en sera que meilleure ». Emmanuel Aubry est également revenu sur la présence du loup qui « ne peut cohabiter avec l’élevage » et sur l’importance de développer la filière ovine.

 

Des cours à la hausse

David Thenail, directeur de Cobevim a présenté le rapport d’activités. Le chiffre d’affaires reste stable, il est de 14,55 millions d’euros pour l’année 2014. 92 008 animaux ont été commercialisés par la coopérative, contre 93 865 l’année précédente, dont 73 874 agneaux. La Cobevim a la volonté d’appliquer l’équité tarifaire en fonction de la qualité, elle effectue également un transport des animaux sans stress, avec des bergeries de transition. Le prix des agneaux est en progression. depuis 2007, il n’a pas connu de baisse et s’établit à 6,12 euros/kg de carcasse en moyenne sur l’année 2014. Il y a peu de changements dans l’apport des producteurs en agneaux de boucherie : 87 % proviennent des adhérents. La production de laine a augmenté de 3 % par rapport à l’année précédente, avec des prix en hausse (95 cts/kg), mais aussi des disparités. « Nous avons encore la possibilité de faire évoluer notre filière » a précisé le directeur.

 

Durant l’année 2014, le nombre d’adhérents a augmenté en passant de 148 à 154, la taille des troupeaux a légèrement baissé, atteignant 431 brebis en moyenne cette année. 2 014 est une année de transition, les aides à l’investissement pour les bâtiments changent. En Lorraine, les dossiers pour les petits investissements, de (2000 à 4 000 euros), n’existent plus. Pour les 3 régions, il n’y a eu aucun dépôt de dossier pour la construction d’une bergerie. En Champagne-Ardenne, il y a l’aide génétique : 12 dossiers ont été déposés pour 152 agnelles (8 664 euros de subvention) et 40 béliers (4 200 euros de subvention).

 

Des disparités

55 élevages sont présents en Champagne-Ardenne, soit 23 425 brebis, soit 426 brebis en moyenne, malheureusement, le taux de mortalité reste élevé (14 %). Les taux de mise-bas des différentes régions sont similaires, aux alentours de 92 %. Le taux de prolificité est quant à lui plutôt variable, avec 155 % en Champagne-Ardenne, 152 % en Lorraine et 140 % en Franche-Comté. Le prix du kilo de carcasse d’agneau est plus élevé quand les animaux sont plus légers.

Le prix de l’agneau est supérieur à 115 euros en Champagne-Ardenne et en Lorraine, en Franche-Comté, il est proche de 110 euros. Le prix moyen de l’aliment est de 290 euros/tonne en 2014. Les charges alimentaires varient principalement selon la quantité d’aliment consommé et, dans une moindre mesure, avec le prix. On observe une baisse du nombre d’agneaux certifiés (32 161 en 2014) par rapport au nombre d’éleveurs engagés, cette baisse est due à une hausse des agneaux trop vieux ou trop gras.

 

Les avantages de la luzerne

Paul Rouvreau, responsable agronomique chez Jouffray-Drillaud, a expliqué l’importance de l’herbe en élevage ovin. Beaucoup d’espèces de plantes fourragères apportent des protéines (luzerne, trèfle blanc, trèfle violet…), il y a trois fois plus de protéines dans un hectare de luzerne que dans un hectare de soja.

Il faut choisir les espèces en fonction du sol et de son système d’exploitation. Les feuilles sont plus riches en matière azotée que les tiges, cette différence s’accroît avec le vieillissement des plantes. Les graminées perdent plus de la moitié de leurs protéines au stade de l’épiaison, c’est donc à ce moment qu’il faut faucher. La proportion de feuilles régresse avec l’âge de la plante, or elles contiennent 70 % des protéines de la plante. Il est également possible d’augmenter la production fourragère en contrôlant le pH du sol, si ce dernier est faible, il engendre la disparition des bonnes espèces fourragères pour laisser place aux espèces indigènes.

La luzerne est la culture qui produit le plus de protéines végétales à l’hectare, c’est une très bonne alternative aux tourteaux et concentrés azotés. La très grande qualité de ses fibres favorise l’ingestion et la rumination, ce qui participe au bon fonctionnement du système digestif. La luzerne regroupe un grand nombre d’éléments nutritifs essentiels à la bonne santé des animaux. Elle favorise l’autonomie fourragère : sa production est très bien répartie sur l’année avec une bonne pousse estivale. Elle fixe l’azote de l’air, elle ne nécessite donc aucun apport azoté. C’est donc une tête de rotation précieuse puisqu’elle restitue une quantité importante d’azote pour la culture suivante. Au moment de la fauche, Paul Rouvreau conseille de couper au-dessus de 6 cm, car cela facilite le redémarrage de la plante. Enfin, la luzerne nécessite peu d’intrants au fil de sa culture. Son rendement est peu sensible aux aléas climatiques, elle résiste très bien au froid, au chaud et à la sécheresse.

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2421 | décembre 2016

Dernier numéro
N° 2421 | décembre 2016

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui