L'Avenir Agricole et Rural 04 juillet 2008 à 00h00 | Par F.Thevenin

COBEVIM - PLUS DE 100 000 OVINS !

La dernière coopérative haut-marnaise à rayonnement régional poursuit son expansion dans un secteur de production pourtant envahi par la morosité. Mais les éleveurs entrevoient le bout du tunnel suite au positionnement récent des Pouvoirs Publics, de la profession agricole ou de l’Europe.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

La coopérative collecte sur un quart nord est de la France mais son coeur d’activité se situe dans les 3 départements de la Haute-Marne, de la Meurthe et Moselle et des Vosges. Pour la première fois, la barre symbolique des 100 000 moutons commercialisés a été dépassée, très exactement 101 632 soit 10 % de mieux qu’en 2007. Le chiffre d’affaires est lui aussi en hausse de 8,14 %, soit 11 757 532 euros.

Le prix et les compensations pour un revenu correct

Dans son rapport moral le Président Emmanuel Aubry a autant défendu sa coopérative que les coopérateurs en rappelant l’engagement de COBEVIM dans la démarche qualité et en appelant les Pouvoirs Publics à revaloriser la prime de 25 euros, faisant ainsi écho à la revendication de la FDO (cf page 4).
Bien entendu, le prix reste l’élément essentiel du revenu et malgré tous ses efforts, COBEVIM n’a pu « remonter » au producteur que 5 euros du prix de vente au consommateur. Le Président a dénoncé la marge distributeur qui, selon l’exemple cité, atteint 6,76 euros !
“Ne peut-on pas remonter 1 E vers le prix producteur” s’interroge-t-il ?

 

Exemple

Prix producteur : 5,00 Euros
Frais d’approche : 0,30 Euros
Frais d’abattage et approche central : 1,20 Euros

6,50 Euros


Soit une marge distributeur de 6,75 Euros

 

PRIX CONSOMMATEURS : 13,26 Euros

Dans ce contexte commercial difficile où la distribution impose sa loi, COBEVIM essaie de se positionner sur le créneau de la qualité. Elle s’est engagée dans la démarche Carrefour qui permet une valorisation de 0,30 euro/kg. Plus de 34 000 agneaux ont ainsi été commercialisés par 116 éleveurs, soit plus d’un tiers des débouchés de la coopérative qui veut encore renforcer cette politique en frappant à la porte du label rouge.
« Une production d’agneaux de 18 à 20 kg en classement R2- R3 ou U2 – U3 de races à viande uniquement : Ile de France, Berrichon, Texel, Charollais, Vendéen en apportant des carcasses de couleur claire avec une découpe blanche et non ambrée ; voilà ce qui ce vend, au grand désespoir d’éleveurs qui veulent produire lourd, gras et certaines fois mal conformé »  martèle le Président.
Malgré tous ces efforts, le prix des agneaux de boucherie est resté exactement le même qu’en 2006 ; soit 4,81 euro/kg. C’est certes un peu mieux que 2005 (4,62 E/kg) mais en 5 ans, et même 15 ans, le prix n’a pratiquement pas évolué. Pendant ce temps les charges ont flambé et les revenus se sont évidemment effondrés malgré les gros efforts de production des éleveurs. Les plus performants n’ont plus le moral, les réactions dans la salle en ont témoigné.

Grosse rancoeur contre les vétérinaires
Dans ce contexte de crise, les éleveurs ont vigoureusement dénoncé la cupidité des vétérinaires qui ont appliqué le prix fort sur la vaccination FCO (1,50 E) soit 0,75 E à la charge de l’éleveur après déduction de l’aide européenne. « C’est du gaspillage de fonds publics » s’est exclamé le Président de la FCO qui cite l’exemple de la Haute Vienne où le tarif a été en moyenne de 0,60 euro par injection, soit 0,30 E à la charge de l’éleveur.
La vaccination est fortement recommandée par la Profession, le DSV a précisé que le taux de vaccination est à peine de 50 % en Haute Marne. Y-a-t-il un lien de cause à effet avec le coût ... ?
Une chose est sûre pour tout le monde, le dispositif volontaire et mercantile actuel n’est pas satisfaisant, les Pouvoirs Publics doivent reprendre les choses en main, ce qui devrait être le cas à partir de novembre ; date à laquelle la vaccination sera obligatoire.

La sortie du tunnel, en 2010 seulement ?
Le nouveau Président de la FNO Serge Preveraud s’est attaché à redonner espoir aux éleveurs en leur rappelant les positions de principe prises par le Ministre et le Parlement Européen sur la nécessaire revalorisation des soutiens « avec 160 Millions euros nous pouvons satisfaire la demande des moutonniers » précise Serge Preveraud qui rapproche cette somme des 8,5 milliards  du premier pilier, à savoir 2 %.
Le Parlement Européen, dans une récente résolution, a émis le souhait que la Commission alloue d’urgence des soutiens complémentaires, prenne en charge l’identification électronique, assure la promotion du mouton européen, accentue la protection et la prise en charge en matière d’épizootie, veille à la transparence des prix et contrôle davantage les quotas d’importation.
Cette position européenne correspond aux attentes d’une profession agricole qui a fait un gros travail de lobbying au cours de ces derniers mois.
La baisse de production (- 5 % en France, - 10 % en Irlande) a provoqué un véritable sursaut politique. « C’est bien parti mais il ne faut pas lâcher »  devait rappeler le Président de la FNO qui a promis un grand rassemblement  en septembre avant les arbitrages finaux sur le bilan de santé de la PAC.
Un seul souci persiste : les nouvelles mesures ne prendraient pas effet  avant 2010 car la campagne 2008-2009 sera engagée au moment de la décision finale.
Combien d’éleveurs tiendront jusque là ? Le bout du tunnel reste trop lointain, les éleveurs réclament des mesures transitoires.

Entre crise actuelle et beaux jours à venir, le moral des moutonniers est ambivalent mais l’avenir ne sourira une fois de plus, qu’à ceux qui y croiront et entreprendront avec rigueur et technicité. De par sa polyvalence, avec ses activités d’approvisionnement, son accompagnement sanitaire et technique, son organisation de producteurs et ses démarches de qualité, COBEVIM déclare assumer pleinement sa mission de développement.
« L’agneau français on y croit » c’est plus qu’un slogan, c’est une réalité à COBEVIM qui est incontestablement le “spécialiste“ de l’agneau français.

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2522 | novembre 2018

Dernier numéro
N° 2522 | novembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui