L'Avenir Agricole et Rural 30 juin 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

COBEVIM : LE MOUTON A DU BON

La coopérative haut-marnaise, qui collecte sur une dizaine de départements a affiché, lors de son assemblée générale du 24 juin, des performances positives. La filière s’interroge néanmoins sur son avenir.

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Cobevim a développé son activité en 2015 avec près de 10 000 animaux. A la tribune, de gauche à droite, A.S. Duval (Interbev), C. Guillemy (Vice-présidente du Grand-Est), E. Aubry (Présient), D. Thenail (Directeur), R. Lepourreau (Sovileg Deux-Sèvres), F. Avond (Dufour Sisteron) et P. Nivol (SVA).
Cobevim a développé son activité en 2015 avec près de 10 000 animaux. A la tribune, de gauche à droite, A.S. Duval (Interbev), C. Guillemy (Vice-présidente du Grand-Est), E. Aubry (Présient), D. Thenail (Directeur), R. Lepourreau (Sovileg Deux-Sèvres), F. Avond (Dufour Sisteron) et P. Nivol (SVA). - © JL BLONDEL

Malgré un ralentissement en 2015, la tendance des cours sur les 10 dernières années est haussière. COBEVIM progresse aussi dans sa collecte en s’approchant à nouveau des 100 000 moutons.

 

Privilégier les démarches de certification

La coopérative affiche un prix moyen de 6,15 d/kg en 2015 mais ce chiffre cache des écarts saisonniers et qualitatifs non négligeables. Pour stabiliser son marché et se différencier du mouton «standard», en concurrence avec les «lacaune» (race laitière) et les importations, la coopérative incite ses adhérents à suivre des démarches de certification. Sur 79 000 agneaux collectés, près de la moitié est sous signe de qualité. Ils ont été payés 6,26 d/kg (6,44 d/kg pour le label) contre 5,90 d/kg pour les agneaux «standards».  «Nous devons produire ce qui se vend et pas ce que nous voulons» rappelle le Président Emmanuel AUBRY qui a été approuvé par ses trois principaux clients qui l’entouraient à la tribune, à savoir: LEPOUREAU-SOVILEG (Deux Sèvres), DUFOUR (Sisteron) et SVA (Vitrey).COBEVIM a en effet fait le choix, depuis plusieurs années, d’investir dans une logistique de transport lui permettant de faire abattre dans les grands abattoirs éloignés de sa zone de collecte. Cette stratégie réussit à la coopérative puisque sa collecte se maintient à un niveau élevé : 98 449 animaux commercialisés, soit 7 % de plus qu’en 2014 ; un chiffre qui se rapproche de l’année record de 2011 (105 430 animaux).

Cette stratégie de certification est aussi un élément de sécurisation à un moment où les turbulences vont très probablement s’amplifier avec le brexit. Car le Royaume-Uni est le premier producteur européen et exportateur sur le marché français qui ne peut plus assurer son autoapprovisionnement. La chute de la livre sterling impactera négativement, à court terme, le cours du mouton, mais quand sera-t-il à moyen terme ?

 

Assurer le renouvellement des générations

Plus de la moitié de l’effectif est détenue par des éleveurs de plus de 50 ans. Or, l’engouement des jeunes pour cette production n’est pas à la hauteur de l’enjeu. La coopérative déploie beaucoup d’énergie pour favoriser l’installation mais elle compte aussi sur l’accompagnement économique de la Région et des Pouvoirs Publics.

La réforme de la PAC a été bénéfique aux éleveurs avec le renforcement des aides couplées. Christine GUILLEMY, en qualité de Vice Présidente de la Région Grand Est, a rappelé la volonté de la nouvelle collectivité de soutenir tous les projets de modernisation présentés par les agriculteurs. Ainsi, tous les dossiers PCAE 2016, présélectionnés, seront financés, la Région ayant apporté un complément exceptionnel de 6 Md.

La motivation des candidats à l’installation passe aussi par une communication positive sur le métier d’éleveur, laquelle est trop souvent mal menée par des associations environnementalistes ou anti-viande.

Faut-il répondre systématiquement aux attaques ou poursuivre une stratégie d’explication et d’adhésion du public aux méthodes de production et à la consommation de la viande ovine ?

Interbev se place résolument dans cette seconde démarche avec des campagnes de promotion.

2,6 kg par habitant

Anne Sophie DUVAL, chargée d’études à Interbev, a présenté les résultats d’une enquête récente sur l’évolution de la consommation des viandes. Entre 2000 et 2015, la quantité de viande ovine consommée par les Français est passée de 4,6 kg/habitant à 2,6. Aujourd’hui un ménage sur deux, seulement, achète du mouton. La filière se mobilise pour inverser cette tendance qui semble néanmoins se stabiliser et reste en toute hypothèse à un niveau supérieur à celui de 1960 (cf courbe ci-dessus). Il faut aussi que les GMS assurent une meilleure visibilité de la viande ovine dans les linéaires. Or, bien souvent, le mouton y est absent. Des initiatives ont aussi été prises pour améliorer le conditionnement afin de l’adapter aux nouvelles attentes sociétales.

Quant à la communication sur le bien être animal, David THENAIL, le directeur de COBEVIM, a rappelé que les abattoirs devaient être des lieux protégés car «le passage de l’animal à la viande ne se filme pas». Ceci étant, chacun s’accorde à dénoncer les maltraitances, en rappelant qu’elles sont rarissimes.

 

Une marge brute en augmentation

L’organisation de producteur rattachée à COBEVIM comprend 170 adhérents (contre 154 en 2015) pour un effectif de 68 752 brebis, soit une troupe moyenne de 431 mères. Le prix moyen de l’agneau ressort à 114 d avec un coût d’alimentation de 26,30 d. La marge brute est estimée à 83 d, primes compris. Ce chiffre est en augmentation de 10 d par rapport à l’année précédente.

Les aides PAC ont contribué à cette amélioration mais la dernière réforme est de nature à recréer un différentiel entre les zones défavorisées et les zones de plaine car l’ICHN a été sensiblement revalorisée. Il ne faudrait pas non plus que dans le cadre de la nouvelle PAC 2020 les acquis obtenus sur les aides couplées soient remis en cause.

Le mouton résiste plutôt bien aux aléas économiques mais la filière reste fragile et nécessite une attention renouvelée des politiques pour garantir la pérennité de la production, laquelle passe par une meilleure dynamique à l’installation de jeunes éleveurs. COBEVIM, à son niveau, contribue à la promotion de cette production qui compte encore beaucoup pour l’équilibre économique de nos territoires ruraux.

 

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