L'Avenir Agricole et Rural 27 novembre 2007 à 00h00 | Par F.Thevenin

co produits animaux - Le Sifco souhaite une meilleure valorisation des co-produits

Le Syndicat des industries françaises des coproduits animaux (Sifco) milite pour une meilleure valorisation des graisses et protéines animales transformées, notamment en alimentation animale. Mais les freins restent encore nombreux. Le syndicat espère cependant une évolution de la réglementation européenne sur l’utilisation des protéines en 2009.

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Les graisses animales vont-elles faire leur réapparition dans l’alimentation des porcs et volailles ? L’élevage français le souhaite de plus en plus pour apporter une «légère» détente dans un contexte généralisé de flambée des matières premières agricoles. Une demande également partagée par le Syndicat des industries françaises des coproduits animaux (Sifco). «Depuis 2003-2004, les graisses de catégorie 3 (Ndlr : matières provenant d’animaux dont les carcasses ont été déclarées propres à la consommation humaine après inspection sanitaire) sont réautorisées dans l’alimentation destinée aux porcs et aux volailles», souligne Thierry Geslain, directeur du Sifco.

«Un problème à régler dans la filière»

Pourtant, en France, elles ne sont pas utilisées. Raison principale : les cahiers des charges des productions qui imposent un régime «100 % végétal» aux animaux (voir encadré). Conséquences de cela, en 2006, selon le Sifco, près de 14 000 tonnes de graisses catégorie 3 sur un total de 347 581 tonnes produites sont parties dans les chaudières pour servir de combustibles ! «195 460 tonnes partent vers la lipochimie, mais beaucoup peuvent être mieux valorisées. C’est un problème à régler dans la filière. Nous manquons d’enceintes pour nous exprimer devant les distributeurs», analyse Thierry Geslain. Pourtant le Sifco ne fait partie d’aucune interprofession, mais admet «y réfléchir». Autre débouché possible pour les graisses animales : la fabrication de biodiesel. «Elles ont un atout écologique évident, car elles existent déjà et nous n’avons pas à faire de cultures spéciales pour les utiliser», souligne Oriane Boulleveau, secrétaire générale adjointe. Des agréments ont été délivrés il y a un an par le gouvernement, mais les quatre projets en cours semblent toujours être à l’état embryonnaire. Jusqu’ici, la mauvaise image des graisses animales depuis les années vaches folles, n’a pas particulièrement joué en leur faveur. «Les co-produits de catégorie 3 sont pourtant parfaitement sans risque et utilisables», estime le Sifco.

Mieux segmenter les coproduits

Le Sifco souhaite également que les protéines animales transformées (PAT), appelées plus communément farines, de catégorie 3, puissent être mieux valorisées. «Aujourd’hui, nous payons les cimenteries pour qu’elles les utilisent» souligne Oriane Boulleveau. 174 656 tonnes ont été incinérées en 2006, dont «la majorité pourrait trouver une utilisation dans l’alimentation animale des porcs et des volailles», selon le Sifco. Mais sur ce point, la réglementation européenne interdit toute utilisation même partielle. «Il pourrait y avoir un assouplissement en 2009, d’abord sur les PAT de porcs et de volailles pour l’aquaculture puis à destination croisée des porcs et des volailles», estime Thierry Geslain, qui rappelle que «depuis septembre 2006, les PAT de catégories 3 sont à nouveau réautorisées pour les pet-food et la fabrication d’engrais». Mais avant cette possible évolution, les industriels du Sifco devront mieux segmenter leur production de coproduits dans leurs usines. «Nous sommes un des pays en Europe qui spécialisent le plus leurs coproduits animaux, mais certaines usines traitent en même temps les porcs et les volailles. Elles devront aller vers plus de séparation pour trouver des débouchés». Quant aux économies ou gains possibles pour les industriels des co-produits grâce à une évolution sur l’utilisation des graisses et farines animales, le Sifco reste très prudent. «C’est très difficile de quantifier les économies qui pourront être générées tant que l’on a pas encore les marchés», répond Thierry Geslain.

Les différents types de co-produits

 Alors que le prix des céréales a progressé, les agriculteurs ont souvent préféré vendre leur production plutôt que de la distribuer à leur cheptel. En retour, l’achat de concentrés est de plus en plus cher…  Du coup, les co-produits redeviennent à la mode sachant que leur prix est stable.

Il existe trois grands types de co-produits :
- les pommes de terre sous toutes les formes
- les produits d’amidonnerie
- les produits de brasserie.


Les pommes de terre sont issues des féculeries et des usines de transformation qui commercialise des frites, des pommes de terre sautées sous vide… Elles ne subissent que des manipulations d’ordre physique (brossage, lavage) et préserve leur qualité sanitaire. Leur conservation, sur 5 à 6 semaines, se fait à l’air libre, sur aire bétonnée et sous abri.

De grandes valeurs alimentaires, elles peuvent se présenter

sous différentes formes :

- les pulpes de pommes de terre : MAT 4,5 / Amidon 35 / UFL 1,07 / PDIN 30 / PDIE 90
- les pulpes de pommes de terre déshydratées : MAT 4,5 / Amidon 35 / UFL 1,07 / PDIN 30 / PDIE 90
- les screenings (frites) : MAT 8 / Amidon 73 / UFL 1,24 / PDIN 50 / PDIE 100
- les pommes de terre entières : MAT 10 / Amidon 73 / UFL 1,06 / PDIN 64 / PDIE 82

L’avantage des co-produits d’amidonnerie est d’être disponible toute l’année. Ils sont le résultat de l’extraction de l’amidon du grain de blé ou de maïs par broyage, par voie humide et par séparation de l’amidon par centrifuge. Il en existe deux genres : les enveloppes de grains et les solubles de maïs. Leur valeur alimentaire :

- les pulpes de pois : MAT 14 / Amidon 30 / UFL 1,04 / PDIN 95 / PDIE 110
- le maïs doux : MAT 9 / Amidon 13 / UFL 0,83 / PDIN 51 / PDIE 65
- les pulpes de betteraves déshydratées : MAT 9,5 / Amidon 0 / UFL 1,01 / PDIN 63 / PDIE 106
- les issues de céréales : MAT 8 / Amidon 20 / UFL 0,9 / PDIN 90 / PDIE 116

Les co-produits de brasserie se présentent le plus souvent sous forme de drêche :

- les drêches de brasserie : MAT 30 / Amidon 7 / UFL 0,92 / PDIN 223 / PDIE 189
- Drech’plus de Bonda : MAT 30 / Amidon 7 / UFL 0,92 / PDIN 223 / PDIE 189
- Drêche de brasserie déshydratée : MAT 30 / Amidon 7 / UFL 1,02 / PDIN 220 / PDIE 196
- Fibres de blé : MAT 16,5 / Amidon 27 / UFL 1,17 / PDIN 118 / PDIE 122
- Fibres de maïs : MAT 25 / Amidon 20 / UFL 1,15 / PDIN 155 / PDIE 125

 

Faible intérêt des consommateurs pour le «100 % végétal», selon le Cidef
 
«La réglementation étant plus ouverte et l’expérience ayant prouvé le peu d’intérêt du consommateur pour le «100% végétal», c’est à la filière d’en profiter et d’utiliser les matières premières disponibles » a indiqué le Comité interprofessionnel de la dinde française (Cidef) dans son bulletin du 29 octobre. Le Cidef se base sur une récente étude confiée à TNS en juillet sur l’image et le positionnement de la viande de dinde chez les consommateurs. Selon TNS, la mention «100% végétal» ne soulève, «en spontané», aucune préoccupation chez les consommateurs et n’apparaît pas comme un élément de fidélisation de l’acte d’achat. En «assisté», la mention «100% végétal» révèle une incompréhension quant à sa signification et, une fois comprise, le consommateur ne perçoit qu’un intérêt assez limité. «Au cours de la discussion, la possibilité de connaître la nature de l’alimentation de la dinde n’est quasiment jamais citée comme un critère de choix dans l’offre dinde», souligne le Cidef. 

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