L'Avenir Agricole et Rural 29 juillet 2010 à 10h12 | Par E. DAUPHIN

Circuits courts - Tous gagnants avec les circuits courts

En matière de circuit court les choses avancent doucement mais surement dans le département, sous l’impulsion des Jeunes Agriculteurs du canton d’Andelot. Une démarche expérimentale est lancée avec l’Intermarché de Rimaucourt et Viande 52 sur l’approvisionnement en viande bovine.

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Une démarche ouverte à tous les agriculteurs

Les jeunes agriculteurs du Canton d’Andelot ont organisé un groupement d’une dizaine d’éleveurs en race charolaise afin de fournir une bête par semaine à l’Intermarché de Rimaucourt. La race charolaise a été choisie car elle est la plus représentative au niveau local et qu’elle permet d’assurer une constance en qualité et en approvisionnement. Un planning a été établi afin que chacun finisse la bête dans les temps. Si un éleveur ne peut fournir, il s’arrange pour trouver une bête au sein du groupement. Travailler ensemble est une force.

«Nous aurions pu opter pour la vente directe, mais cela nécessitait de mettre en œuvre des moyens humains, un point de vente, etc. La vente aux particuliers est un métier à part entière, que nous ne maîtrisons pas forcément. C’est pourquoi nous avons préféré initier une démarche de circuit court, en partenariat avec des professionnels de la vente au niveau local» explique Vincent Courtier.

L’abattoir de Chaumont vient d’être mis aux normes, il s’agit maintenant de le faire tourner. Cette démarche répond aux attentes de la société en termes d’impact carbone et de bien-être animal : la bête est moins stressée que si elle parcourt la France en camion. Elle conserve son poids d’origine et la viande est meilleure.

Les gains de coûts de transport et la réduction des intermédiaires permettent à la viande locale de s’aligner avec les prix pratiqués par les centrales d’achat. Le circuit court génère une activité économique locale, et constitue un plus pour tous les éleveurs qui souhaitent entrer dans la démarche.

«Il y a peu de contraintes supplémentaires par rapport au cahier des charges de la viande bovine française, explique Anthony Masselot, il suffit que l’éleveur adhère à la charte des bonnes pratiques et que la bête soit née, élevée et abattue en Champagne Ardenne. Au-delà du bénéfice économique attendu, cette opération vise à communiquer directement auprès des consommateurs les plus proches de nous sur la qualité de notre travail et sur toutes les garanties mises en place pour leur apporter des produits de qualité au prix le plus juste».

Une première en Haute-Marne

Intermarché Rimaucourt est le premier distributeur du département à proposer de la viande qualifiée «Eleveurs de Champagne Ardenne» en partenariat avec viande 52. Monsieur Violier, gérant du magasin, sollicité par les Jeunes Agriculteurs, a choisi d’adhérer à la démarche. «Les consommateurs recherchent des produits locaux et apprécient de recréer du lien avec les producteurs. La volonté de la profession était de faire sortir ce segment du marché de niche dans lequel il était confiné. Intermarché Rimaucourt a fait le pari de fournir le rayon boucherie en viande bovine qualifiée «éleveurs de Champagne Ardenne». Auparavant, le magasin achetait de la viande mixte auprès de la centrale d’achat «Jean Rosé» du groupe. La viande, provenait de toute la France, y compris de Haute-Marne éventuellement, mais les animaux allaient se faire abattre à Vitree en Bretagne, (l’outil d’abattage appartenant au groupe les Mousquetaires), pour être rapatrié sur Sainte-Savine, puis dans les magasins. Un parcours qui n’est plus forcément dans l’ère du temps» concède le gérant.

Monsieur Violier travaille déjà avec viande 52 pour la viande de porc, en provenance de l’élevage de Colombey-les-deux-Eglises. Ce qu’il attend de son partenaire commercial, au-delà de la qualité des produits, c’est qu’il soit irréprochable en matière de procédures de traçabilités. De plus, il continuera à appliquer les opérations de promotion sur la viande bovine. Dans ce cas, distributeur et transformateur appliquent une marge réduite, en revanche, ils font du volume et touchent de nouveaux consommateurs.

Il attend également des jeunes agriculteurs qu’ils s’investissent dans des opérations d’animation en magasin, leur parole étant plus crédible que celle d’un commerçant, auprès des consommateurs. Un animateur d’Interviandes viendra en renfort.

Perspectives

Et le jeune chef d’entreprise ne manque pas de projets puisqu’il devrait ouvrir un magasin à Bologne l’année prochaine. En outre il rencontre ses homologues des départements de la Haute-Marne et de l’Aube une fois par mois. L’opération circuits courts, si elle est bien menée, pourrait donc faire tâche d’huile et constitue un espoir pour les éleveurs du département.

Viandes 52 - Parole à Grégoire Potot

Grégoire Potot, gérant de Viandes 52 : «Nous jouons la transparence niveau prix. Tout le monde doit s’y retrouver. Une bête à découper représente quatre heures de travail, ce qui génère encore peu d’activité pour notre structure de 13 salariés. Nous espérons que la démarche va se développer».

 

Eleveurs de Champagne Ardenne

Créée en 1999 suite à la crise de la vache folle, cette démarche qualité, à ne pas confondre avec un label, vise à promouvoir l’origine de la viande. Pour y adhérer, le distributeur doit proposer de la viande ovine ou bovine née, élevée et abattue sur le territoire champ-ardennais, issue d’élevages adhérant à la charte des bonnes pratiques, explique Jennifer Gauvain de chez Interviandes.

Actuellement, la région compte 750 éleveurs, trois abattoirs (Bigard à Vitry le françois, Sobevir à Rethel et tout récemment Chaumont), ainsi que quatorze points de vente, en comptant Intermarché Rimaucourt.

Un organisme indépendant contrôle l’ensemble de la chaine en particulier les normes de maturation de la viande (10 jours pour la viande sous vide et 7 jours pour la viande sur carcasse).

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