L'Avenir Agricole et Rural 10 octobre 2013 à 09h48 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Chrysomèle - Un insecte redoutable qui n’aime pas la rotation

Le SRAL est chargé de mettre en place le dispositif de piégeage dans les lieux sensibles. C’est ainsi qu’un premier insecte a été capturé dans un champ de maïs sur la commune de Châteauvillain, ce qui déclenche une politique de lutte dans trois rayons d’action.

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La diabrotica virgiféra a ainsi été détectée pour la première fois dans la région à la fin du mois de Septembre.
La diabrotica virgiféra a ainsi été détectée pour la première fois dans la région à la fin du mois de Septembre. - © JLB

Le Service Régional de l’Alimentation (ex SRPV) de Champagne Ardenne, surveille depuis quelques années cinquante pièges généralement disposés le long des autoroutes. La diabrotica virgiféra a ainsi été détectée pour la première fois dans la région à la fin du mois de Septembre.

Deux années de surveillance et de lutte intensives

La confirmation de la présence de la chrysomèle est intervenue tout récemment après examen par l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) de l’insecte capturé. Le SRAL prend l’affaire au sérieux sans pour autant dramatiser car des événements identiques ont déjà eu lieu dans d’autres régions. Ainsi, en 2010, un cas de chrysomèle était apparu dans les Vosges ce qui avait engendré un empiétement de la zone tampon sur la Haute-Marne. Cette année ce point de surveillance est redevenu indemne faute de capture nouvelle.

Dès l’année prochaine le SRAL va évidemment mettre en place davantage de pièges sur la Haute-Marne pour s’assurer que la zone n’est pas durablement contaminée. Dans l’hypothèse où en 2014 une ou plusieurs chrysomèles seraient capturées de nouveaux arrêtés préfectoraux seraient alors pris.

En France, seules deux régions sont considérées comme des zones de confinement où il est malheureusement utopique de penser à l’éradication. Il s’agit de Rhônes Alpes et de l’Alsace. La profession agricole a été convoquée à une réunion de travail le 4 octobre pour prendre connaissance des mesures de lutte mises envisagées par le Préfet.

La rotation avant tout

Le plan de lutte consiste à définir trois zones : focus (1 km), sécurité (5 km) et tampon (40 km) avec des contraintes dégressives. Dans la zone focus, une obligation de rotation est imposée de façon à ce qu’il n’y ait pas de retour au cours des années 2013,2 014 et 2 015. Il  y aura aussi une obligation de contrôle des graminées adventices en 2014 et 2015. Un larvicide est par ailleurs imposé sur les parcelles de maïs en 2014.

Dans la zone de sécurité, il n’y a rien d’obligatoire en matière de rotation mais une forte incitation à y recourir. D’ailleurs les agriculteurs qui n’auraient pas signalé leur désir de faire du maïs sur maïs avant le 30 octobre 2013, seront tenus de respecter une rotation.

Dans la zone tampon, il sera aussi recommandé de ne pas cultiver du maïs en 2014 sur les mêmes parcelles que 2 013. Il n’y a rien d’obligatoire mais la profession agricole et l’Administration souhaitent que les agriculteurs respectent cette pratique culturale le plus souvent possible. La zone concernée semble en effet se prêter à la rotation.

En effet, les informations dont nous disposons sur le cycle de ce nuisible laissent à penser que les œufs présents dans le sol pendant plus d’un an sont détruits. Or, les larves ne peuvent consommer que des racines de maïs. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’insecte est dénommé « la chrysomèle du maïs » (diabrotica virgiféra (virgiféra le Conte).

Indemnisation des contraintes

Chaque agriculteur paie sur sa dose de maïs une CVO (0,50) qui permet d’indemniser les contraintes engendrées par les plans de lutte (coût de la rotation, coût de l’insecticide). Des montants plafonds (jusqu’à 350 /ha pour la rotation et 80pour le larvicide) sont fixés par une Commission Régionale qui doit être prochainement constituée au sein de la Chambre Régionale d’Agriculture. Cette structure est le relais du GNIS. Avec la mise en place du nouveau Fonds de Mutualisation Sanitaire et Environnementale (FMSE), le dispositif peut évoluer mais il ne devrait pas profondément modifier les niveaux d’indemnisation. Les agriculteurs estimant subir un préjudice pourront donc déposer une demande d’indemnisation dans les prochains mois.

La FDSEA souhaite que ce plan de surveillance et de lutte soit appliqué avec rigueur car il faut absolument éviter que ce nuisible ne s’installe sur les terres haut-marnaises.

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