L'Avenir Agricole et Rural 14 mars 2013 à 15h52 | Par Jean-Louis BLONDEL

Chasse - Explosion des dégâts de cervidés

La concentration des cerfs dans plusieurs zones a engendré des dégâts de broutage qui semblent historiques sur les colzas. Le piétinement doit aussi être pris en compte par les estimateurs.

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Ces pivots de pieds de colza ont peu de chance de repartir.
Ces pivots de pieds de colza ont peu de chance de repartir. - © JLB

Avant les GIC et plans de chasse sanglier (fin des années 80 et début 90), il y avait d’abord les dégâts de cervidés. Les bracelets de ces derniers finançaient d’ailleurs en grande partie le fonds d’indemnisation. Ils reviennent en force et cela promet d’âpres négociations  car les estimateurs n’ont pas toujours une approche cartésienne.

Broutage et piétinement

Un cerf ou une biche ont un bol alimentaire qui se rapproche  de celui d’un jeune bovin. Il ne faut donc que quelques semaines pour qu’une harde sinistre entièrement une parcelle de plus de 10 hectares. Alerté par plusieurs agriculteurs la FDSEA est allée observer l’ampleur du phénomène autour du massif d’ARC et de la Forêt de Beaumont à Lanty/aube. Le colza, et particulièrement celui qui était en bonne vigueur végétative à l’automne, semble recherché par les cervidés. Ils se sont cantonnés sur quelques parcelles et ont tout saccagé. Les orges et les blés d’hiver sont apparemment moins touchés par le broutage mais le piétinement reste préoccupant. La FDSEA souhaiterait qu’il en soit tenu compte, comme cela se pratique déjà dans le département de l’Aisne (cf ci-contre)

Ressemer ou laisser en l’état ?

Devant l’intensité des dégâts, certaines parcelles de colza mériteraient d’être ressemées, à condition que l’estimateur s’engage à indemniser le ressemis ainsi que l’écart éventuel de valeur ajoutée entre l’ancienne culture et  la nouvelle.

Arnaud JACOB, dont la parcelle de 15 hectares est entièrement détruite, aimerait que cette option lui soit proposée car il supporte mal de voir son champ sinistré. Verdict dans quelques jours lorsque l’estimateur départemental, accompagné d’un   expert national (sinistre supérieur à 6000 euros), auront dressé leur constat.  Il serait par ailleurs équitable que l’estimation de la perte de rendement (ou de marge en cas de  ressemis), soit établie à partir des rendements locaux de l’année ou ceux de l’exploitation lorsqu’il subsiste des parcelles, (ou parties de parcelles, non sinistrée).

Un problème de surpopulation et de chasse

Les concentrations de cervidés sont généralement liées à une faible pression de chasse locale, voire à des zones de quiétude. C’est le cas notamment autour de la Foret de Beaumont. L’adjudicataire qui chasse sur un grand massif à cheval sur les trois départements de l’Aube, de la Cote d’Or et de la Haute Marne, entretient sans aucun doute, ce phénomène. D’ailleurs, il a été observé dans le courant de l’hiver une harde de 225 cervidés ! La Commission Dégâts de Gibier de la FDSEA se réunira prochainement pour évoquer évidemment les dégâts de sangliers qui restent très importants, mais analysera aussi le problème du plan de chasse cervidés qui apparaît beaucoup trop théorique et général.  Il serait par ailleurs indispensable d’avoir une évaluation précise des populations sur l’ensemble du territoire haut-marnais car la politique des chasseurs depuis quelques années est de favoriser une colonisation sur du département.

La bonne réalisation du plan qualitatif est un préalable à la bonne gestion de la population et cela passe par un meilleur contrôle des femelles.


Voir le tableau du principe du protocole piétinement dans notre édition du 15 Mars 2013.

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