L'Avenir Agricole et Rural 05 décembre 2019 à 10h00 | Par Richard Cremonini

Charte de bon voisinage : une première

La profession agricole et les élus du territoire marnais ont signé lundi 25 novembre une charte de bon voisinage sur l’application des produits phytosanitaires dans les parcelles mitoyennes des habitations. Une initiative inédite dans le Grand Est.

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Les signataires de la charte, de g à d : Maxime Toubart (SGV), Sylvain Hinschberger (Coop de France), Franck Leroy (Association des maires), Jean-Marie Barillère (Comité Champagne), Hervé Lapie (FDSEA), Béatrice Moreau (Chambre d’agriculture), Thierry Bussy (Safer), Timothée Apppert-Collin (JA), Christian Bruyen (Conseil départemental), Christian Lemery (EDT).
Les signataires de la charte, de g à d : Maxime Toubart (SGV), Sylvain Hinschberger (Coop de France), Franck Leroy (Association des maires), Jean-Marie Barillère (Comité Champagne), Hervé Lapie (FDSEA), Béatrice Moreau (Chambre d’agriculture), Thierry Bussy (Safer), Timothée Apppert-Collin (JA), Christian Bruyen (Conseil départemental), Christian Lemery (EDT). - © Richard Cremonini

C’est au terme de la session de la Chambre d’agriculture de la Marne que la première charte de bon voisinage du Grand Est* a été signée le lundi 25 novembre à Châlons en Champagne par dix structures. Elle porte sur l’ensemble du département marnais et vise à répondre aux besoins des citoyens de plus de transparence et d’assurance d’être en sécurité à proximité des zones cultivées. Le but est d’identifier les mesures de protection adaptées aux spécificités des territoires et d’appuyer le dialogue entre riverains et agriculteurs, viticulteurs. La charte concerne les applications de produits de protection des plantes dans les parcelles mitoyennes de lieux habités.
Dans la Marne, les activités agricoles et viticoles couvrent 68 % de la superficie du territoire. C’est une réalité économique et culturelle. Par ailleurs, la campagne attire chaque année de nouveaux habitants à la recherche de foncier accessible. Ces néoruraux aspirent au calme et à une meilleure qualité de vie. Le problème est qu’ils connaissent peu les activités agricoles et les contraintes des agriculteurs.

« Démarche de progrès »

«Cette charte a demandé un an et demi de travail, c’est une démarche de progrès, nous nous engageons dans le dialogue pour répondre aux attentes des citoyens», souligne Hervé Lapie. Pour le président de la FDSEA de la Marne, «l’innovation et la recherche vont permettre la prochaine transition agricole».
Pour sa part, Maxime Toubart, rappelle que les pratiques des viticulteurs doivent être irréprochables. «Ce n’est pas en opposant les citoyens, mais au travers du dialogue, qu’on fera progresser le respect de l’environnement et la poursuite de l’activité agricole», complète le président du SGV.
Pour Timothée Appert-Collin, président JA, «l’agriculture, c’est réfléchi et très précis et les nouvelles technologies vont nous permettre d’aller plus loin, avec cette charte, nous sommes proactifs».

« Mieux vivre ensemble »

Christian Bruyen, président du Conseil départemental considère que « la charte exprime la volonté de dialoguer afin de mieux vivre ensemble ». Le Département mettra en place des actions de communication sur l’usage des chemins d’exploitations agricoles régis par des conventions d’utilisation (véloroutes et voies vertes, chemins de randonnée..).
Vice-président de la Safer Grand Est, Thierry Bussy appelle à réduire la consommation de foncier et l’artificialisation des sols en milieu rural. Il faut selon lui réhabiliter les friches urbaines existantes. Ce qu’a fait l’Allemagne, « qui n’a pas perdu de compétitivité pour autant »

Vous pourrez retrouver l'intégralité de cet article dans notre édition du 06 Décembre 2019

LES OBJECTIFS DE LA CHARTE

Améliorer les relations entre les exploitants agricoles et viticoles et les autres acteurs du territoire, et en particulier les riverains des parcelles agricoles.
Répondre aux enjeux de santé publique liés à l’utilisation des produits de protection des plantes en agriculture et viticulture, particulièrement à proximité des lieux habités.
Expliquer le métier d’agriculteur et de viticulteur et favoriser la cohabitation sur un territoire réunissant exploitants agricoles, viticoles et riverains.
Formaliser l’engagement de l’ensemble des exploitants du département et des acteurs locaux à recourir aux bonnes pratiques de protection des cultures.
Par ailleurs, cette démarche répond également à la volonté du législateur via la loi Egalim, promulguée le 1er novembre 2018. L’article 83 précise que « l’utilisation de produits phytosanitaires à proximité de bâtiments habités et des jardins attenants est subordonnée à des mesures à respecter, pouvant être formalisées par les utilisateurs dans une charte d’engagement ou imposées par l’autorité administrative ».

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