L'Avenir Agricole et Rural 06 février 2014 à 08h00 | Par JLB

Champagne - 34 exploitants pour 70 hectares

Le Syndicat Général des Vignerons a tenu son assemblée générale de section le 20 janvier 2014. L’AOC est bien organisée mais elle s’en donne les moyens.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Réunis à Daillancourt, les viticulteurs Haut-Marnais ont reconduit le bureau de leur section locale présidée par J.J. Daubanton.
Réunis à Daillancourt, les viticulteurs Haut-Marnais ont reconduit le bureau de leur section locale présidée par J.J. Daubanton. - © JLB

La CIVC, un exemple d’organisation

Sur les 34 000 ha de l’AOC Champagne la Haute-Marne en compte 80 sur les deux communes d’Argentolles et de Rizaucourt.

Devant les élus locaux et les représentants des OPA, le Président de la Section haut-marnaise a rappelé le fonctionnement du Comité Interprofessionnel des Vins de Champagne (CIVC), une structure crée en 1941 que «tous les systèmes viticoles envient» affirme-t-il à bon escient car le champagne a su à la fois assurer la promotion de son produit et de ses producteurs.

Le CIVC fixe chaque année le quota de production dans une rigueur souple. En effet, si le nombre de bouteilles est encadré, les volumes récoltés le sont moins, ils sont adaptés aux conditions climatiques. Les bonnes années de vendanges peuvent ainsi être en partie mises en réserve pour compenser des aléas ultérieurs ou répondre à un meilleur marché plus porteur.


2 ha par producteur

Cette discipline est bien acceptée par les viticulteurs qui adhèrent à leur syndicat, à 95 % ! La section de Haute-Marne compte 54 exploitants, auxquels il convient d’ajouter 6 ouvriers à temps plein. Le vignoble champenois compte 20 700 déclarants, mais il n’y a en réalité que 15 000 exploitants actifs, les autres ayant recours à la prestation de service intégrale. Cela représente un actif pour 2 ha de production, sans compter les emplois induits.

Un négoce très présent

Les «grandes maisons» de Champagne négocient 70 % de la production mais ne possèdent que de 10 % des vignes qui restent très majoritaires dans les patrimoines familiaux. L’étroitesse du marché foncier et la rentabilité du secteur, génèrent de fortes convoitises et, par conséquent, des surenchères démesurées. «Nous ne pouvons pas rivaliser avec les LVMH dont le champagne ne représente que 10% de son chiffre d’affaires» déclare JJ Daubanton.

Convention avec la SAFER

L’ouverture du classement en cours a donc fait l’objet d’une convention signée entre la SAFER et le SGV pour mettre en place un dispositif original permettant à un vendeur de récupérer une grande partie de la plus-value que pourrait apporter un classement de son terrain dans les années à venir.

Cette échéance n’est pas fixée pour le moment car toute l’AOC Champagne est en révision. La volonté du SGV est d’installer le maximum de viticulteurs, car ce sont eux qui font vivre la ruralité, explique Jean Jacques Daubanton.

Le champagne vit une crise relative puisque les vents sont stagnants, voire en légère régression, mais la filière a la volonté de conquérir de nouvelles parts de marché grâce à l’excellence en termes de qualité et un prix «raisonnable». C’est pour cette raison que le prix de la bouteille de Champagne reste relativement stable avec un prix moyen de 11/ 12 Ä HT sortie producteur, même si les grandes marques arrivent à valoriser le double grâce à la communication et à une politique d’exportation active.

Les viticulteurs indépendants sont encore peu présents à l’export mais les japonais semblent être intéressés par les marchés de niche. Les coopératives font aussi de belles performances telle «Nicolas Feuillatte» qui est devenue la 3ème marque avec 9 millions de bouteilles vendus en regroupant 80 petits coopérateurs.

La force du champagne, c’est bien son organisation et c’est aussi pour cette raison que toute la Profession s’est mobilisée derrière la FNSEA pour obtenir le report de la suppression des droits de plantation décidée par l’UE

En quelques chiffres

Expéditions

2012 : 308 M bouteilles

2013 : 304 M bouteilles

Prix du raisin 2012

5,35 euros / kg

 

Résultats récoltants ou manipulants 2013

20 000 euros / Ha

Source CER France


Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2473 | décembre 2017

Dernier numéro
N° 2473 | décembre 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui