L'Avenir Agricole et Rural 19 avril 2012 à 11h47 | Par Daniel Coueffe

CHAMBRES D’AGRICULTURE ET INSTITUT DE L’ELEVAGE - Investir dans l’amélioration des conditions de travail, pour mieux gérer et surveiller son troupeau

En ce début d’année 2012, après une année laitière et culturale plutôt favorable, les exploitations laitières ont de nouveau de la capacité d’investissement disponible. Considérant le renchérissement continu des prix des intrants, en particulier ceux de l’énergie et des engrais, les incertitudes quant à l’évolution des aides PAC et celles liées à la sortie des quotas, la sagesse devrait inciter à la reconstitution des trésoreries et à la constitution de placements de sécurité.

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Cela fait, (ou à défaut de sagesse) voilà une série d’investissements, parfois bien modestes, qui concourent à une meilleure gestion du travail et des astreintes et qui pourraient même améliorer les revenus.

Le chien de traite électrique

C’est sans doute le plus efficace. Pour 1 000 à 3 000 € il permet de gagner de 30 à 50 mn par jour selon l’organisation en place et évite les pénibles sorties de la fosse pour pousser les vaches sur les quais. Il est d’autant plus facile à installer que la stabulation dispose d’une aire d’attente spécifique. Il est même parfois aménagé par les éleveurs eux-mêmes. Mais il est encore trop souvent absent des exploitations laitières.

Les racleurs à chaine, à câble, à corde ou hydraulique

Pour par exemple 2 couloirs, de 4 m derrière les cornadis et 3 m derrière les logettes, de large sur 50 m de long, il en coutera pour environ 20000 Ä. Ils permettent la réduction de l’astreinte journalière de 10 à 20 minutes, la diminution des risques d’accident, une meilleure propreté des vaches par des curages plus fréquents, des économies d’énergie et surtout un report des consommations de fioul, environ 650 l par an, vers l’électricité (environ 400 Ä d’économie pour 60 vaches).

Les D.A.C.

Ils permettent l’automatisation mais surtout l’individualisation des distributions de concentré souvent abandonnées au profit de la ration complète qui devient coûteuse dans les troupeaux à haut niveau de production avec des vêlages étalés. Il faut prévoir une stalle pour 30 à 40 vaches. Le choix se portera sur les machines distribuant 2 aliments donc 2 cellules, pouvant fonctionner avec des céréales aplaties. L’investissement va d’environ 12 000Ä pour 1 stalle à 22 000Ä pour 2 stalles et à 32 000 Euros pour 3 stalles. Ces prix restent approximatifs, en effet le coût peut varier selon le constructeur, la présence ou non de vis, le système de stockage et les options possibles. Les retombées à attendre de cet équipement dépendent de la conduite alimentaire d’origine :

• avec une distribution en ration complète avec peu de concentré (autour de 4 kg/VL/jour), le rationnement est sévère pour les débuts de lactation et les primipares et la production est limitée (environ 7200 l/vl/an). La meilleure répartition des apports de concentré permettra alors un gain de productivité sans augmentation de la consommation de concentré par litre de lait. Au plan économique les gains seront négligeables à quota constant mais la stratégie est valable pour produire du quota supplémentaire.

• à l’opposé, avec une ration complète distribuée pour exprimer le potentiel laitier (7-8 kg de concentré/VL/jour soit 2400-2500 kg de concentrés /VL/an), l’individualisation bien conduite amènera une réduction conséquente des consommations de concentrés avec maintien des performances laitières. Le gain de revenu peut alors être de l’ordre de 10 à 20Ä par 1000 l de lait d’où un retour sur investissement en moins de 3 ans.

Attention le DAC demande du temps de surveillance pour contrôler que toutes les vaches le fréquentent bien et pour vérifier régulièrement l’étalonnage des quantités distribuées.

 


Les D.A.L.

Les distributeurs automatiques de lait pour les veaux permettent de gagner du temps sur la distribution mais ce gain de temps doit en partie être passé en surveillance, en entretien de la machine et en contrôle des consommations. Ce temps peut cependant être différé dans la journée. Il faut prévoir une stalle pour 25 à 30 veaux. Selon le type d’appareil et les éventuelles options le coût de cet investissement varie de 8 000Ä pour un distributeur et 1 stalle à 12 000Ä pour 1 distributeur et 2 stalles. Ils sont en général plutôt adaptés aux gros élevages (+ 70 VL), avec des conditions d’installations particulières pour respecter une homogénéité des lots. Ils permettent donc de travailler de façon précise et régulière sur l’alimentation des veaux et de faire gagner du temps…mais pas d’argent.

Pour information : il existe des aides du conseil régional de Champagne-Ardenne concernant les aménagements inférieurs à 15000Ä dans les bâtiments d’élevage bovins lorsqu’il s’agit d’améliorer les conditions d’élevage, la compétitivité et le respect de l’environnement.  Pour les démarches à suivre, prendre contact auprès d’un conseiller élevage de la Chambre d’Agriculture.


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