L'Avenir Agricole et Rural 10 février 2011 à 16h08 | Par G. EDME-CONIL

Chambre d’Agriculture - L’Oeuf sous tunnel fait recette...

Le 31 janvier à Colombey-les-Eglises, Rémi et Didier Babouot, comme leurs divers partenaires, ont accueilli de nombreux agriculteurs. Au programme de l’après-midi, tout d’abord une expertise du bâtiment et des équipements puis une présentation de la filière et des garanties qu’elle assure.

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Le vent très frais de fin janvier et le ciel gris n’ont pas découragé les aviculteurs et futurs aviculteurs de 6 départements à se rendre devant le premier tunnel «pondeuses» monté en Champagne-Ardenne. Les anciens habitués aux bâtiments durs comme les porteurs de projet ont écouté avec attention les explications de M Gendrier, responsable grand est de la Société Le Triangle, créée par des aviculteurs en 1992.
«Nos poteaux, les fermes et le treillis sur lequel est posée la bâche sont tous en acier galvanisé. Pignons, portail et portes comme les bardages latéraux sont en panneaux sandwiches isolants. La couverture en bâche PVC tissée anti UV 550 gr couvre une épaisseur de 10 cm de laine de verre posée sur une bâche intérieure en polyane lavable. Cette bâche est posée sur un treillis lui-même appuyé sur des fermes traditionnelles triangulaires avec un débord de toiture qui permet de fixer la bâche par des boulons. Ce système de fixation limite toute prise au vent et la forme de la toiture en demi-lune réduit les risques d’accumulation du manteau neigeux. Les poteaux carrés supportant les fermes viennent s’emboîter sur un dispositif d’ancrage scellé dans le béton. Monté par une équipe de professionnels le bâtiment, comme sa bâche, est garanti 10 ans».Côté équipements, à ceux qui s’étonnent de l’absence de ventilation dynamique, M Gendrier explique «Nous sommes aviculteurs et avons conscience des exigences de bien-être animal comme des contraintes budgétaires des éleveurs,  ainsi la ventilation est assurée par de simples cheminées ouvertes en faîtage qui dispensent de toute ventilation dynamique… S’il était impossible d’orienter un tunnel de manière optimale, quelques cheminées supplémentaires suffiraient à faire l’affaire….»Est-il utile de préciser que ce type de bâtiment est moins cher qu’un bâtiment traditionnel «Tout équipé, un tunnel coûte 200  € /m² soit 30% de moins qu’un conventionnel. Les aviculteurs qui retiennent cette solution  le font pour son rapport qualité-prix avantageux même si, à terme, ils savent devoir changer la bâche. Garantie 10 ans, celle-ci résiste généralement davantage, pour preuve les quelques tunnels montés en Haute-Marne entre 1994 et 1999 dont 2 sont visibles pas très loin de Colombey, à Latrecey, chez Jean Baptiste Floriot».

Une assemblée attentive


En salle, le public reste très à l’écoute des propos de Jean Marc Philippe, directeur de CDPO* «Je suis acteur de la filière œuf depuis 20 ans. Moi-même éleveur, si aujourd’hui je souhaite développer cette production dans l’est, c’est parce les attentes de nos clients évoluent plus vite que notre offre. Pour ne pas laisser la part belle aux aviculteurs allemands ou hollandais, la France doit à tout prix développer sa production d’oeufs alternatifs, plein air, biologique, fermier. Pour ma part, bien évidemment  je souhaite que ce soit au plus près de mon unité de conditionnement c'est-à-dire d’Esternay. Mais  même si je crois au développement du marché, je ne signerai des contrats sur des nouveaux poulaillers que si j’ai les clients en face. Comme tout éleveur j’ai besoin d’une filière sécurisée à tout niveau et c’est pourquoi je travaille avec La firme Conseils-Services-Nutrition-Elevage pour la conception et le suivi des formules alimentaires. C’est aussi pourquoi Philippe Lapie en charge du développement de cette filière prend le temps de rencontrer autant de fois que nécessaire, les candidats à cet élevage.  II est important de s’assurer qu’ils soient éleveurs dans l’âme puis d’étudier avec eux tous les choix techniques offerts par cette filière somme toute très diversifiée».
Et lorsque se pose la question de la main d‘œuvre nécessaire, Philippe Lapie précise «A la contrainte principale à savoir le  nettoyage des poulaillers, l’enlèvement  et  la réception des pondeuses, des solutions, comme il en existe en Bretagne se mettent en place dans l’est de la France. C’est ainsi qu’un GAEC meusien s’organise aujourd’hui pour  construire une offre de prestation à d’autres aviculteurs».


De quelles ressources disposer


Anne Sophie Bonnin, de la Direction du développement Agricole du Conseil Régional, Aurélie Sence et Stéphane Le Rousic conseillers spécialisés de la Chambre d’agriculture étaient venus pour matérialiser la volonté de leurs employeurs de soutenir la filière.«Le Conseil Régional finance seul les bâtiments avicoles dans le cadre du plan de modernisation des bâtiments d’élevage. Et si les élus sont conscients de l’incompatibilité des contraintes sanitaires avicoles avec le bois matériau, un effort d’utilisation du bois dans les bardages sera toujours un plus pour le dossier» conseille Anne Sophie Bonnin.«Les équipements suffisent souvent à eux seuls pour justifier de l’enveloppe plafond accessible, la nature du bâtiment n’apparaît donc pas un obstacle à l’attribution de l’aide» ajoute Gratienne Edme-Conil qui confirme la disponibilité des conseillers de la Chambre d’agriculture pour l’accompagnement des projets, l’élaboration de demandes d’aides comme pour les permis de construire ou d’exploiter et pour les plans d’épandage.Petit coup de gueule
Didier Babouot s’il témoigne de sa satisfaction sur l’accompagnement reçu n’en précise pas moins que ce ne fût pas évident. Initier un projet sur une filière inexistante pose problème. «Il a fallu identifier des débouchés, faire des choix. Et pour cela nous nous sommes sentis un peu seuls même si Remi a rencontré de nombreux éleveurs très accueillants …Le plus contraignant et le plus désolant a été de faire mille dossiers heureusement nous avons été aidés par l’ODASEA et la Chambre d’agriculture, puis il faut savoir attendre ! Car il faut le dire, si Rémi est installé depuis juillet, si le bâtiment loge les pondeuses depuis mi décembre, aucune des aides promises n’est encore versée …Elles sont pourtant prévues  pour aider à la trésorerie. Alors je voudrais quand même insister sur le fait, que sans pouvoir s’appuyer sur une exploitation existante saine, il serait difficile de se lancer dans la pondeuse compte tenu des 340 000 € d’investissements à réaliser».


Echanges concluants


Un bâtiment pondeuses peut répondre à un besoin de revenu pour installer un conjoint, un jeune sur une exploitation existante. L’agriculture haut-marnaise doit profiter de ces opportunités c’est pourquoi la Chambre d’agriculture en la personne de Françoise Henry, présente à cette rencontre, encourage les exploitants à s’y intéresser «La filière volailles de chair a vite trouvé ses limites en Haute-Marne faute d’opérateur localisé à moins de 2 heures de trajet pour reprendre les poulets. Ne laissons pas passer cet appel à candidature de CDPO*. Surtout que chacun le sait, c’est la qualité et le nombre des acteurs d’une filière qui en fera la pérennité. Demain plus nombreuses seront les pondeuses haut-marnaises, moins coûteux sera le transport d’aliments comme d’œufs, plus clairvoyantes seront les banques…Plus il sera aussi facile de former et fidéliser une main-d’œuvre qualifiée pour l’attrapage, le nettoyage voire de proposer un conseil technico-économique spécialisé !».

Article rédigé parle service Territoires de laChambre d’Agriculturede Haute-Marnedans le cadre de laMission Innovation Diversification Régionalefinancée avec le soutiendu Conseil RégionalRenseignements :03.25.35.02.89

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