L'Avenir Agricole et Rural 25 juin 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

CHAMBRE D'AGRICULTURE : INNOV'ACTION, LES AVANTAGES DE LA DIVERSIFICATION

organisée par la Chambre d’Agriculture le 16 juin, cette manifestation a rassemblé une soixantaine d’agriculteurs. Au programme une visite de 4 parcelles pour informer sur des pratiques culturales innovantes.

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Diversifier ses cultures avec des bonnes associations d’espèces permet de faire baisser son IFT.
Diversifier ses cultures avec des bonnes associations d’espèces permet de faire baisser son IFT. - © T MORILON

Le rendez-vous était donné dans plusieurs exploitations, de Fresnoy-en-Bassigny à Colombey-les-Choiseul en passant par Damblain, pour que les agriculteurs découvrent comment diversifier ses pratiques et ses cultures en zone polyculture élevage, tout en répondant aux contraintes environnementales. Ces exploitants ont choisi volontairement de s’engager dans le réseau Ecophyto.

 

Semer et récolter soi-même

Au GAEC de Grignoncourt, Alexandre Brauen a témoigné sur la façon dont il a diversifié ses cultures de vente en intégrant du tournesol dans sa rotation. En commençant une culture de tournesol, un peu par hasard, sur son exploitation, Alexandre Brauen a récolté 32 q/ha la première année, il en est à présent à sa 6ème récolte. « C’est une culture intéressante car elle ne demande pas trop d’intrants et les cours sont intéressants, ce qui me permet d’avoir une bonne marge. De plus, le tournesol est un bon précédent pour le blé et il est possible de le récolter soi-même ».

Cette culture ne présente pas que des avantages, les levées sont délicates lors d’un printemps sec et les champs ont tendance à se salir dans les rangs, avec la présence de chardon ou de liseron. Il faut également attendre que le taux d’humidité soit entre 10 et 13 % avant de faucher. En 2013, la récolte de tournesol n’a été que de 26 q/ha au GAEC de Grignoncourt, mais les prix intéressants cette année-là ont permis de compenser cette production un peu plus faible. Le semis s’effectue au semoir à céréales, la première année, il se faisait sur tous les rangs et à présent, pour 1 rang sur 3, tous les 36 cm. Alexandre Brauen récolte en moyenne 29 q/ha de tournesol pour un prix généralement autour de 420 euros la tonne. Un tiers de l’assolement est consacré aux cultures de printemps, ce qui lui permet de baisser son IFT de 5,8 à 4,7.

 

De la valeur ajoutée

Philippe Collin du GAEC de Grivée a montré comment diversifier ses contrats de vente avec du radis porte-graines. Depuis 1996, il a rallongé sa rotation par l’intermédiaire de cultures porte-graines (vesce/trèfle/moutarde), puis y a intégré du radis. Il récolte la vesce et la moutarde en juillet et le radis et le trèfle en septembre. L’un des avantages, en plus de son bon précédent pour le blé, c’est que ce type de culture permet d’obtenir de la valeur ajoutée. De plus, l’étouffement de la parcelle est assez fort, il n’y a pas besoin de désherber régulièrement. Toutefois, le radis a tendance à faire des repousses et la présence d’insectes entraîne l’utilisation de 4 insecticides sur la parcelle.

 

De plus, la vesce est difficile à récolter, Philippe Collin a donc abandonné cette culture.

 

A partir de 2010, la rotation est composée de 35 % de cultures de printemps, avec introduction de luzerne, l’IFT est passé de 4 à 2,5 (hors prairies temporaires). Le rendement est de 6,7 q/ha pour un prix avoisinant les 1 400 euros la tonne.

 

Sécuriser le système fourrager

A l’EARL Foissey, Arnaud Foissey a diversifié ses cultures fourragères avec du méteil (avoine/pois/vesce). La structure du sol s’en trouve améliorée, avec une meilleure portance et cela limite le salissement des adventices. Le méteil réduit la présence de nitrate dans l’eau et augmente les périodes d’épandage. Cette culture est économe en intrants et en temps (l’agriculteur n’effectue que trois passages), cela permet également d’être autonome en semences de couverts.

 

Pour réussir un couvert végétal, il est conseillé de semer le plus tôt possible et de mélanger les espèces avec un minimum de 50 % de légumineuses. Le méteil limite les interventions phytosanitaires, le désherbage est inutile grâce à une couverture rapide du sol (notamment l’avoine). L’association de plusieurs espèces rend le méteil moins sensible aux maladies et la récolte des graines est intéressante pour les fourrages. C’est aussi un avantage économique car cela permet de dégager une marge brute de 600 euros (cf.tableau page 06 de notre édition de cette semaine).

 

Faire le bon choix de machine

La journée s’est terminée au GAEC d’Izé avec Jean-Lou Michel et la participation de la FDCUMA et de l’APVA sur le thème de la lutte mécanique contre les adventices. Plusieurs essais ont été réalisés sur une parcelle de maïs, non drainée dont le sol est de type limono-argileux. Ces essais effectués avec une bineuse ont permis de faire baisser l’IFT de 1,58 à 0,39. Le désherbage mécanique a vu ses outils et ses accessoires évoluer avec le temps, le choix de l’agriculteur doit se faire en fonction du type de sol et de culture. Il faut penser en termes de solidité, de réglage, de complexité d’utilisation et de prix (l’utilisation d’une caméra est relativement fiable par exemple, mais coûte 10 000 euros). Dans les nouvelles technologies, le guidage satellite par RTK trace des lignes au niveau des semis pour pouvoir se remettre sur les mêmes traces et s’affranchir de tout procédé mécanique. «Pour choisir sa machine, il faut trouver un bon compromis entre un prix d’achat raisonnable et un rendement correct » explique Eric Aubry, de la FDCUMA. Il faut donc calculer le prix des interventions, celui des herbicides et le nombre de cultures pour lesquelles la machine sera utilisée pour que son utilisation soit rentable.

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