L'Avenir Agricole et Rural 12 juin 2009 à 14h20 | Par GRATIENNECONIL

CHAMBRE D'AGRICULTURE - HAUTE MARNE - L'AB interpelle l'agriculture conventionnelle...

Vendredi 04 juin, la chambre d’agriculture et le GAB 52 organisaient la première journée technique «Produire bio en Haute-Marne». Dans un contexte laitier difficile, une quarantaine d’agriculteurs ont répondu présents et ont été attentifs aux explications des intervenants.

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Lors de son discours d’ouverture de la journée technique biologique à l’EARL du Milcignoux, le 04 juin dernier,   Jean Louis Courtoux s’exprime sur l’ AB «… moi-même je ne pratique pas l’agriculture biologique sur mon exploitation mais je ne suis pas opposé à ce mode de production. Je suis même convaincu que les techniques efficaces en  agrobiologie ne peuvent qu’être riches d’enseignements pour une agriculture nouvelle, même non biologique, qui minimisera  son incidence sur l’environnement».
Jean Louis Courtoux insiste «Les agrobiologistes ont su développer des techniques agronomiques pointues basées sur l’observation, le sens du vivant, sur l’anticipation des risques. Il est indispensable qu’aujourd’hui chaque agriculteur renoue avec ces valeurs, avec ses connaissances agronomiques et s’affranchisse  des interventions  systématiques, ne serait-ce que pour de raisons économiques. C’est dans cet esprit qu’aujourd’hui, la chambre d’agriculture dégage des moyens humains pour accompagner les conversions à l’AB, mais aussi pour développer des compétences et des références techniques dans ce mode de production afin d’orienter vers des techniques nouvelles, respectueuses de l’environnement, tout agriculteur converti à l’AB ou non».

 

 

 

Aptitude à la conversion en lait bio 12 points clé

Daniel Coueffe, ingénieur à la chambre d’agriculture en charge du suivi des exploitations laitières converties à l’AB pose clairement l’impératif de vérifier l’aptitude à la conversion à l’AB d’une exploitation laitière.
Pour Daniel tous les systèmes lait ne sont pas égaux face à la conversion à l’AB et il convient de réaliser un diagnostic d’aptitude préalable. L’expérience a permis de déterminer des critères à respecter pour mesurer le pas à franchir avant de s’engager et envisager sereinement sa conversion.
Produire en AB exige un niveau d’autonomie maximal qui s’apprécie par des critères tels que la surface pâturable par vache,la part de terres labourables, la densité laitière par ha de SAU «Car n’oublions pas que se convertir à l’AB c’est avant tout la recherche de l’autonomie alimentaire, s’il faut acheter le lait pour produire, le jeu n’en vaut plus la chandelle» sourit Daniel Coueffe.
Par ailleurs il ne faut pas sous estimer les contraintes structurelles liées à l’augmentation du nombre de vaches laitières «Produire du lait bio c’est aussi parfois maintenir son revenu tout en renonçant à réaliser son quota laitier». Daniel explique alors «…une meilleure valorisation du lait, des charges opérationnelles globales réduites et donc un meilleur EBE font que bien souvent l’éleveur s’y retrouve même avant les aides à l’ AB . Toutefois il faut parfois renoncer à augmenter le troupeau pour atteindre son quota afin de ne pas investir dans un bâtiment et alourdir les charges de structure».

Des filières de plus en plus organisées

Julien Vautrin de la FRAB  Champagne-Ardenne témoigne des avancées sur l’organisation des filières régionales. 3 groupes laitiers et Biolait  collectent sur la région. Ceci  permet d’espérer rapidement une collecte laitière bien organisée sur l’ensemble de la  Haute-Marne. Les filières viande ovine et bovine sont déjà bien structurées profitant d’une logistique facilement adaptable grâce à la multiplicité des opérateurs locaux Leurs développements devraient s’accélérer par une régularisation de l’offre encore trop saisonnière.
Côté céréales la FRAB et son partenaire Eurodesi valorisent l’intégralité des céréales bio et ne peuvent répondre à certaines demandes importantes faute de production, ceci notamment en orge brassicole et en épeautre. Le prochain lancement d’un pain bio champardennais devrait ancrer cette filière en région.

La Chambre d’agriculture accompagne l’AB

Denis Daillet , animateur de la chambre d’agriculture répond à toutes les questions des agriculteurs tentés par l’ agriculture biologique et si besoin les oriente vers ses collègues spécialisés en production laitière, production de viande ou grandes cultures . «Ma mission est d’aider tout agriculteur à mieux comprendre l’ AB puis de l’accompagner dans ses démarches et dans l’approche de la faisabilité de sa conversion à l’AB. Avec mes collègues et les animateurs de la FRAB nous pouvons aujourd’hui simuler l’incidence technico-économique de la conversion sur une exploitation avant qu’elle ne s’y engage».
Ainsi depuis 18 mois, une vingtaine d’exploitants ont interpellé la chambre d’agriculture sur la faisabilité de leur conversion à l’AB, 9 d’entre eux ont franchi le pas en 2008 ou au printemps 2009 et une demi douzaine d’entre eux poursuivent leur réflexion.

Renseignements : 03.25.94.69.94

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