L'Avenir Agricole et Rural 30 juin 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

CHAMBRE D'AGRICULTURE : DIRECTION LA RÉGIONALISATION

La dernière session a eu lieu le 24 juin. En pleine préparation à la réforme territoriale, Jean-Luc Pelletier, Président de la Chambre Régionale Grand Est, a expliqué ce qui allait changer. Ce fut également l’occasion de présenter certaines formes de mutualisation déjà en place entre la Haute-Marne et d’autres départements.

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Le décret du 13 mai 2016 précise que l’etat renforce son pouvoir sur les Chambres d’Agriculture, elles ont 18 mois pour se restructurer.
Le décret du 13 mai 2016 précise que l’etat renforce son pouvoir sur les Chambres d’Agriculture, elles ont 18 mois pour se restructurer. - © T MORILLON

Le Président Christophe Fischer a introduit la session par un point d’actualité. « Il n’y a pas vraiment de production qui aille bien : pour les céréales, l’hiver a été clément avec un bon potentiel, mais la pluie excessive a engendré des problèmes sanitaires. Il n’y aura aucune récolte pour la plupart des pois d’hiver et les pois de printemps sont attaqués par les champignons. Les épis d’orge commencent à pourrir et les blés sont ravagés par les maladies. On aura certainement un mauvais rendement et des blés de mauvaise qualité et pour ne rien arranger les cours sont bas ».

 

En viande, la situation est toujours tendue et pour le lait, Richard Bourbon, président de la FDPL, reste optimiste malgré la conjoncture difficile : « j’ai l’impression qu’on est dans le creux de la vague. Ce sont les petites coopératives qui offrent les meilleurs prix, on est partis sur une année à 270 Ä/t. On peut se féliciter du travail des syndicats car nos prix ont moins baissé que nos concurrents européens ». D’autre part, Richard Bourbon a annoncé que Langres a été retenu pour organiser le congrès national de la FNPL en 2017.

 

Christophe Fischer a salué l’implication de Madame le Préfet Françoise Souliman sur le thème épineux du Parc National. « Nous avons avancé grâce à une méthode de travail différente, mais il reste 2 problèmes : la trop grande différence de surface entre la Haute-Marne et la Côte-d’Or -il faut de l’harmonisation- et le choix de certains exploitants de ne pas intégrer la zone de cœur -il faut respecter leur souhait-».

S’organiser et harmoniser

La nouvelle région comprend 10 départements, chacun a eu sa propre méthode pour préparer la régionalisation. La Lorraine a fusionné ses Chambres, la Champagne-Ardenne a opté pour la mutualisation alors que l’Alsace n’a gardé qu’une seule Chambre pour ses 2 départements. « Il faudra trouver un équilibre entre proximité et régionalisation » explique Jean-Luc Pelletier. «on veut garder les structures existantes et l’ensemble de nos collaborateurs, les différentes activités et les services seront maintenus. Nous sommes attachés au principe d’équité, tous les départements doivent être représentés.

Il faudra aussi prendre en compte les alliances entre départements ». En parallèle, un partenariat avec le Conseil Régional devra être construit. « Nos départements vont devoir s’ouvrir, il faut regarder notre région à travers les territoires de production et pas par les frontières administratives. On doit identifier nos intérêts afin que les départements s’intéressent à leurs points communs » déclare Jean-Luc Pelletier qui toutefois reste inquiet à propos des baisses de budget.

 

Rôle plus important de l’Etat

Le décret du 13 mai 2016 relatif au réseau des Chambres d’Agriculture précise la position de l’État qui renforce sa capacité à intervenir, par exemple sur le cas des Chambres défaillantes ou par le choix du directeur. Pour élire ce dernier, il faudra voter d’après une liste éditée au niveau national. Le décret réaffirme le rôle des Chambres sur l’agro-écologie et l’amélioration des performances économiques, sociales et environnementales des exploitations. Chaque Chambre va passer d’établissement autonome et indépendant à une structure interdépendante ancrée dans un réseau.

 

Les fonctions supports vont rejoindre la Chambre Régionale : systèmes d’informations, ressources humaines et administration finances.

Les salariés affectés à ces missions seront transférés à la Chambre Régionale en mai 2017, sans quitter leur lieu de travail. Les missions vont évoluer, elles vont se spécialiser entre ce qui restera du local pour du local et ce qui sera fait pour les 10 départements. Les activités « systèmes d’information » sont déjà mutualisées entre les départements de Champagne-Ardenne et il est envisagé que Bernadette Luisin s’occupe également des paies pour la Chambre de l’Aube dès cet automne. Sophie Dampeyroux deviendra responsable du service « formation des salariés » pour l’ensemble du Grand Est.

 

 

Mutualisation déjà en place

Les Pôles Elevage de Haute-Marne, de l’Alsace et de la Moselle se sont rapprochés. Dans un premier temps par l’intermédiaire d « Alhamo », une zone de discussion pour permettre aux acteurs de se connaître, puis par la création de CCCE (Chambre Contrôle Conseil Elevage) cette année. Les outils et les moyens sont mis en commun, les autres Chambres pourront rejoindre le dispositif dès le mois de décembre. La mutualisation du contrôle laitier est un partenariat innovant dans la recherche et le développement et un moyen d’assurer la pérennité du modèle économique. CCCE regroupe 1 400 élevages sur 4 départements et représente 6,2 M Ä de prestations. Ce modèle est porté par la Chambre Régionale.

Les services productions végétales haut-marnais et aubois ont aussi mutualisé leurs forces. Basé sur l’entreprenariat et le conseil global, ce dispositif est en place depuis 2015. Les synthèses de référence sont mutualisées et Jean-Luc Follot (Chambre d’Agriculture de l’Aube) occupe le poste de responsable du service « productions végétales » de notre département 25 % de son temps. Il y a un manager pour l’ensemble des activités mutualisées, un responsable pour la mission de service public et un responsable d’équipe pour l’installation et la transmission. Pour l’année 2015, ce dispositif a permis d’économiser l’équivalent de 50 jours de travail d’agents.

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